[ Auteur: Roger Roland ] [ Edition: Nr.229 - Janvier 2008 ]
Le compresseur représente souvent pour les amateurs du son l’élément le plus mystérieux de la chaîne audio. Tout le monde comprend à quoi sert un micro ou une reverb, mais le compresseur semble à la fois indispensable et méconnu. L’article qui suit devrait vous informer un peu plus. D’autant qu’ici, il va être question de huit compresseurs. De plus, une fois n’est pas coutume, il s’agit d’un produit “Made in Belgium”.
PRESENTATION
Les firmes audio belges sont rares. Raison de plus pour parler d’Apex, qui possède une très bonne réputation dans le secteur. Le dBC-8 est un octuple compresseur analogique, destiné principalement à la sonorisation. L’idée est de proposer une machine dotée d’excellentes spécifications, tout en gardant un prix abordable. Aucun compromis n’a été fait sur la qualité, mais bien entendu le fait de disposer de huit modules dans un seul rack permet de comprimer les coûts de production.
DESCRIPTION
Dès le déballage, on se rend compte qu’on a en mains quelque chose de solide. Pas un machin ultra léger fabriqué dans un pays lointain par de petits enfants. La machine fait une unité rack de haut et pèse deux kilos. La teinte dominante est le gris, sous diverses nuances. L’arrière comprend l’interrupteur de mise sous/hors tension et l’habituelle prise IEC. Il y a également seize prise au format “jack”: huit entrées et huit sorties, en symétrique. L’avant se compose de huit sections identiques. Quatre potards servent aux différents réglages, et un bouton permet de placer chaque compression en service ou de le désactiver (bypass). Deux fois quatre leds sont disponibles et un bouton présent quatre fois donne la possibilité de grouper les compresseurs par paires. Un mode d’emploi en anglais est fourni, et je précise de suite qu’il est très complet et rédigé de manière didactique.
UTILISATION
La question la plus souvent posée à propos d’un compresseur est: “à quoi sert-il?”. Pour faire simple, un compresseur sert à réduire la dynamique. Pour rappel, la dynamique est l’écart entre le niveau le plus faible et le niveau le plus fort. Imaginons un chanteur en concert: quand il murmure on ne l’entend guère, et quand il chante très fort, il couvre les musiciens et/ou le son devient désagréable. Grâce au compresseur (et pour autant qu’il soit bien réglé) on peut rendre les niveaux plus homogènes. Les réglages disponibles sur la plupart des compresseur permettent de trouver “le” son idéal, et certains proposent même une fonction automatique. Sur l’Apex dBC, l’utilisateur dispose de réglages pour l’attaque et le relâchement. Cela permet de choisir à quelle vitesse le compresseur entre en action et cesse d’agir. Pour un son percussif par exemple, on préférera une attaque assez courte, alors que pour une voix une attaque plus lente rendra un son plus naturel. Les réglages suivant sont le seuil et le taux de compression. Le seuil fixe simplement le niveau à partir duquel la compression interviendra, et le taux donne le niveau de compression. Imaginons un taux de 2 pour 1, qu’on écrira habituellement 2:1. Que se passera-t-il? Lorsque le seuil sera atteint, pour que l’auditeur perçoive une augmentation de un décibel, le niveau d’entrée devra augmenter de deux décibels (voir graphique 1). A l’extrême, un compresseur peut devenir un limiteur (c’est prévu sur le modèle en test). Dans ce cas, le niveau de sortie sera limité à la valeur choisie, sans possibilité de dépasser aucunement le niveau fixé (voir graphique 2). Le compresseur en test dispose d’une touche “bypass” qui permettra de comparer le signal traité avec l’original et de se rendre compte si la compression améliore ou non les choses, et de choisir le meilleur réglage possible. Les deux rangées de quatre leds présentes sur chacun des huit canaux donnent le niveau d’entrée (tranche du haut) et le niveau de compression. On peut trouver que quatre leds, c’est peu, mais en pratique c’est suffisant. Et puis il fallait bien caser huit canaux dans un seul rack, ce qui limite naturellement l’espace disponible. Terminons le chapitre en signalant la qualité du mode d’emploi, comme signalé plus haut. Il est clair que les professionnels n’auront sans doute pas besoin de le lire, mais pour les autres c’est une vraie mine d’or. A qui cette machine est-elle destinée? Aux boîtes de sono, sans doute, mais aussi aux groupes qui assurent eux-mêmes leur sonorisation, et ne souhaitent pas s’équiper de trop de périphériques externes. L’Apex dBC pourra servir sur huit pistes, avec un encombrement minimum. Et la qualité est au rendez-vous, nous allons le voir.
SONORITE
Le but premier d’un compresseur est de travailler de manière relativement inaudible. Bien entendu, aux réglages extrêmes, il est possible de modifier assez profondément la couleur sonore, mais dans ce cas le compresseur devient un outil créatif, dont le son est à évaluer au cas par cas en fonction de ce que l’on recherche. Pour ma part, je me contente d’évaluer l’efficacité et la transparence. Et il faut avouer que j’ai été bluffé par le rendu sonore de cette machine. Rien à voir avec les “machins” low cost qu’on rencontre régulièrement, et qui du simple fait d’être branchés, même en mode inactif, détériorent la qualité sonore. Ici le son reste exempt de distorsion, et pour tout qui sait régler un compresseur, il est aisé d’obtenir quelque chose de correct. Pour ceux qui débutent, la fonction bypass permettra d’évaluer rapidement les corrections apportées, et ainsi de progresser rapidement. On peut regretter qu’il n’y ait pas de fonction automatique, mais il faut avouer qu’une fois compris le fonctionnement de l’appareil, on arrive à trouver très rapidement à un résultat satisfaisant, d’autant plus que les leds apportent une aide appréciable.
BUDGET
Quel est le prix à débourser pour acquérir cet octuple compresseur? 918,00 euro (prix brut conseillé hors TVA); il ne s’agit pas d’une entrée de gamme, mais ramené au prix par compresseur, cela devient vraiment une affaire. D’autant que la qualité est au rendez-vous et qu’on connaît la réputation d’Apex en termes de qualité. On peut donc dire que le prix est absolument justifié.
CONCLUSIONS
Un minimum d’espace pour un maximum d’utilisation: huit compresseurs dans une seule unité rack. Qualité sonore, solidité de construction, prix accessible. Que demander de plus? Une fabrication locale? Cocorico, c’est “Made in Belgium”. A essayer d’urgence.