La série RG d’Ibanez n’est pas une nouveauté. Il s’agit d’un de leurs modèles de guitare les plus vendus, une de leurs séries qui tient la route depuis le plus longtemps. La RG est à Ibanez un peu ce que la Stratocaster est à Fender: la guitare est disponible en beaucoup de versions ayant chacune leurs caractéristiques. Le choix dans les options est tellement vaste que chacun peut trouver chaussure à son pied. A présent, cette gamme est de nouveau élargie avec ce dernier rejeton: la RGA121. La RGA est un prolongement de la série traditionnelle des RG. Mais comme l’indique le A de RGA, on introduit dans la gamme des modèles à table cintrée (Archtop en anglais).
GENERAL
Concept
Comme cela a été dit ci-dessus, on prend un de ses meilleurs “vendeurs”, dans ce cas-ci le modèle RG, on y inclut quelques adaptations, on y accentue certaines caractéristiques, et de cette manière, on touche un public encore plus large. La RG121 est estampillée du label “Prestige”, ce qui devrait suffire à nous convaincre qu’on peut s’attendre à un produit de qualité.
Accessoires/Options
Le coffre livré avec la guitare est un belle pièce: construit sur mesure, soigneusement doublé, et pourvu d’un petit compartiment où l’on peut ranger des médiators, des câbles et d’autres petits accessoires. Une notice d’emploi très complète est aussi de la partie, ainsi que quelques petits outils pour régler la guitare.
Image de marque
Si nous devons encore présenter Ibanez, c’est que vous êtes sûrement en train de lire la “mauvaise” partie de ce magazine. Au niveau des guitares de rock, cette firme est un des tout grands noms au monde. C’est un des rares constructeurs qui ont survécu à la période “spandex et coiffure de caniche” qui ont marqué les années ‘80. Et, avouez-le, pour en sortir, il fallait être bon ...
Finition
Quand on sort la RGA121 de son coffre, ce qui frappe en premier, c’est la finition totalement naturelle. Ce n’est pas un choix fréquent chez Ibanez. Tout semble parfaitement en place, et la manière dont est construite la guitare fait aussi forte impression. Lorsqu’on inspecte la face arrière de la guitare, on voit que là aussi, une finition naturelle à 100 % a été choisie. La bande en noyer (“walnut stripe” en anglais) dans le manche ressort joliment, et la jonction entre manche et corps fait déjà bonne impression avant même qu’on ait joué sur la guitare.
Garantie
Un an de garantie suivant les conditions connues et en vigueur partout.
CONSTRUCTION
Tête et manche
Déjà la tête est typique de Ibanez, avec son design aérodynamique des plus reconnaissables. Le manche, baptisé “Prestige”, est une pièce laminée en trois couches avec une “walnut stripe”. Cette bande en noyer ressemble un peu à la “skunk stripe” que l’on trouve sur certaines Stratocasters. Le choix des différentes parties de ce manche est un peu malheureux: une partie est un peu “flammée”, une autre est totalement unie, et la dernière a des nervures très visibles. Bien entendu, une machine n’a pas d’yeux. Les dimensions du manche sont typiques d’une Ibanez: on est en présence d’un manche assez fin, qui est assez large pour donner suffisamment de place aux doigts lors de solos supersoniques. Le résultat est un profil en D bien marqué.
Touche
La touche en palissandre est le réceptacle des 24 frettes “jumbo”. Les incrustations en forme de points sont petites, vraisemblablement pour ne pas détourner le caractère naturel de la guitare. Et quand on pense à 24 frettes, on se pose immédiatement la question de savoir si on arrive facilement à jouer dans les positions les plus hautes. La réponse, c’est oui, et ce, avant tout grâce à la liaison ergonomique entre le manche et le corps. Le talon du manche est raboté pour procurer un confort maximal. Tenant compte du fait que l’on ne reste jamais une éternité à la 24ème case, nous pouvons dire que tout va bien dans ce secteur.
Corps
Le corps est également fait en bois laminé, mais cette fois, les couches sont au nombre de deux. La partie du dessous est constituée par un solide bloc d’acajou, et c’est sur lui que vient se poser la partie supérieure, une feuille d’érable cintrée de 16 mm. Il ne s’agit pas vraiment d’une table “flammée”, mais plutôt d’une pièce de bois “normale” avec des nervures clairement visibles. La guitare toute entière a pour finition une couche de vernis extrêmement fine, et en fait, jusqu’à présent, c’est le seul point sur lequel je me pose des questions. De semblables finitions sont monnaie courante sur des guitares acoustiques ou semi-acoustiques. Je me demande vraiment si une guitare qui est destinée à un style de jeu plus agressif (car elle est et reste une guitare faite pour le rock et le métal) n’aurait pas intérêt à avoir une couche de vernis plus épaisse. A contrario, on peut parfaitement suivre Ibanez dans son raisonnement qui est de dire que plus la couche de vernis est fine, plus le caractère naturel de l’érable reste intact, que ce soit au niveau visuel ou au niveau sonore.
ACCASTILLAGE & ELECTRONIQUE
Mécaniques
Un seul mot: ce sont des tuners Gotoh ... OK, il y a deux variétés, mais on sait qu’il s’agit de qualité.
Chevalet
Comme cela a déjà été dit, la série RGA est destinée aux guitaristes qui veulent un chevalet sans tremolo. Dans le cas présent, il s’agit d’un chevalet “Gibraltar Plus”. Ce chevalet donne une grande impression de solidité, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce chevalet Gibraltar se distingue des autres chevalet “standards” dans la mesure où il a des encoches plus profondes pour mieux s’adapter à des cordes à plus fort tirant (surtout dans le registre grave), et c’est le genre de choses que les amateurs de Nu-metal auront à cœur d’apprécier. S’accorder plus bas ne posera donc aucun problème à la RGA121.
CONFORT DE JEU
Ergonomie
Etant donné le fait que Ibanez a déjà beaucoup d’expérience vis à vis de ces modèles, ce n’est pas une surprise de voir que tout va bien au niveau de l’ergonomie et du confort de jeu. Pas de particularités à signaler, mais certainement pas non plus de points négatifs.
Action
Ici, on continue sur notre lancée. L’action est réglée à une hauteur moyenne, et nulle part il n’y a la moindre trace de corde qui “touche”. L’action peut d’ailleurs être réglée encore plus bas si on le désire, mais, en ce qui me concerne, le présent réglage représente l’équilibre parfait entre une action “rapide” et une action qui permet des bends et des vibratos rapides. La largeur et l’épaisseur du manche invitent presque instantanément à essayer tous les trucs un peu “flashy”, et la guitare est capable de faire a peu près tout ce qui passe par la tête. Même du tapping à deux mains à la Stanley Jordan (si vous ne le connaissez pas, vous avez intérêt à ce que cela change!) ne pose aucun problème en raison de la présence des frettes “jumbo”. Toutes les notes “s’échappent” littéralement de la guitare sans que l’on ait à se donner beaucoup de peine.
QUALITES SONORES
Couleur
Dès que la RGA est branchée, comme on s’y attendait, les médiums sont directement présents. Les options de l’interrupteur sont certainement suffisantes pour obtenir un large sceptre de sonorités. Ce sont avant tout les positions hors-phase qui se marient très bien avec des effets clean comme du chorus, du tremolo ou de la compression. Une fois que nous passons aux pédales de distorsion, la RGA continue à sortir son épingle du jeu. Le point fort de la guitare se situe clairement dans le genre heavy rock, car les sonorités bluesy ne sont pas vraiment convaincantes. La couleur sonore générale est bonne, mais elle manque un petit peu de caractère. Pour avoir mieux, il faut sans doute se tourner vers les modèles (plus chers) équipés de micros Di Marzio. A noter aussi que le humbucker du chevalet semblait légèrement hors du coup (son volume était trop faible), mais cela s’est vite arrangé en réglant le micro un peu plus haut.
Réponse
Ici, nous pouvons aller un peu plus loin dans le même sens: tout est certainement OK, mais le “plafond” me paraît quand même un peu bas pour que l’on puisse vraiment parler d’une réponse de “top niveau”. Mais ici, même remarque: si vous avez un budget un peu plus confortable, regardez aussi les modèles à micros Di Marzio.
BUDGET
La RGA121 sera vôtre pour 999 euros (prix brut conseillé). Sur pratiquement tous les plans, la prestation est bonne, surtout en gardant le prix en mémoire: je n’ai trouvé aucune faiblesse vraiment spectaculaire. Si un aspect devait être mis en évidence, ce serait sans contestation possible être le confort de jeu. L’image de la guitare est certainement aussi un point fort, et il est agréable de voir que Ibanez ose renoncer à ses finitions assez “spéciales” (on se souvient encore du modèle “Vai” où l’on avait “vraiment” mélangé de l’ADN de Vai dans la finition).
CONCLUSION
Cette RGA est destinée à ceux qui apprécient la marque Ibanez et qui cherchent une guitare rock avec un chevalet sans tremolo. On est parvenu, chez Ibanez, à construire un instrument très convenable, avec une image tout en beauté et d’une classe folle. La minceur de la couche de laque reste un problème en ce qui me concerne, mais à par cela, il y a très peu de reproches à faire à cette guitare. Et pour celui qui est vraiment intéressé par l’emploi de l’instrument, mais qui voudrait que ses accessoires soient d’un niveau supérieur, il existe aussi la RGA321F, une version plus élitiste de la RGA121.
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