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Meet Music Magazine review: Line 6 Rifftracker & Workbench
       Line 6 Rifftracker & Workbench
[ Auteur: Stéphane Landtmeters ]  [ Edition: Nr.203 - Novembre 2005 ]
Quand on est venu me livrer à la maison un demi camion de matériel Line6, je me suis senti comme un gosse chez qui St Nicolas venait de passer. Cette livraison comportait une (guitare) Variax 300, le (tant attendu!) WorkBench, un GuitarPort et le programme d’enregistrement RiffWorks. OK, un demi camion, c’est peut être exagéré, mais si on devait rassembler tout le matériel simulé, le camion entier ne serait même pas suffisant pour contenir le tout! En effet, on peut considérer la Variax 300 comme une collection de guitares, le GuitarPort comme une collection d’amplis et d’effets, et le RiffTracker comme un studio d’enregistrement, avec un batteur (et sa batterie) et une masse d’effets. Ma curiosité était donc à son comble lorsque je me suis mis à tester tous ces splendides jouets. Pour prendre connaissance d’un test détaillé de la Variax 300, je vous renvoie au MMM 200, le numéro du mois d’août 2005, tandis que dans ce test-ci, nous mettrons le RiffTracker et le WorkBench sous la loupe.

GENERALITES
Concept
Le WorkBench est un software avec lequel on peut adapter et retravailler à son goût tous les modèles simulés par les guitares Variax. Par exemple, on peut commencer avec un corps de Stratocaster, et y “monter” des micros de Les Paul. Comme si ce n’était déjà pas assez, on peut régler la position et l’inclinaison de ces micros, le volume et la tonalité, et même, adapter les composants électroniques de ces réglages de volume et de tonalité. Bref, avec le WorkBench, on peut se construire sa propre guitare, virtuelle, oui, mais totalement ‘Custom Made’, pour ensuite la “charger” dans une des mémoires de la Variax.
Des accordages alternatifs sont également possibles (open E, open G, DADGAD, drop D, etc ...), que l’on peut d’ailleurs aussi “charger” dans la Variax. Imaginez que vous deviez assurer un spectacle où vous devez jouer quelques morceaux en accordage normal, mais d’autres doivent être joués en Drop D, ensuite un autre où toutes les cordes doivent être baissées d’un demi-ton, un autre encore qui doit être joué en slide avec l’open de sol, etc ... Dans le passé, pour ce genre de performance, il fallait plusieurs guitares et un ‘roadie’ sur qui on pouvait compter. Maintenant, grâce au WorkBench, on peut se contenter d’une seule guitare, la Variax!
J’en aurais presque oublié le RiffTracker et le GuitarPort. Ce duo forme un ensemble de softwares particulièrement étendu avec lequel on peut enregistrer ses idées quand on veut composer un nouveau morceau. En ouvrant RiffWorks, le software du GuitarPort est également activé, il reste actif (en arrière-plan) par la suite. RiffWorks est un programme super-convivial d’enregistrement. Un ‘instant drummer’ donne le rythme; il faut juste jouer et s’enregistrer. On règle le son via la fenêtre dédicacée au GuitarPort, et une fois que votre partie de guitare (ou de basse) est enregistrée, on peut la mixer.
Un morceau s’enregistre par petites sections. Par exemple, d’abord l’intro, puis le couplet, le refrain, le “pont”, le solo et la finale. Par la suite, on peut déplacer à l’envi toutes ces sections à l’intérieur de la structure du morceau, pour arriver par exemple à: intro, couplet, refrain, couplet, refrain, “pont”, solo, refrain, finale. En d’autres mots, il vous est loisible d’adapter la structure du morceau comme bon vous semble. RiffWorks jouera le tout dans l’ordre que vous aurez choisi.

Notice d’emploi
Depuis quelques temps, la plupart d’entre nous connaissent le style nerveux et teinté d’humour des notices d’emploi de Line6, et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Mais en fait, je n’en ai vraiment pas eu besoin, que ce soit pour travailler avec le hard ou le soft. Pour quelqu’un qui a déjà travaillé avec ce genre de matériel, tout va de soi. Quant aux autres, ils disposent de toute l’information nécessaire.

Accessoires/Options
Que ce soit le RiffWorks ou le WorkBench, ce sont des options en soi. Le WorkBench n’est pas destiné à connaître un développement plus poussé (Line6 propose d’ailleurs gratuitement un téléchargement pour les détenteurs d’un PODxt Live). Par contre, RiffWorks intègre un “batteur” pour lequel on peut télécharger 6 modules aux styles différents en les payant chacun 9,99 US dollars.

Image
Bien que la firme Line6 ne soit née qu’en 1996, elle est arrivée déjà plusieurs fois à étonner (et c’est un doux euphémisme!) l’industrie musicale, et elle continue dans ce sens. Actuellement, le moins que l’on puisse dire est que cette marque ne manque pas de popularité.

CONSTRUCTION & CONNEXIONS
Le WorkBench est avant tout un software, mais dans l’emballage, on trouve également une petite interface USB avec son câblage. Elle a à peine la taille de deux boîtes d’allumettes, et elle n’a que deux connexions: une USB pour aller vers l’ordinateur, et une destinée au courant, pour pouvoir brancher la guitare. Il n’y a sans doute pas grand’ chose à voir, mais c’est en tout cas suffisant pour effectuer le travail prévu. Avec le RiffTracker, il y a un GuitarPort. Ici aussi, il s’agit d’un petit objet très simple, avec un gros bouton de volume et quelques connexions. A l’avant, on trouve (et comment pourrait-il en être autrement?) une entrée pour la guitare. A l’arrière, on a placé la connexion pour le câble USB par lequel le GuitarPort est relié à l’ordinateur. On trouve aussi des connexions pour un casque, une entrée ligne (pour un lecteur de CD par exemple), et les connexions gauche et droite pour les haut-parleurs.

UTILISATION
Commençons par la Variax 300 et le WorkBench, car finalement, c’est leur son que nous allons enregistrer plus tard via le RiffTracker. D’abord installer le logiciel, encoder les numéros de série demandés, et on y est. Attention, une connexion Internet est nécessaire pour pouvoir franchir toutes les étapes sans problème. Dans la mémoire de la Variax, il y a déjà d’origine toute une série de simulations de guitares qui ont écrit l’Histoire.
Pensez juste à la Gibson ES 335, à la Gretsch 6120, à la Fender Thinline Tele de 1968 ou à la Martin D28, pour n’en citer que quelques-unes. Via un ordinateur, le WorkBench permet de combiner ces modèles entre eux absolument comme on le veut. Par exemple, on peut commencer par choisir le corps d’une ES 335, avec au manche le micro de la Gretsch 6120 et au chevalet, un micro P90 comme celui de la Gibson LP custom Goldtop de 1952.
Exécuter ces opérations est un jeu d’enfant. Tout va vraiment de soi et il suffit de “jouer” un peu avec le programme en guise d’apprentissage. Il y a juste la procédure d’enregistrement des modèles vers la guitare qui demande un peu plus d’attention, parce qu’on travaille avec deux interfaces (traduisez deux “fenêtres”) en même temps, mais finalement, tout cela se passe sans trop de peine. Les possibilités supplémentaires offertes à la Variax grâce au WorkBench valent vraiment la peine.
Tout le monde ne verra peut être pas l’intérêt de créer soi-même des modélisations de guitares puis de les “charger” dans la Variax. Tandis qu’un guitariste trouvera absolument génial de pouvoir produire lui-même de nouveaux sons, un autre trouvera cela totalement inutile. Il ne faut pas oublier que l’on peut aussi accorder “virtuellement” la guitare d’une autre façon. Déjà rien que cela pourrait justifier l’acquisition du WorkBench.
Et le RiffTracker, alors? Eh bien lui, il se compose du software d’enregistrement dénommé RiffWorks, et du GuitarPort, un “petit bout” de hardware. En fait, ce dernier a son propre software, que l’on peut utiliser indépendamment du software d’enregistrement de RiffTracks. Lorsqu’on fait démarrer GuitarPort sur son ordinateur, on a droit à une fenêtre de cette interface, où l’on voit les amplis qui sont simulés par la partie hardware.
Par un simple clic de souris, on peut donc choisir entre un Mesa Boogie Dual Rectifier, un Marshall JTM 45, un Fender Bassmann et encore beaucoup d’autres. Si on n’est pas satisfait par le son des haut-parleurs choisis, on peut également en choisir d’autres. Donc, on peut facilement faire passer le son d’un Dual Rectifier par l’enceinte 1 x 12” d’un Fender Blues Deluxe. Ensuite, on peut aussi choisir entre une foule d’effets, que ce soit des pédales ou des effets que l’on s’attend à trouver plutôt en studio.
De plus, un lecteur MP3 est également prévu via lequel vous pouvez jouer vos MP3 favoris, et même en modifier le tempo. Le son du MP3 est donc produit en même temps que votre son de guitare et tous deux sont mélangés dans les mêmes haut-parleurs. On peut aussi jouer le son d’une partie d’un morceau en boucle. J’oublie un truc? Ah oui, dans le software du GuitarPort, il y a aussi un accordeur, un métronome et une fenêtre ‘on line’. Pour les deux premiers, personne ne posera sans doute de questions, mais je suppose que la plupart d’entre vous ne comprendront pas directement ce qu’est vraiment une fenêtre ‘on line’.
En quelques clics de souris, on peut devenir membre de “GuitarPort On Line”, et ce, gratuitement pendant 30 jours. Après ces 30 jours, on doit payer quelque chose, mais ce n’est pas trop cher (environ 6 euros par mois). Les membres de “GuitarPort On Line” ont accès à un grand nombre de leçons, de ‘licks’, de nouvelles (sur les guitaristes, évidemment), des pistes d’enregistrement, des chansons, etc ... et tout ce la peut être joué dans la fenêtre dédiée à GuitarPort. Par exemple, vous pourrez jouer “Back in Black” de AC/DC, soutenu par un accompagnement enregistré par des professionnels, tablatures et partitions à l’appui.
Passons maintenant à RiffWorks, car c’est grâce à lui que nous allons enregistrer notre hit planétaire! J’en ai déjà parlé, ce programme fonctionne suivant le principe des ‘parts’, et avec ces ‘parts’, on fabrique un ‘song’. On peut également se servir facilement de ce programme, sans avoir la notice d’emploi à proximité. Un clic sur ‘drummer’, un autre sur ‘play’, puis on choisit le ‘pattern’ rythmique désiré. Grâce à ‘variation’ et ‘intensity’, on dispose d’énormément de possibilités. Après un certain temps, on aura sans doute envie de télécharger des ‘patterns’ supplémentaires, et ils ne sont pas vraiment bon marché.
Une fois que la piste de batterie existe pour cette partie du morceau, on peut passer à la basse. A cette fin, on a le choix entre une “vraie” guitare basse que l’on branche sur le GuitarPort, ou alors, on passe par le WorkBench et la Variax que l’on accorde une octave plus bas. OK, la partie de basse est finie? Alors, il est temps d’en venir à notre (forcément!) fantastique partie de guitare. Il faut régler le GuitarPort sur la sonorité désirée, ce qui peut se faire dans la fenêtre de RiffWorks, appuyer sur ‘play’ et ‘record’ et jouer, tout simplement. Et s’il faut encore ajouter un peu de compression et d’égalisation sur la piste de guitare? Pas de problème, on trouve tout cela dans RiffWorks. Bien sûr, ce n’est peut être pas un studio d’enregistrement à part entière, mais on peut déjà aller très loin, et on n’a pas besoin d’être un crack pour s’en servir. Et en plus, c’est particulièrement amusant.

BUDGET
L’ensemble GuitarPort / RiffTracker coûte 249 euros TVA comprise et le WorkBench, 114 euros TVA comprise (prix bruts conseillés). Pour ceux qui possèdent déjà un Guitarport ou une PODxt (live), ils trouveront le programme RiffWorks sur le site www.line6.com . Ceux qui possèdent déjà un Guitarport ou une PODxt y paieront 99,99 US dollars. Qui oserait soutenir que c’est cher?

CONCLUSION
Environ 360 euros pour toutes ces “douceurs”: on a là un outil d’enregistrement complet avec lequel on peut enregistrer tous les sons de guitare imaginables ... et même ceux qui sont inimaginables! Le RiffTracker donne des résultats parfaits également via utilisation d’une guitare “normale”, et le WorkBench proprement dit est à conseiller à tout qui a ou veut acheter une Variax. C’est vraiment dommage que je doive déjà rendre un jouet si amusant à St Nicolas...
Rifftracker
PROCONTRA
  • Facilité d’emploi
  • Concept des ‘songparts’
  • Section ‘on line’ via GuitarPort
  • Partenaire idéal pour s’exercer
  • On paie très cher les possibilités supplémentaires de batterie
  • Workbench
    PROCONTRA
  • Possibilités infinies
  • Accordages alternatifs
  • Facilité d’emploi
  • Le fait d’avoir deux fenêtres peut prêter à confusion