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Meet Music Magazine review: JTS SIEM-101
       JTS SIEM-101
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.224 - Août 2007 ]
On connaît tous le problème des retours de scène: cela ne va jamais assez fort pour les musiciens et c’est toujours trop fort pour l’ingé son façade. De fait, plus la scène joue fort, plus le son façade devient délicat à régler. C’est parfois mission impossible. Les “in ear” ou “système d’écouteurs sans fil” sont dans ce cas une bonne solution. Hélas, le budget peut faire hésiter. Pourtant, les choses bougent et les prix suivent une tendance descendante depuis quelques années. A tel point qu’aujourd’hui, le critère financier n’est plus un obstacle. Le système testé aujourd’hui en est la preuve.

PRESENTATION
JTS, d’origine Taïwanaise, propose une gamme de micros de scène, chant ou instruments, ainsi que des systèmes UHF, le tout dans une optique de conception orientée vers la simplicité d’utilisation, et une attention particulière concernant le chapitre “budget”. Le système 101 est un ensemble in ear composé d’un émetteur et d’un récepteur. Un choix de plus de 900 fréquences (! ) en UHF est possible, organisées par groupes de 16 fréquences. Il est donc possible d’utiliser au maximum 16 ensembles simultanément.

DESCRIPTION
Le récepteur se présente sous la forme habituelle d’un boîtier à accrocher à la ceinture beltpack. Le modèle fait onze centimètres de haut sur sept de large avec une épaisseur de deux centimètres et demi environ. Le poids avoisine les trois cents grammes. Le look est plutôt traditionnel et semble à la fois robuste et réussi sur le plan esthétique. Les flancs sont garnis de petits plots caoutchouteux qui assurent une excellente prise en mains. L’antenne est souple et voisine deux potards, suivis d’une prise casque en mini jack. Sur la face, on remarque un écran LCD qui s’illumine de vert quand on allume le boîtier, et trois petits boutons marqués “+”, “-” et “set”. Des écouteurs intra auriculaire sont fournis, avec trois embouts en silicone de trois dimensions différentes, pour que chacun trouve chaussure à son pied (si j’ose dire). L’émetteur fait un demi rack de large, pour une unité de haut. Une antenne rigide vient se fixer à l’arrière, où l’on remarque, outre la prise IEC, deux entrées mixtes jack / XLR ainsi que deux entrées en jack nommées «loop out”, nous y reviendrons. L’avant comporte un grand écran LCD très lisible, un bouton de mise sous/hors tension, deux potards nommés “volume” et “monitor” et trois boutons comme sur l’émetteur nommés “+” , «-» et “set”. Deux prises casques sont fournies. Une en jack traditionnel et une en mini jack, avec deux boutons de volume. Un mot sur la finition et l’aspect, tous les deux excellents.

UTILISATION
Le récepteur doit recevoir deux piles AA de 1,5 pour fonctionner. Le bas se retire et se replace aisément, et l’utilisateur obtient un petit conteneur prévu pour les piles. J’ai voulu y placer des modèles rechargeables, mais cela ne marche pas. On arrive à introduire les piles, mais pas à refermer le couvercle. Pis: j’ai eu du mal à récupérer mes batteries rechargeables, et cela s’est terminé au tournevis. En fait les piles “normales” sont d’un diamètre un rien plus étroit que les piles rechargeables. Ceci explique cela. Autant j’ai bataillé avec les premières, autant c’est aisé avec les secondes. Une fois qu’on sait, c’est simple. La connexion des écouteurs se fait sans problèmes. On tourne le bouton et miracle: cela s’allume (whou!). Idem pour le récepteur. Petite astuce: pour éteindre ce dernier, il faut laisser quelques secondes le doigt sur l’interrupteur. Bien vu: on évite les accidents. Revenons à l’émetteur. Un encodeur rotatif (un potard, quoi!) permet de doser le niveau sonore, le second ajuste la balance entre gauche et droite. Un long appui sur la touche “set” permet d’accéder au menu où l’on peut naviguer entre les différents paramètres comme le groupe ou le canal, la stéréo ou la mono, le verrouillage des touches (la fonction: “touche pas à ça, petit con”), le “boost” des fréquences hautes, le limiteur, etc. On peut également y décider du temps d’allumage de l’écran LCD. En effet, cela consomme un peu d’énergie, et il faut donc l’économiser. Un témoin de charge est lisible sur l’écran LCD. D’après le constructeur, on peut envisager douze heures d’utilisation avec un jeu de piles, mais tout dépendra bien entendu du niveau sonore demandé. Sur l’émetteur, on retrouve les mêmes fonctions que sur le récepteur: simple et très intuitif. Le mode d’emploi est utile pour les finesses, mais je dois avouer que même sans on trouve aisément pour peu qu’on ait déjà manipulé ce type d’appareil auparavant. Le JTS peut travailler en vraie stéréo, en double mono (deux mixes différents à gauche et à droite) ou en simple mono. Les connecteurs “loop” dont j’ai parlé plus haut servent à sortir de l’émetteur pour entrer dans un autre, de manière à connecter plusieurs émetteurs qui recevront le même signal. Ou encore, d’un côté un mix “individuel” et de l’autre le mixage global. On le voit, tout a été pensé pour une utilisation aisée et qui tient compte de la réalité du terrain, ce qui est un gage de qualité.

SONORITE
Ceux qui n’ont jamais porté d’oreillettes risquent d’être surpris lors de la première utilisation. En effet, les écouteurs jouent également le rôle d’isolant, comme des bouchons. C’est d’ailleurs pour cela que les ingés son compétents placent des micros orientés vers les spectateurs, de manière à ce que les musiciens ne soient pas déconnectés du public. Le niveau sonore généré par le JTS est plus que suffisant, il y a moyen de bien s’exploser l’oreille si on le souhaite. Pour éviter cela, le limiteur intégré peut bien entendu être activé. Si vous voulez plus, c’est bien entendu possible, mais le constructeur rappelle très justement qu’être exposé longuement à des niveaux sonores élevés peut conduire à des dommages irréversibles. Mais pourquoi utiliser des “in ear”, au fait? Imaginons que votre voisin de scène souhaite beaucoup de basse et pas de voix dans son “bain de pieds” et que vous, à un mètre de lui vouliez justement le contraire. Il y a fort à parier que très rapidement, votre groupe n’aura même plus besoin d’aller en studio pour splitter. Avec des “in ear”, chacun n’entend que ce qu’il veut, sans polluer les autres. La fonction d’amplification des hautes fréquences améliore l’intelligibilité. Pour le grave, ce que l’on obtient est conforme à ce qu’on est à droit d’attendre d’un système tel que celui-ci: suffisant pour la majorité, et insuffisant pour un bassiste normalement constitué, qui va trouver que cela ne vibre pas comme avec un gros ampli 4 x 8956 watts “qui rend bien le grave”. Bon, c’est vrai. Mais songez au gain apporté par des “in ear”: un son tellement plus propre en façade, et une meilleure écoute individuelle. Ceci vaut bien quelques concessions, non? Et les bassistes peuvent toujours faire visser un moteur sous leur podium, de manière à ressentir les “good vibrations”. Le système présenté ici est en tout cas irréprochable, et c’est d’autant plus remarquable à la lecture du chapitre suivant.

BUDGET
699,00 euros (prix brut conseillé TVA incluse). Voilà la somme qu’il vous faudra débourser pour ce système “in ear” de JTS. Compte tenu des qualités énumérées plus haut, ce n’est certes pas indécent. D’autant que quand on compare avec un ensemble traditionnel, bien plus lourd à transporter et à mettre en œuvre, l’avantage est nettement en faveur du JTS. Le chapitre budget ne sera donc pas un obstacle pour se passer d’écouteurs.

CONCLUSIONS
J’avoue que quand on l’a annoncé que JTS était une marque “Made in Taiwan” j’avais quelques appréhensions. Mal m’en a pris: les à priori sont stupides, quelle que soit la matière envisagée. En effet, la qualité de fabrication, la convivialité de l’interface et les performances sonores, combinées à un prix raisonnable, font de ce JTS un modèle à prendre en compte. Que dire de plus? Jugez par vous-mêmes: vous ne serez pas déçus.

PROCONTRA
  • Prix écrasé
  • Modèle bien pensé
  • Aspect robuste
  • N’accepte pas les piles rechargeables