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Meet Music Magazine review: Tascam HD-P2
       Tascam HD-P2
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.230 - Février 2008 ]
DA-P1
Nous sommes à l’ère du portable. Depuis le téléphone jusqu’au baladeur mp3 en passant par l’appareil photo, le GPS ou que sais-je encore, tout se miniaturise et il est aujourd’hui possible d’emporter avec soi un peu de son studio dans son sac de voyage. Tascam m’envoie un enregistreur portable dont le nom éveille en moi des souvenirs. Cet engin me rappelle quelque chose…


PRESENTATION
Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, ou si peu. A l’époque si l’on voulait s’équiper d’un enregistreur portable de qualité, la seule solution était de travailler avec un Nagra, dont le prix faisait vraiment peur, ou d’acquérir un DAT portable. DAT voulait (et veut toujours) dire Digital Audio Tape. Soit: bande audio numérique. Sachez que le terme ‘digital’ en français parle des doigts, pas du son (une empreinte digitale par exemple)! Le terme ‘digit’ anglais signifie ‘chiffre’, dans le sens de ‘nombre’. C’est bien pour cela qu’en français, il faut dire ‘numérique’, et non pas ‘digital’. C’était le cours de bon usage du jour, merci MMM! Revenons à nos moutons. A l’époque j’utilisais un Tascam DA-P1 qui était reconnu comme l’un des meilleurs de sa catégorie. C’était un petit enregistreur professionnel solide, pratique et conçu pour les rigueurs de la route. En déballant le HD-P2 envoyé par Tascam, j’ai eu un choc: le look est quasi identique au DAT dont je vous parle. Sauf qu’ici, il n’est plus question de bande, mais de Carte Flash. Et oui, le progrès a fait son œuvre. Coup de blues assuré: où sont les bandes d’antan? Tout fout le camp, ma brave dame! On reste dans le même créneau, toutefois: un enregistreur stéréo professionnel (avec tout ce que cela implique) prévu pour répondre au besoin des preneurs de son mobiles. Ce modèle peut travailler à toutes les fréquences d’échantillonnage comprises entre 44,1 et 192 kHz, en 16 ou 24 bit. Ceci en BWF (Broadcast Wave). Donc un format non compressé. Rien à voir avec un ‘machin’ en mp3, bien entendu. Tascam est une maison sérieuse, on le sait.

DESCRIPTION
Il est de bon ton de s’inspirer d’une machine qui a connu le succès. Ici il est clair que le constructeur japonais se fait à la fois le plaisir d’un clin d’œil au passé, mais aussi montre que lorsqu’un produit est réussi, il est inutile de changer. Et pourtant, que de différences avec le prédécesseur au niveau de l’utilisation. Les dimensions sont modestes: vingt-six centimètres de large pour vingt de profondeur, avec une épaisseur de six centimètres et demi. Le tout pour un poids de un kilo deux cents. On dispose des touches habituelles d’un enregistreur: rew, ff, stop, play, pause, rec et rtz (retour à zéro). Deux grosses molettes permettent de régler le niveau d’entrée de chaque canal. De nombreux interrupteurs sont présents sur la face verticale (réglage de niveau d’écoute, marqueur, etc.). Du côté des interrupteurs audio, l’utilisateur sera gâté: sélection du type d’entrée (ligne ou micro), atténuateur, alim fantôme, stéréo link, limiteur audio, filtre passe haut et choix du micro interne ou externe. N’oublions pas une grande molette ‘shuttle’ pour faire défiler la bande virtuelle, un réglage d’écran et une possibilité de nommer les projets. L’écran est de bonnes dimensions et extrêmement lisible. Les côtés de l’engin sont remplis de possibilités de connexions. A droite on trouve deux solides entrées XLR métalliques (du Neutrik pour ne rien vous cacher), une entrée pour l’alimentation externe fournie d’origine, une entrée et une sortie stéréo de niveau ligne en RCA (cinch) et une fente pour la carte flash. A gauche ce n’est pas triste non plus. Jugez donc: une prise PS/2 pour un clavier (pour ceux qui veulent taper de longs titres aisément, il existe des claviers portables) une prise FireWire, une entrée ‘Time Code’ en XLR, une entrée Wordclock, une entrée et une sortie numérique en S/Pdif, et enfin une prise jack stéréo pour les écouteurs ou le casque. Signalons encore l’interrupteur de mise sous tension, le haut parleur intégré et la superbe sacoche fournie d’origine, avec la courroie d’épaule qui à elle seule vous donnera l’air d’un vrai baroudeur. Petite déception: le plastique utilisé pour le HD-P2 est un peu décevant sur le plan visuel et au toucher. Il donne une impression de ‘bon marché’ alors que l’enregistreur vise clairement le niveau pro. Il ne s’agit pas de la qualité en temps que telle, mais plutôt de l’aspect. Snif!

UTILISATION
J’ai récupéré une carte Compact Flash sur mon appareil photo, et je l’ai insérée dans la fente ad hoc. Pas évident quand on possède comme moi de gros doigts malhabiles. Bon, j’ai fait attention, histoire de ne rien abîmer. Ensuite, j’appuie sur ‘Power’ et miracle! La machine s’allume, et l’écran avec elle. Le nom ‘Tascam’ apparaît, avec un joli casque stylisé. On entend un petit ‘toc’ et puis plus rien: un grand silence. Il n’y a aucune pièce mobile dans cet enregistreur, et donc aucun bruit ne se fait entendre. Impressionnant! Il vous faut formater la carte, ce qui est fait très rapidement, et vous êtes prêt à enregistrer. Rien de plus simple: on choisit d’utiliser un micro externe, ou on se sert de celui qui est intégré. Le réglage de niveau se fait très aisément, via les larges molettes et via le superbe crête mètre numérique qui apparaît à l’écran. Pour plus de sécurité, il est possible d’enclencher un limiteur, qui évitera de saturer. Le filtre passe haut est un 18 dB/octave placé à 100 Hz. De quoi bien éviter les plosives. La possibilité d’asservir le HD-P2 à un time code en fera l’outil rêvé pour les preneurs de son accompagnant une caméra. D’autant qu’il est possible d’insérer des marqueurs où on le souhaite. Vous pouvez bien entendu écouter en direct vos enregistrements via le casque, mais aussi après coup, via le haut parleur intégré. Dans ce cas le volume casque sert au niveau d’écoute par le haut parleur. Et le son est plutôt bon. Pas de la hi-fi, mais bien assez pour se rendre compte de ce que l’on a enregistré. Au niveau de l’alimentation, on peut se servir de l’alimentation externe, mais on perd en mobilité, ou encore utiliser des piles. Il faut dans ce cas embarquer huit piles (!) de 1, 5 volt, ce qui assure une autonomie de cinq heures trente environ. Inutile de dire que les piles rechargeables seront les bienvenues. Autre fonction intéressante: on peut prévoir une mémorisation permanente des cinq ou dix dernières secondes de son, ce qui permettra de récupérer les évènements audio survenus avant l’appui sur la touche ‘rec’. C’est à ce genre de détail qu’on se rend compte que Tascam a clairement prévu cette machine pour un usage sérieux. Ce n’est pas un jouet, on l’a compris. Tascam a fait ses preuves dans l’audio pro, et je constate que tout professionnel trouvera ses repères en moins de temps qu’il ne me le faut pour l’écrire.
Il est possible d’accéder à un tas de fonctions via les menus. Par exemple, on peut préciser le titre du projet en cours, mais aussi l’enregistrement en mono ou en stéréo, la fréquence d’échantillonnage, la quantification, et des tas d’autres choses. Bien entendu cela peut sembler fastidieux, mais ce n’est qu’une possibilité, pas une obligation. Il est également possible d’enregistrer à la volée, sans même lire le mode d’emploi (ce que j’ai fait). Cela dit, le mode d’emploi est une mine d’information, et cela vaut donc la peine de le lire en entier. La durée d’enregistrement dépendra de la capacité de la carte CF embarquée, mais aussi de la fréquence d’échantillonnage et de la quantification choisie. Une carte de 1 Go vous donnera une heure d’enregistrement stéréo en 44,1kHZ en 24bit, et une heure trente en 16bit. Il est clair que pour des interviews, le 16bit sera sans doute suffisant, alors que pour de la musique, on préférera le 24bit. A voir au cas par cas, bien sûr. Petite précaution à prendre quand on éteint la machine: il faut confirmer que l’on veut bien l’éteindre. Ceci pour deux raisons: d’une part pour éviter toute coupure accidentelle, et aussi pour que les données soient bien sauvegardées sur la carte.

SONORITE
La qualité sonore va bien entendu dépendre de plusieurs paramètres: le micro, et la qualité d’enregistrement choisie. La qualité sonore en soi est excellente, mais si vous utilisez le micro interne, cela sera moins bon qu’avec un micro externe de qualité. Un bon dictaphone avec le micro interne, mais un ‘vrai’ micro sera sans doute plus souvent utilisé. Les préamplis intégrés sont valables et suffisant dans la majorité des situations. Bien entendu si vous souhaitez enregistrer un concert de musique classique, vous pouvez utiliser des préamplis externes, et même des convertisseurs A/N haut de gamme, puisqu’il est possible d’entrer dans cet enregistreur en numérique. La récupération des données audio peut se faire soit en FireWire, soit en récupérant la carte CF qu’on lira via un lecteur de carte branché sur un ordinateur Mac ou PC.

BUDGET
Pour 1249 euro (prix brut conseillé, TVA incluse), ce TAscam sera à vous. Au vu des qualités de ce Tascam, on peut considérer qu’il s’agit d’une affaire. Vous disposez avec ce HD-P2 d’une machine réellement professionnelle. Le prix est donc amplement justifié.

CONCLUSIONS
Une grande qualité de conception, et d’ergonomie. Les concepteurs on réalisé un travail intelligent et très ‘pro’. Quel bonheur que de se servir de cet enregistreur. On dispose de possibilité multiples, d’une qualité sans faille, et d’une conception de haut vol. Que demander de plus? Une sacoche? Pas besoin de demander: elle est fournie. Si vous faites régulièrement des captations sonore sur site, ce Tascam est pour vous. Et l’essayer, c’est l’adopter.

PROCONTRA
  • qualité globale
  • time code
  • possibilités d’utilisation
  • look un peu ‘plastique’
  • insertion de la carte CF délicate