| [ Auteur: Stéphane Landtmeters ] [ Edition: Nr.229 - Janvier 2008 ] |
“Voilà un vrai coup dans le mille!”: cela doit à peu près traduire ma première réaction quand j’ai appris que Line 6 allait travailler en collaboration avec Reinhold Bogner, bien connu en tant que spécialiste des lampes. Ce qui arriva, vous pouvez déjà le deviner, il suffit de lire le nom de l’engin: ‘Spider Valve 112’. Eh bien oui: un ampli Line 6 équipé de “vraies” lampes, c’est très exactement ce que j’ai sous les yeux.
Comme vous le savez probablement, Line 6 est un des pionniers de la modélisation digitale de célèbres amplis pour guitares et basses, mais c’est aussi le cas pour des effets, des haut-parleurs, des préamplis, des guitares, etc … L’histoire est bien jolie, mais cependant, on ne voit pas tellement d’amplis Line 6 sur les podiums… Mais pour ce qui est des studios, c’est une autre histoire: là, on ne peut plus penser ‘studio’ sans penser aussi à la famille des POD et/ou aux softwares AmpFarm. C’est vrai que c’est bien pratique: on branche sa guitare sur une petite boîte rouge, on a le choix entre une flopée d’amplis et d’effets souvent introuvables et/ou hors de prix, et on est donc à même de jouer différentes parties de guitare sans devoir recourir à tout le matériel imité, mais de plus, sans devoir se livrer au placement, toujours délicat, de micros.
Bon, et sur scène alors? Line 6 propose plusieurs amplis digitaux, comme le Spider, le Flextone, le Duoverb et le Vetta, mais les puristes continuent toujours à leur préférer un “vrai” ampli à lampes. Ces amplis ne possèdent pas toutes les caractéristiques excitantes des amplis Line 6 dont nous venons de parler, mais leur son est plus chaud, plus organique, et ils ont plus de dynamique et de réponse que leurs clones digitaux. En fin de compte, les utilisateurs sont parvenus à convaincre les concepteurs de Line 6 de se tourner malgré tout vers les “vraies” lampes. Et je suis sûr que vous êtes impatients de connaître les résultats…
CONCEPT
Celui qui a cru, en lisant cette introduction, qu’il s’agissait simplement de la présence d’une lampe 12AX7, celui là… a tout faux! L’ajout d’une lampe dans le préampli d’un ampli à transistors est, en effet, une méthode (bon marché) souvent employée pour conférer malgré tout un caractère d’ampli à lampes à un ampli à transistors. Dans ce cas, ces amplis s’appellent des ‘hybrides’. Le concept du Spider Valve n’a rien à voir avec tout cela. Dans cet ampli, le préampli est totalement digital (technologie dite de ‘modélisation’). Il s’agit d’ailleurs exactement du même préampli que celui du Spider III. Il propose donc douze types d’amplis, trois effets de modulation, trois retards différents et de la réverbe. Il n’y a pas moins de 36 banques ayant chacune quatre présélections, ce qui donne au total 144 emplacements dans la mémoire. Sont aussi présents, un accordeur, un noise gate et un étage de boost. Jusqu’ici, donc, rien de nouveau, étant donné que toutes ces caractéristiques se retrouvent dans le préampli du Spider III.
C’est ici que commence les différences de la série Valve: les concepteurs ont fait appel à un deuxième préampli qui fonctionne sur base de deux lampes 12AX7, une diode redresseuse de type ‘Bogner Special’, et un étage de puissance à lampes. Nous parlons donc bien ici d’un ampli “tout lampes” qui possède cependant une section de modélisation. La preuve, c’est que l’ampli de puissance ne fonctionne pas sur base de transistors comme c’est le cas de tous les amplis construits par Line 6 jusqu’ici, mais il possède deux lampes de type 6L6.
L’ensemble de la section amplification a d’ailleurs été conçu par Reinhold Bogner, le “gourou des lampes”, afin que l’étage de puissance soit parfaitement adapté au préampli Line 6. En soi, ‘Bogner Amplification’ est une marque d’amplis des plus renommées, qui est très prisée par des connaisseurs tels que Steve Stevens, Dan Huff, Allan Holdsworth, Mike Landau, Steve Vai et Niels Vandersteenhoven. Et si vous ne connaissez pas ce dernier nom, il est temps de vous renseigner: c’est un guitariste néerlandais extraordinaire!
Le haut-parleur n’est pas un haut-parleur “neutre”, mais bien un haut-parleur spécifique pour guitare qui a déjà fait ses preuves: c’est un Celestion Vintage 30. Cet élément est, lui aussi, un choix personnel de Mr Bogner, et il contribue sans aucun doute au son du Spider Valve.
Pour être complet, signalons également que le modèle que nous testons est le 112: il a une puissance de 40 watts, exploitée par un haut-parleur de 12’. Mais il nous faut signaler que dans la même série, on trouvera un modèle 212, aussi détenteur de 40 watts, mais muni de deux haut-parleurs de 12’, et enfin, la HD100, une tête d’ampli de 100 watts qui est assortie à une enceinte 4 x 12’ (4 x Celestion V30).
PILOT’S GUIDE
Ce que nous appelons d’habitude la notice d’emploi, ou le ‘manual’ en anglais, porte ici le nom de ‘Pilot’s Guide’. Que cela ne vous effraie pas, car il n’est nul besoin d’avoir l’expérience d’un pilote au long cours pour aborder le Spider Valve, au contraire! Cinq langues sont disponibles: anglais, français, allemand, italien, et… oui, oui: néerlandais! Cela n’est pas monnaie courante de voir un tel manuel traduit aussi vers le néerlandais, et, même quand c’est le cas, ces traductions laissent souvent à désirer. Mais dans le cas présent, il n’y a pas de quoi se plaindre, tout est clairement expliqué et on peut se lancer dans l’utilisation de l’ampli sans problème. Il y a juste l’humour, d’habitude présent dans les manuels Line 6, qui fait un peu défaut… Peut être est-ce là un indice que Line 6 prend les lampes très au sérieux! En tout cas, je l’espère …
CONSTRUCTION ET FINITION
L’enceinte paraît sobre, même presque sévère. Jugez vous-même: un revêtement noir, solide et parfaitement appliqué, un tissu noir devant le haut-parleur, un panneau de commandes noir et incliné, des boutons noirs et une poignée en cuir noir. Black is the color! La seule petite touche de couleur dans l’esthétique de cet ampli vient du petit écran LCD, dont le fond rétro-éclairé est orange quand l’ampli est sous tension, et d’une petite lampe bleue située près de l’interrupteur de mise sous tension. Les quatre boutons de mémoire, eux non plus ne sont pas noirs, mais argentés. Rien que du bon quant à la finition! En effet, je n’ai pu déceler aucune faute au niveau de ce Spider Valve. Son apparence vaut bien celle d’un ampli à lampe de type ‘boutique’.
CONNEXIONS
A l’exception de l’entrée pour la guitare (au format jack, bien entendu), toutes les connexions se trouvent en face arrière du combo. Pour commencer, une prise IEC pour le raccord au secteur. Ensuite, un ‘direct out’ au format XLR, une sortie qui sera avant tout utilisée pour enregistrer et/ou se brancher sur une table de mixage lors d’un concert. On trouve aussi un ‘preamp out’ sous forme de jack, mais ce dernier est plutôt prévu pour piloter des appareils externes, comme, par exemple, un multieffets ou un deuxième ampli. Le ‘power amp in’ sera utilisé en tant que retour des effets, ou pour amplifier un autre préampli via l’étage de puissance à lampes et le haut-parleur Vintage 30.
Via une connexion réseau, vous pouvez élargir les possibilités du Spider grâce à un pédalier. Vous pouvez choisir entre différents modèles, qui vont de deux boutons (up et down) à un pédalier complet possédant des réglages pour volume, wahwah, boost, compression, retard, accordeur, etc … Enfin, citons aussi les connexions pour haut-parleurs externes: ici, on a le choix entre deux connexions de 4 ohms et une connexion de 8 ohms.
UTILISATION
Pour celui qui connaît déjà le Spider III, il n’y a pas le moindre problème étant donné qu’il s’agit du même préampli. La seule chose à laquelle il faut prendre garde, c’est qu’il faut d’abord laisser chauffer les lampes (idéalement, une à deux minutes) avant d’enclencher l’inverseur de stand by sur ‘on’.
Mais peut-être n’avez-vous encore jamais travaillé avec un ampli de la famille Spider? Aucun problème, car le Spider se laisse manœuvrer de manière très intuitive. On choisit un type d’ampli, on tourne les boutons de gain et d’égalisation aux positions voulues, on ajoute éventuellement une touche de modulation et/ou de retard, et on est prêt à mémoriser le son ainsi construit. Cette dernière procédure est, elle aussi, très facile: il suffit de pousser quelques secondes sur le bouton d’enregistrement, de donner éventuellement un nom au son, et de repousser une nouvelle fois sur le bouton d’enregistrement.
Viennent enfin les deux ‘masters’, un pour le volume et l’autre pour la présence. En fait, ce dernier fait partie de l’étage de puissance, et à ce titre, il n’est donc pas programmable. Il s’agit donc bien d’un réglage général, indépendant des présélections.
SON
Lorsqu’on m’a apporté le Spider Valve, je n’ai pas pu attendre une seconde avant d’avoir entendu la “bête” aboyer. Mais je vais vous laisser encore un peu “ronger votre frein” en vous disant d’abord ceci: ce qui m’avait personnellement manqué (et je suis sûr de ne pas être le seul!) face à tous les amplis précédents de Line 6, c’était la dynamique et la réponse typique d’un ampli à lampes. En effet, un bon ampli à lampes “sort” du mix général d’un orchestre quand on répète où que l’on se produit sur scène, et cette sensation est moins évidente quand on joue sur un ampli à transistors, fût-ce à modélisation. Pendant que je passais rapidement d’une présélection à l’autre, j’ai tout de suite compris que j’avais à faire à un Spider complètement remanié. Il “sort” du mix orchestral, et fait entendre beaucoup de dynamique et une excellente réponse. Chose qui frappe aussi dès les premières notes, car les présélections ont été programmées avec un gain de canal assez élevé.
Le Spider Valve “sonne” donc vraiment comme un “vrai” ampli à lampes… ce qui est logique, puisque c’en est un! Lors des précédentes versions du Spider, certains types d’amplis n’étaient pas tout à fait réussis (surtout les sons cherchant à imiter une très légère distorsion nommée ‘crunch’ en anglais). Leur son était un peu étouffé, nasal, digital. Mais pour ce qui est du Spider Valve, ce n’est pas du tout le cas! Tous les types d’amplis sont convaincants, offrent beaucoup de dynamique, et un son génial qui correspond parfaitement à l’appellation proposée (clean, twang, blues, crunch, metal et insane). Le contrôle de présence est très efficace, même un peu trop, et on le laissera donc la plupart du temps entre 0 et 5, à moins que vous ne préfériez programmer moins d’aiguës dans vos présélections.
Les champions de la critique ne manqueront pas d’argumenter que les lampes posent un problème pour assurer un rendu neutre à une simulation, car elles “colorent” le son. C’est tout à fait le cas, mais elles le “colorent” d’une manière positive. Car Bogner et Line 6 ont parfaitement veillé à ce que l’étage de puissance modifie le moins possible les types d’amplis simulés. Autrement dit: la dynamique et la réponse des lampes sont bel et bien exploitées, mais les effets collatéraux négatifs sont réduits autant que faire se peut.
EFFETS
Les effets de modulation et de retard du Spider Valve sont tous deux réglés à l’aide d’un seul bouton. Cela fonctionne très facilement et très intuitivement: pas besoin de se “perdre” dans des menus et un tas de réglages. Le son de ces effets est tout à fait convaincant et facile d’utilisation. Les effets de retard peuvent même être réglés “pile” au tempo grâce à la fonction ‘tap’. Le seul point de discussion, c’est que ces effets paraissent un peu trop simples en regard de la qualité de l’ampli lui-même. En effet, face à un (semi) ampli à lampes de cette classe devraient correspondre des effets qui proposent un peu plus de possibilités de réglages (par exemple, des contrôles séparés pour le feed back et le niveau des effets de retard).
BUDGET
De Spider Valve 112 gaat over de toonbank voor 699,00 euro, belachelijk weinig als je de combinatie van de klank, de mogelijkheden, en de ervaring van Line 6 en Bogner optelt. De Spider Valve 212 kost 829,00 euro en de Spider Valve HD100 799,00 euro. Wil je bij die HD100 nog een bijhorende speakerkast met Vintage 30 speakers, reken dan nog eens 699,00 euro extra. Alle prijzen zijn bruto advies, exclusief btw.
CONCLUSION
La collaboration entre Bogner et Line 6 débouche sur un ampli qui peut revendiquer la toute grande classe. Tous les sons sont très convaincants et la réponse est vraiment celle que l’on attendrait d’un “vrai” ampli à lampes. Il vous permet tous les styles: de la pop au rock, du blues au métal, et de la country au jazz. La seule réserve à émettre est donc que le niveau des effets n’est plus en rapport avec un ampli de cette classe. Ils sont parfait pour la série Spider, mais moins adaptés au Spider Valve. On voudrait disposer d’un peu plus de possibilités de réglages. Cette réflexion, mais aussi le son du Spider Valve, me font frémir rien qu’à l’idée de ce que pourrait offrir un Flextone Valve ou un Vetta Valve. Nous ne pouvons donc souhaiter qu’une chose: que la collaboration entre Line 6 et Bogner continue…
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| PRO | CONTRA | | le prix!!!le son!!!le conceptla finitionles possibilités | peu de réglages au niveau des effets |
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SPECIFICATIONS
40W Class AB tube amp through (2) 12AX7 preamp tubes and (2) 6L6 power tubes
1X12" configuration featuring a Premium Celestion® Vintage 30 speaker
12 dialed-in amp models (channel voices) that deliver a complete tonal range from shimmering clean to insane grind
7 Smart Control FX (up to 3 simultaneous) including Tape Echo, Sweep Echo, Standard Delay (all with Tap Tempo) Chorus/Flanger, Phaser, Tremolo, and Reverb
Built-in front panel tuner
36 user programmable channels
300+ artist created presets covering the greatest guitar tones of all time
POD® XLR direct out for studio direct tone.
Compatible with FBV2™, FBV Express™ and FBV Shortboard™ foot controllers
Single and dual 1/4" speaker output jacks for connection to auxiliary cabinets
1/4" power amp input jack for POD® amp and effect modelers
Weight: 45 lbs
Dimensions: 27" L x 24" H x 15" D
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