Il y a quelques semaines, j’ai eu la grande chance d’assister à un concert d’exception, signé SMV. Cette abréviation regroupe trois artistes de légende qui ont démontré toute l’étendue de leurs talents: Stanley Clarke, Marcus Miller et Victor Wooten, qui font partie de la crème mondiale des bassistes. J’étais encore en train de me rappeler des grands moments de ce concert, quand une chouette surprise m’a été envoyée par SWR. Ils m’ont fait parvenir un préampli qui portait fièrement le nom de Marcus Miller. On peut dire que les grands esprits se rencontrent!
CONCEPT
Dans le mode d’emploi, on peut découvrir un petit historique de la marque SWR. Elle a vu le jour en 1984, sous l’impulsion de son créateur Steve W. Rabe, pour répondre à la demande de nombreux bassistes professionnels qui cherchaient un système d’amplification de haute qualité qui leur permettrait de reproduire sur scène le son qu’ils avaient en studio. Voilà donc plus de 20 ans que la marque se distingue, et une collaboration avec quelqu’un comme Marcus Miller en dit long sur le niveau d’exigences et la qualité offerte. Le préampli que j’ai aujourd’hui entre les mains est spécialement conçu pour rencontrer les desiderata spécifiques de Miller, mais en tenant évidemment compte des besoins des autres bassistes, dans les styles les plus divers. L’objectif de ce préampli est donc de traiter votre signal, entre votre basse et l’étage de puissance, en vous offrant toutes les possibilités de réglage pour créer votre propre son. Il s’agit aussi d’un instrument idéal en studio, ce préampli remplacera avantageusement le lourd matériel que vous seriez tenté d’y amener.
Mode d’emploi/accessoires
Un manuel est fourni, avec un mot d’explication et une revue détaillée des réglages et des entrées. Tout est décrit clairement, dans la plupart des langues du monde. Sur le site internet, on peut regarder deux petites vidéos dans lesquelles Monsieur Marcus Miller en personne tripote l’engin. Il ne donne pas vraiment d’informations supplémentaires, mais il vous invite à expérimenter par vous-même. Un footswitch est inclus dans l’emballage.
CONSTRUCTION
Le préampli est tout nu, en métal et sans habillage de cuir ou de tissu, mais il est conçu pour être intégré dans un rack 2 unités. L’ensemble est protégé par une enveloppe de métal, et la façade est pourvue de deux poignées hyper solides. La face avant est d’une teinte bleu/vert, et on distingue bien le logo M2. Les boutons de réglage en plastique noir sont d’une qualité très sérieuse. Le reste de la boîte est également noire, et les faces latérales sont pourvues de grilles pour la ventilation. A l’arrière, on trouve les connexions et pour compléter le tableau, il y a des pieds antidérapants sur la face inférieure.
POSSIBILITES
CONNEXIONS
Sur la face avant, on a deux entrées instrument avec un switch, pour y connecter deux basses différentes. A l’arrière, on a encore une entrée pour y connecter éventuellement un système sans fil. Plus loin, on a encore deux sorties différentes: une preamp output sur XLR ou jack, destiné à envoyer le signal vers un ampli de puissance, avec un réglage de groundlift. On a aussi une sortie DI sur XLR et jack, surtout destiné aux enregistrements studio. Là aussi, on profite d’un ground lift, mais on peut aussi régler le niveau de sortie que l’on envoie vers la table de mixage, ou l’unité d’enregistrement. En plus, on a aussi la possibilité de mettre le signal hors phase (ce qui est très pratique quand on enregistre avec différents micros) et il y a un switch prévu avec les options direct (le signal qui sort vient directement de la première section ‘lamp preamp’), comp ouput (le signal est celui qui a subi les réglages de compression) et line output (avec laquelle on envoi tous les réglages du préampli vers le système d’enregistrement). Et bien sûr, il y a encore un fx send et return, tout comme la connexion pour le pédalier et un tuner out.
REGLAGES
Faisons d’abord le tour de toutes les possibilités de réglage. Nous commençons par la section ‘bass intensifier’, qui sert à appuyer certaines basses fréquences grâce à un bouton de niveau et un cut off qui permet de sélectionner une fréquence de 80hz à 200hz. Nous avons ensuite une section ‘compression’, qui se compose d’un threshhold (qui permet de déterminer à quelle puissance de signal le compresseur se met en action), ratio (la quantité de compression, plus on l’ouvre, plus le niveau de signal original disparaît, donc il vaut mieux l’utiliser avec parcimonie), comp-position (vous donne le choix de compresser avant ou après l’égalisation, ou bien le son de la basse, ou bien celui du préampli), attack (détermine l’influence sur la longueur de la note), release (important pour le sustain de la note, parce que cela vous permet de régler la longueur de la note après que le compresseur soit entré en fonction) et un ‘vu mètre’ (quatre leds qui vous indiquent le comportement de la compression en décibels). Et il y a encore une section boost avec un boost level et un compressor level, ce qui est très pratique si vous avez un solo. Vous pouvez la mettre en fonction sur le préamploi ou via le footswitch.
Mais nous n’en avons évidemment pas fini. Sous la section compression, on trouve l’égalisation. On commence par les extrêmes: les basses et les aiguës. Pour les médiums, on a droit à trois boutons: avec le ‘low mid’, vous pouvez réglez la basse pour obtenir un son boomy, ‘mid mid’ vous aide à travailler la définition et la projection du son et avec le ‘high mid’ on se situe tout près des fréquences aiguës, et cela permet d’apporter de la définition à un son trop boomy. Ces trois boutons sont en fait des boutons doubles, avec la partie inférieure, vous sélectionnez la fréquence désirée, et avec la partie supérieure, vous réglez l’intensité dans cette fréquence. Vous pouvez aussi déactiver toute l’égalisation à l’aide du bouton bypass.
En plus de ces trois sections, vous avez encore une série de boutons séparés. Je commence par le gain, qui est pourvu d’un ‘clip indicator’ afin de contrôler si le signal ne sature pas. Pour ce faire, vous avez aussi un interrupteur pad qui vous permet de baisser le signal de -10dB, ce qui est très pratique avec des basses avez circuit actif. Ensuite, on a encore l’aural enhancer, qui est une marque déposée par SWR, que vous pouvez voir comme un switch qui ajoute de la brillance à votre son et qui le rend plus défini et plus clair. Avec les effets, vous réglez le niveau d’effet des pédales avec celui de la basse, en tout cas si vous utilisez la boucle d’effets. Et pour compléter cette histoire, il faut encore mentionner un master volume et le pédalier. Sur ce pédalier très pratique, on trouve quatre interrupteurs: bass intensifier, eq bypass, effectsloop et boost.
QUALITES SONORES
Ce qui me semblait le plus à propos, c’était de connecter ce préampli sur un système d’enregistrement et de se mettre au boulot. Aussitôt dit, aussitôt fait. Marcus Miller en combinaison avec mon Pro Tools, et nous avons sous la main une super alliance win-win.Je me suis mis à expérimenter et à essayer un peu dans tous les sens, et j’en suis venu à la conclusion que ce préampli est le meilleur que j’aie jamais eu entre les mains. On peut obtenir un son très chaud avec beaucoup de définition et régler le son selon ses propres désirs, de très brut à quelque chose de très précis.
Dans le mode d’emploi, on peut trouver quelques exemples de réglages qui évidemment valent le détour. Par exemple, ‘active’, un réglage que j’ai testé avec mon Ibanez Prestige active, qui sonne le mieux avec la position tube direct de la DI. Puis, il y a la proposition ‘fretless’, testée avec mon Ibanez Gary Willis, cette fois j’ai obtenu les meilleurs résultats avec la position ‘tube comp output’: chaud et bien défini avec un son qui chante. Et pour finir, j’ai appliqué les réglages ‘passive’ et je les ai testés avec ma 70s remake jazzbass, qui a donné toute son étendue sur la position tube direct avec un jeu aux doigts, mais une fois que j’ai basculé vers la position tube comp output et que j’ai commencé à slapper, j’ai retrouvé ce bon vieux son si caractéristique de Marcus Miller. Je pourrais encore en rajouter des tonnes sur cette section, mais en fait, ce n’est pas vraiment nécessaire et comme Marcus Miller en personne le dit: ‘just experiment with this until you find your settings’. En un mot comme en cent, les réglages et les sons sont très convaincants, de très haute qualité et de nature résolument professionnelle.
APPLICATIONS
Ce préampli est clairement destiné à une utilisation professionnelle, et il vous aide à régler votre son jusque dans les moindres détails grâce à toute une série de réglages. Il vous suffit de connecter un ampli de puissance et des enceintes pour jouer le son que vous avez déterminé avec cet appareil. Vous avez même le choix de la manière dont vous envoyez le son vers la sono ou un système d’enregistrement. Plus besoin d’utiliser les préamplis du studio. Les applications s’étendent donc autant à la scène qu’au studio enregistrement.
BUDGET
A franchement parler, je m’attendais au pire pour ce chapitre, et j’ai été finalement agréablement surpris. En tenant compte du nom de SWR, qui fait partie sans aucun doute du top du monde des bassistes, et du nom de Marcus Miller, on peut dire que le prix est raisonnable. Ce préampli est à vous pour 859 euro (prix brut conseillé hors tva). Je m’attendais à près du double. Ce prix est donc parfaitement justifié par la qualité et les possibilités que ce superbe engin vous offre. Me voilà donc soulagé.
CONCLUSION
Il s’agit là d’un des préamplis les plus complets sur le marché actuel destiné aux bassistes. Une solution idéale pour déterminer et régler votre son très précisément, grâce à une énorme palette de réglages. Vous profitez d’une offre très large pour régler votre son et, avec la DI à lampes (Tube DI), vous profitez d’une superbe gamme de sons. Evidemment, vous devez compter 859 euro, sans oublier qu’il vous faut encore un étage de puissance et une ou plusieurs enceintes pour vous faire entendre. Si vous faites le compte, vous constatez que ce petit joujou est réservé à des musiciens professionnels (ou aux plus fortunés d’entre nous).
PRO
CONTRA
son / palette sonore très large
possibilités de réglage
pédalier
applications
prix justifié, mais le préampli n’est qu’une petite partie de votre installation