Depuis nos précédents comptes-rendus DTXpressIII et DTXplorer (MMM 192 et 198), nous savions déjà que Yamaha joue un rôle très important sur le marché de la batterie électronique. Le cheval de bataille (provisoirement) ultime est sorti dans le courant de l’année: le DTXtremeIII. Il en existe deux versions: le Standard Kit possède une configuration ‘standard’ (caisse claire, 3 toms, bassdrum, crash, ride et hihat) et le rack ‘standard’. Le Special Kit que nous avons sous les yeux est pour ainsi dire la version ‘live’ qui possède un tom et une crash supplémentaires et il est affûblé, last but not least, du tout nouveau Yamaha ‘Hexrack’ tant acclamé. Ensuite, nouveaux pour le DXTremeIII sont les pads (sauf les pads snare et tom) et le module sound-sample qui s’y rapporte, basé sur le Motif Synthesizer de Yamaha. Bien entendu, le set est livré sans pédale de grosse caisse ni tabouret. Et il va de soi qu’on ait encore besoin d’une amplification et/ou d’un casque d’écoute.
Concept
Yamaha ne cache nullement qu’ils ont essayé, avec ce DTXtremeIII, d’atteindre le maximum possible dans le domaine du ‘feel’ réaliste, de la qualité sonore, du beau rendu et des qualités puissantes sur le module, comme sampling, practising modes, compatibilité avec un ordinateur, ... En d’autres termes, ils voulaient lancer sur le marché le set électronique suprême.
Le Hexrack
Le rack HXR4LD est la version batterie électronique du nouveau drumrack hexagonal, très flexible et robuste. Ici, c’est la version à 3 éléments et elle n’est disponible qu’en combinaison avec le DTXtremeIII S. Il faut dire que lorsqu’on l’a sortie de son emballage et qu’on l’a montée, cette construction a fait grande impression. Des sensations proches de celles face à une grosse moto Yamaha. Je peux franchement affirmer que pour la grandeur, la robustesse et le poids de ces buses, de ces attaches et aussi des pads, on peut penser à un facteur x3 par rapport aux sets électroniques habituels, même pour le Yamaha DTXpress plus petit, par exemple. Le ‘Special Kit’ est clairement la version ‘live’ du DTXtremeIII. Si la version ‘standard’ peut encore se placer dans le coin du living, ce sera nettement moins évident avec la version étendue. Il faut compter environ 2m x 1,25m comme surface occupée. Au départ, j’avais difficile à maintenir à la verticale les 4 montants, mais une fois le tout dans sa bonne position, on obtient un squelette ‘rocksolid’. Le niveau d’eau monté sur la plaque de logo de la buse médiane s’avère ne pas être du tout un ‘gadget’. En effet, les buses hexagonales doivent être dans la bonne position et d’équerre pour obtenir un ensemble stable. Le niveau d’eau peut aussi se placer sur les deux bras latéraux pour bien les obtenir d’équerre. En outre, grâce aux grandes attaches-mémoire ou memorylocks, la construction se réalise plus rapidement lors du montage suivant. Le montage des toms sur le rack hexagonal se fait selon un système ingénieux. Le bras se fixe sur un noyau sphérique en plastic dur. Celui-ci se fixe facilement n’importe où sur le rack, tandis que lorsqu’on serre l’attache, la boule s’accroche fermement sur la buse hexgonale, sur les 6 points ‘hex’. Conséquence: les toms sont solidement accrochés.
Les Pads
Les nouveaux pads hihat, bassdrum et cymbal du DTXtremeIII n’ont vraiment plus grand-chose à voir avec ceux, par exemple, du DTXplorer, ni même de mon set DTXpressIII. Les Cymbal Pads font 13” (Crash) et 15” (Ride) et ils possèdent un triggering à 3 zones et le toucher est nettement plus doux que sur une vraie cymbale. En jouant les cymbales sur la ‘courbure’, le bord ou la cup (cloche), on obtient des sons différents, tout comme sur une vraie cymbale. On peut même exécuter un ‘choke’ (étouffer en vitesse une cymbale en la saisissant en main sur le bord)! Tout ceci est très chouette, mais ne vous attendez toutefois pas à obtenir à 100% la même réponse que sur une vraie cymbale, néanmoins ‘it’s getting close’. Les pads snare et toms (respectivement 12” et 10”) possèdent également 3 zones trigger et on peut en jouer tout aussi facilement que sur les meilleurs pads d’exercices, donc un peu plus dur que sur des fûts acoustiques. C’est sur la caisse claire que les 3 zones sont le plus utiles, pour exécuter des centershots, des rimshots et des rimclicks. Sur les toms, on a donc aussi 3 zones, et sur le bord supérieur, on obtient également cet effet de timbalettes, comme sur le bord d’un vrai tom. Le bord inférieur, à son tour, peut être attribué à l’un ou l’autre sample (mélodique) ou à un accord. Les pads snare et tom possèdent un Padcontroller, un bouton de réglage qui permet d’accorder les toms et, sur le pad snare, de tendre le tapis de timbres, comme sur une caisse acoustique. Le réglage fonctionne fort bien, même si on obtient un son de caisse claire vraiment très sec, lorsque le bouton est réglé au maximum. Le nouveau modèle de hihat se compose d’un seul cymbalpad, mais il possède, à côté d’un feel un peu lourdaud, la même sensation de jeu et pour ainsi dire les mêmes possibilités sonores qu’un hihat acoustique et on peut même exercer le hihat ‘splash’. Ceci représente une grande amélioration. Le hihat est l’élément par excellence pour aider à mettre en place des grooves, et la différence entre un ‘bow shot’ (sur la surface, avec la pointe de la baguette) et un downstroke puissant sur le bord est essentielle. Avec le très grand pad de grosse caisse (12”) profond, on obtient une stabilité parfaite en cours de jeu, même en utilisant une double pédale de grosse caisse.
Les Songs
C’est toujours chouette de pouvoir jouer ensemble avec les 44 practice songs. Un éléments intéressant est qu’on puisse ‘muter’ l’accompagnement, à l’exception de la basse, et inversément. Ainsi, on peut par exemple jammer seul avec le bassiste, avec ou sans clicktrack. On trouve encore 44 padsongs. Ce sont des songs, le plus souvent des rythm patterns, que l’on peut attribuer à un pad et faire démarrer en triggant sur ce pad.
Le Triggermodule – Possibilités
Le module, lui aussi, est nettement plus grand que celui qu’on rencontre habituellement sur la plupart des kits électroniques et c’est un point positif pour la facilité d’emploi. Le grand bouton rotatif Data Dial, le grand écran LCD, les 10 sliders pour un réglage séparé du volume des principaux groupes pad, casque d’écoute, click et accompagnement du song contribuent aussi au confort d’utilisation. Si une autre amélioration était encore possible, je trouverais encore plus pratique de pouvoir régler séparément le niveau sonore de la ride et des crash. Il serait pratiquement impossible de noter ici le répertoire complet des possibilités du module trigger. Le Tonegenerator AWM2 possède une polyphonie de 64 notes, c’est le double de mon set DTWpressIII, par exemple. On trouve 50 preset drumkits et 50 user kits, donc à composer soi-même. Si on raccorde un device de mémoire USB, on peut encore y ajouter1584 kits. Pas moins de 1115 drum voices et 211 melody voices sont nichées dans l’appareil. Les effets principaux sont présents et on peut obtenir d’intéressants effets sonores avec les Compressor/Eq, Isolator et Lo-fi settings. Notez que le nombre d’effets par voice est plus restreint que les effets master. Pour chaque voice, un réglage eq séparé est possible. Dans le triggermodule, ils ont aussi prévu un 16 bit/44,1 kHz sampler, et c’est pas rien! Pour les sons de percussion, il n’est pas toujours nécessaire d’échantilloner à 44,1 kHz. A 5,5 kHz, le temps sample est plus long, environ 56 minutes. Ce sampler est simple d’emploi et il est possible même de brancher un micro directement sur le module pour échantillonner sa voix, par exemple. Et alors, c’est un jeu d’enfant d’attribuer cet échantillon à un pad précis au sein d’un user drumkit. Ensuite, comme dans tous les échantillonneurs, on peut travailler la voice: trimmer, normalize, time stretch, pitch, etc., et la faire jouer comme one-shot, reverse ou loop. Il est dommage que, pour écrire les samples dans le module, on ait besoin de la mémoire-Dimm en option, qu’il faut monter soi-même dans l’appareil.
On doit vraiment vous parler de la fonction Stack/Alternate. Elle s’adresse à ceux qui veulent réellement utiliser les avantages uniques d’un set électronique. ‘Basically’, il s’agit de pouvoir programmer des accords sur les pads, et de pouvoir les faire varier chaque fois qu’on frappe le pad. De cette manière, il est pour ainsi dire possible de jouer, tout seul, un ‘song’ complet!
Il ne pouvait pas non plus manquer les routines d’exercice. Dans le ‘Click Mode’, on a un menu étendu avec des éléments intéressants. Ainsi, on peut commander la fonction tap en frappant sur n’importe quel pad le tempo souhaité. Le ‘Groovecheck’ montre si on ne devance ou ne retarde trop sur le temps avec caisse claire ou grosse caisse, et avec le ‘Rythm Gate’, on est puni sans pardon lorsqu’on joue trop ‘out of time’. Si votre frappe sur un des pads sort des limites d’écart permises, la frappe n’est tout simplement pas reproduite!
Plus le soundmodule est professionnel, plus on y trouve de possibilités de raccordement, et ici aussi, c’en est le cas. A côté des 10 triggerinputs pour tous les pads de la version ‘Special Kit’, on trouve encore 4 entrées pour des triggers supplémentaires. On a 6 outputs séparées, un stereo out, digital out, midi in & out, aux in/sampling in, phones out et deux USB-terminals. Surtout les 6 outputs individuelles sont indispensables. Par exemple, si on veut lors du mixage un type de reverb différent sur la caisse claire et les toms, ceci est possible en envoyant séparément les groupes concernés vers la table de mixage via les outputs individuelles.
Enfin, l’alimentation de l’appareil se fait par le joint d’un adaptor. Une amélioration supplémentaire aurait été d’inclure l’alimentaion dans l’appareil, ce qui rendrait le raccordement ‘on stage’ moins aléatoire.
Sonorité
Grâce au système Yamaha ‘Expanded Articulation’, chaque frappe sur caisse claire, cymbale, etc., sonne un tantinet autrement que la frappe précédente, tout comme sur de vraies batteries. Il est difficile de juger si c’est vraiment comme ça, mais le fait est clair que ce kit, au point de vue réponse sonore, se rapproche encore un peu plus de la ‘real thing’. Tout comme sur les modèles les plus chers de la concurrence, il reste ici quand même encore toujours ce ‘contenu drumcomputer’ dans les roulements sur la caisse claire et les toms. Je suis curieux de voir quand les ingénieurs pourront enfin pallier cette limitation...
Les échantillons de sons sont, comme on s’y attendait, d’une qualité impeccable. Surtout les échantillons de percussion m’ont frappé par leur fidélité aux sons naturels. Ecoutez donc la vidéo de démonstration sur le site du Yamaha DTXtremeIII. En outre, nous trouvons encore des kits en maple, birch, oak, beech, etc. Tous ont emprunté leurs échantillons sonores aux batteries acoustiques high-end de Yamaha. Les sonorités d’instruments dans les songs sont empruntés aux Motif Synthesizers de Yamaha et ils sont d’une meilleure qualité que sur la plupart des sets électroniques.
Budget et Conclusion
Le prix brut conseillé, tva comprise, est de 5980 euro, tandis que le Standard Kit revient à 4600 euro. Au point de vue confort de jeu, le DTXtremeIII se rapporche encore davantage d’un vrai set acoustique. Si la différence se fait encore entendre, ceci restera vraisemblablement toujours ainsi, aussi sophistiqués que deviennent les pads et les triggermodules. Ce n’est pas pour rien que Yamaha s’est fort bien rendu compte que le marché de la batterie acoustique ne sera jamais complètement supplanté par le marché électronique. Mais dans certaines circonstances, on trouve pas mal de raisons pour choisir un set électronique. La flexibilité sans limites au point de vue possibilités de sonorités, des fonctions uniques comme le Stack/Alternate par exemple, l’interaction sonore dérangeante entre fûts ‘on stage’, les possibilités intéressantes pour s’exercer avec l’instrument, pour ne citer que cela. Ces avantages trouvent leur pendant dans quelques désavantages, comme le montage moins pratique et plus aléatoire de l’ensemble, avec tous ces petits câbles. De toute manière, si vous choisissez pour un set électronique et que vous vouliez le meilleur du marché, ce DTXtremeIII entre sans nul doute en ligne de compte. Ce set Yamaha est cher, c’est certain, mais vous payez encore toujours moins que pour le modèle top de cette autre marque renommée.
PRO
CONTRA
nouveau pas vers le vrai feel acoustique, surtout sur le hihat