Il est difficile de ne pas connaître la marque Sennheiser. La série de micros « Evolution » fait partie du paysage connu de l’univers des micros qu’on rencontre régulièrement en concert ou en studio. La série « 900 » que je reçois en test est bien représentée. En effet: pas moins de six modèles me sont livrés, et je ne résiste pas à l’envie de vous dire tout le bien que j’en pense. Suivez-moi, je ferai le guide.
PRESENTATION
La série 900 est clairement définie par le constructeur comme celle qui est orientée « pro » et ne faisant aucun compromis sur la qualité. Il s’agit ici de modèles prévus pour un usage quotidien, qui doivent endurer les rigueurs de la scène sans broncher et offrir, outre un son de qualité, une robustesse à toute épreuve. Les prix restent dans la catégorie abordable, et tous les modèles sont livrés dans une boite identique, en carton où le gris et le bleu dominent.
DESCRIPTION
Tous les micros présentés ici sont de couleur noire. Commençons par le E904. Nous sommes en présence d’un modèle dynamique à directivité cardioïde, prévu spécialement pour la batterie (les toms et la caisse claire particulièrement). La construction est en métal robuste, et l’originalité réside ici dans la pince qui permet de fixer aisément le micro, et de se passer de pied de micro. On y gagne en esthétique et en rapidité de placement. La pince permet de multiples positionnements et il est même prévu une encoche pour y glisser le câble. Le E906 est prévu avant tout pour les amplificateurs de guitare, mais il sera également à l’aise sur les percussions ou les cuivres. Nous sommes ici en présence d’un modèle dynamique à directivité hypercardioïde, et le micro dispose d’un interrupteur à trois positions, permettant de changer la courbe de réponse en fréquences du micro. Comme le modèle précédent, il est possible de se passer de pied de micro, pour autant que l’amplificateur dispose d’une poignée ou d’une sangle. En effet, le design plat du micro permet de le laisser pendre devant l’ampli, maintenu par le câble qu’il suffit d’attacher à la poignée de l’ampli. Pour faciliter les choses, le constructeur a écrit « front » à l’avant du micro. A nouveau nous sommes ici en prsence d’un modèle en métal, à la fois léger et solide. Changement de style pour le E914, qui est un modèle statique prévu pour les cymbales, les charlestons, les chœurs et les captations de musique d’ensemble. La directivité du E914 est cardioïde et deux interrupteurs sont placés sur le corps du micro. Le premier est un atténuateur à deux positions, qui peut réduire de dix ou vingt décibels la sensibilité du micro. Ceci permet à ce modèle d’encaisser des pressions acoustiques très élevées (jusque 157 dB SPL). Le second interrupteur est un filtre passe haut que l’on peut choisir de ne pas enclencher. Si on l’enclenche, on peut obtenir un filtre de 6 dB par octave à 130 Hz (suffisant pour compenser un effet de close miking) ou encore une pente de 18 dB/octave à 85 Hz, ce qui est plus drastique et permet d’éliminer tout le bas du spectre. Nous avons ici affaire à un vrai micro « multi usages » qui sera également à l’aise en (home) studio. Poursuivons notre inventaire avec le E908, qui existe en deux versions: la B, destinée aux cuivres, et la D prévue pour les batteries et percussions. C’est cette dernière version que j’ai reçue, accompagnée d’un adaptateur pour alimentation fantôme (le MZA 900 P). A nouveau, nous avons ici affaire à un modèle à condensateur de directivité cardioïde. Le micro est un « col de cygne » qui est fixé dans une pince qui pourra s’accrocher aisément et fera face à toutes les situations. De par sa flexibilité, c’est un modèle qu’on peut fixer à des instruments de percussions, même si le musicien est mobile. En effet, le micro est relié à son préampli via un câble très fin et très souple. La connexion au préampli se fait via un jack de 3, 5 mm qu’il faut visser dans le corps du préampli (imaginez une grosse fiche XLR longue de dix centimètres environ). Ce dernier pourra se fixer à la ceinture du musicien sans risque de se détacher. Terminons ce modèle en signalant que sur le corps du préampli micro l’utilisateur dispose d’un filtre passe haut et d’un atténuateur de – 12dB. Les deux interrupteurs sont difficilement accessibles, ce qui évite les manipulations intempestives. Poursuivons avec le E901, un microphone “semi-cardioïde”, de type “boundary” (à effet de surface), est un choix idéal pour la prise de son de grosse caisse et de pianos à queue. Il offre un adaptateur alimentation fantôme intégré et un corps très robuste, résistant au piétinement. A nouveau, nul besoin de pied de micro ici puisque ce modèle se pose simplement (dans la grosse caisse où le piano). Passons au modèle suivant: le E905. Grâce à son niveau maximal de pression sonore admissible élevé et sa réponse rapide sur les transitoires, le microphone dynamique cardioïde E 905 est un modèle universel, convenant à de nombreux instruments à forte amplitude sonore. Il constitue un choix idéal pour la caisse claire, puisque son corps court lui permet de trouver une place près de la peau, où ses faibles dimensions ne gêneront pas le batteur. La pince pivotante, qui fait partie intégrante du micro, aide bien entendu à positionner au mieux ce modèle. Signalons que tous les micros sont livrés dans une housse synthétique qui semble de qualité, mais que le tout est dans une boîte en carton qui ne pourra guère espérer vivre longtemps. Une valisette m’aurait fait plaisir, mais bon, vous me connaissez: je n’en ai jamais assez! (remarque de l’importateur: cela peut être obtenu en option.) Un mode d’emploi succinct mais bien rédigé est livré avec chaque micro. Il est multilingue, dont l’anglais, le français, le néerlandais et l’allemand, l’italien et l’espagnol.
SONORITE & UTILISATION
J’ai principalement utilisé ces micros en concert, et un peu en studio. Le E904 trouve aisément sa place sur des toms ou des percussions (djembé). Le son est à la fois précis et clair dans les attaques, et dispose en même temps d’un bon sustain. Et puis, lors des changements de plateau, la robuste pince fournie avec le micro permet un gain de temps appréciable. Parfois, sur certains djembé, j’ai eu du mal à fixer ce modèle car la saillie du cerclage n’était pas assez prononcée. Qu’à cela ne tienne, j’ai utilisé le E908 dont la pince et le col de cygne permettent une fixation aisée et plus polyvalente encore. Ici aussi le son est clair et défini, avec une attaque encore un peu plus franche, sans doute due au fait que nous sommes ici en présence d’un modèle à condensateur. Le micro de caisse claire E 905 est clairement à la hauteur: on perçoit bien toutes les transitoires du son, mais également le caractère sonore de l’instrument. Certains micros de caisse claire rendent un son relativement uniforme, quel que soit l’instrument utilisé. Ici au contraire, on perçoit bien les caractéristiques sonores de l’instrument, avec un grave bien présent. Très chouette, vraiment. Sur un fût un peu profond, ce micro fait des miracles! Le E901 à effet de surface rend bien dans la grosse caisse, mais selon moi si la claque est merveilleusement rendue, on manque un peu de corps dans le bas du spectre (c’est souvent le cas avec ce type de micro). Donc si vous cherchez le son grave de la grosse caisse, cela vaut la peine de lui adjoindre un micro plus adapté (le E902 que je n’ai pas testé ici, mais que je possède est le complément idéal). Le modèle pour amplificateur de guitare E 906 est déjà un classique. Le fait de disposer d’un interrupteur ajustant la courbe de réponse en fréquences est un atout indéniable. Il y a moyen très rapidement de choisir ce qui convient le mieux à l’amplificateur, que l’on cherche du moelleux ou du tranchant, avant même de toucher à la console de mixage, on obtient déjà un son. Assurément un best seller! Le modèle « crayon » E914 est très polyvalent. Bien sur, un micro statique rend mieux le haut du spectre en général, mais ici le fait de disposer d’un atténuateur permet de l’utiliser pour une multiplicité d’applications. Que ce soit sur le charley, en overhead ou pour des instruments acoustiques comme la guitare, les percussions, le violon, le banjo, tout se passe à merveille. Pour le home studiste en quête d’un micro abordable et polyvalent, ce modèle est un must, pour un prix qui reste abordable. Bien sûr, on peut trouver moins cher, mais nous sommes ici en présence d’un vrai micro professionnel, de marque réputée. Et vraiment le son m’a épaté, quel que soit l’instrument envisagé. Je n’avais qu’un seul modèle mais même sur un piano à queue, je suis certain que le son n’aurait pas été décevant. En overhead ou sur une guitare acoustique, le son était vraiment étonnant de qualité. A recommander!
BUDGET
A nos calculettes! Mettons cela dans l’ordre: le E901 se vend à 296,45 euro, le E904 est à 180,29 euro, et le E905 s’affiche à 168,19 euro. Poursuivons avec le E906 qui se négocie à 204,49 et les E 908D et E914 se vendent respectivement à 289,19 et 385,99 euro. Tous ces prix sont bruts conseillés tva incluses.
CONCLUSIONS
De bons et beaux micros. Solides, bien conçus, de marque réputée et de prix abordables. Que demandez de plus? J’ai beau chercher, je ne vois pas. Peut-être une valise plus sérieuse qu’un simple emballage en carton? Ne boudons pas notre plaisir: l’essentiel de cette série 900 Sennheiser tient dans la qualité sonore et la robustesse. Des micros qu’on va rencontrer (et qu’on rencontre déjà) sur toutes les scènes du royaume. Si vous êtes en quête de bon matériel, il vous faudra les essayer.