Meet Music Magazine review: Lexicon Alpha, Lambda & Omega
Lexicon Alpha, Lambda & Omega
[ Auteur: Roger Roland ] [ Edition: Nr.216 - Decembre 2006 ]
Il est des marques qui sentent la légende. Longtemps, un studio ne pouvait décemment ouvrir ses portes s’il ne possédait pas en son sein (au moins) une reverb Lexicon. La marque américaine est devenue synonyme de “reverb de qualité”. Mais le temps a passé et si Lexicon propose toujours du très haut de gamme en matière de reverb, l’offre s’est élargie et de nombreux multi effets sont maintenant disponibles, dans une large gamme de prix. Et de plus, Lexicon propose également des interfaces audio pour stations de travail numériques. Je reçois pas moins de trois modèles à tester pour vous.
PRESENTATION
Les trois produits ont bien entendu des points communs, et des différences (quel intérêt de proposer trois modèles, sans cela?) qui font que chaque utilisateur pourra choisir la configuration qui correspondra le mieux à ses besoins. Pour les trois modèles il s’agit d’une interface audionumérique destinée à se brancher sur un PC ou un Mac, et accompagnée d’un logiciel permettant de passer de suite à l’action (Cubase LE). Un plug in de reverb Lexicon Pantheon est également fourni. Dans tous les cas le fabricant met l’accent sur la simplicité d’emploi. Et la famille se divise en trois frères: le petit, le moyen et le grand. Le 24 bit est de mise dans toute la famille, et au niveau fréquences d’échantillonnage, on peut travailler en 44,1 ou 48 kHz.
DESCRIPTION
Débutons par le petit frère: l’Alpha. Il s’agit donc du modèle le plus abordable. Le boîtier est bleu foncé avec la face argentée. Look sobre et réussi. Au niveau dimensions, c’est un demi rack de large. Et un demi de long aussi, car l’Alpha est carré. Le poids est de quatre cent nonante grammes. On découvre à l’avant une entrée instrument en jack et une sortie casque en mini jack. Quatre potards permettent de régler les niveaux d’entrée, de mix et de sortie et un bouton central permet de choisir le monitoring en mono ou en stéréo. Les deux premiers boutons sont des réglages de gain doublés d’une led rouge signalant la présence de signal écrêté. Une autre led bleue signale que l’Alpha est bien connecté à votre ordinateur via le câble USB fourni. Celui-ci est de bonne longueur: trois mètres. A l’arrière on trouve outre le connecteur USB deux entrées et sorties de niveau ligne en jeck et une entrée micro en XLR. La sortie jack est doublée en RCA (cinch). Aucun interrupteur de mise sous/hors tension n’est prévu.
Passons au modèle intermédiaire: le Lambda. Le look change un peu, en restant dans les mêmes coloris. Mais le Lambda se pose verticalement, ce qui est plus original. Au niveau dimensions, on pourrait penser qu’il s’agit de deux Alpha collés côte à côte. La face comporte les mêmes prises casque et instrument que son petit frère, mais ici deux potards de plus font leur apparition, pour porter le nombre total à six. Les gains sont maintenant séparés pour les deux micros et les deux entrées lignes. Les leds témoins sont identiques, avec un témoin “48 volts” en plus. Les switches “monitors” mono ou stéréo sont au nombre de deux. A l’arrière bien entendu on rencontre des connecteurs en plus grand nombre. Deux entrées micros en XLR, deux entrées “ligne” en jack et deux points d’insertion en jack TRS. Les deux sorties sont en jack uniquement. On trouve un petit bouton nommé “48 volts” pour l’alim fantôme, et une entrée et sortie MIDI. Un câble USB de trois mètres est également fourni.
Au tour du grand frère maintenant: le Lexicon Omega. Au niveau look, il ressemble au Lambda qui aurait quelque peu grandi. La face est cette fois occupée par huit potards: six gains (deux micros et quatre lignes), un monitor mix et un niveau de sortie. L’entrée instrument est conservée en jack, et le casque se branchera ici en jack normal. Un minuscule ledmètre à quatre segments fait son apparition, plus une assignation pour le S/PDIF. Notons la présence d’une assignation pour les entrées. A l’arrière aussi on monte encore en possibilités. Deux entrées micros avec cette fois deux atténuateurs de 20 dB, deux inserts en jack TRS, un interrupteur d’alim fantôme, quatre entrées jack au niveau “ligne”, deux sorties jack , une entrée/sortie MIDI, et en plus une entrée/sortie en S/PDIF. Pour ce seul modèle Omega un transfo est fourni. Et encore, le long câble USB. J’insiste là-dessus mais combien de fois n’ai-je pas testé des appareils pourvus d’un câble tellement court qu’il était impossible de le poser sur le bureau et de le brancher sur l’ordi en même temps. Une fois pour toutes: l’utilisateur préfère payer un ou deux euros de plus et disposer d’un vrai câble utilisable, plutôt que de devoir retourner au magasin en acheter un plus long.
Je terminerai la description en signalant que les trois modèles semblent robustes et bien construits. Les boîtiers sont en plastique mais ne font pas camelote ou bas de gamme, même pour le plus petit modèle.
UTILISATION
Qui dit interface dit installation. Aucun souci à se faire ici. Tout se fait de la manière la plus conviviale qui soit. Une étiquette est collée sur le connecteur USB signalant qu’il vaut mieux lire le manuel d’installation avant d’utiliser le port USB. En effet, l’utilisateur non averti pourrait penser que l’installation est terminée alors qu’elle ne l’est pas, ou brancher son appareil avant d’installer le logiciel, alors qu’il faut le faire en cours d’installation. Rien de compliqué donc, mais il faut prendre la peine de lire le mode d’emploi. Ceci est vrai pour tout appareil audio, mais encore plus vrai pour tout ce qui est connecté à un ordinateur. Je signale au passage que les modes d’emploi sont à la fois simples et bien conçus. En un mot: accessibles. Nous ne nous en plaindrons pas. Une fois installé, vous aurez une jolie petite icône bleue formant la lettre grecque de votre modèle et qui permet d’accéder au panneau de configuration. Voulez-vous travailler en Asio ou en WDM? La principale difficulté si vous débutez sera de vous familiariser avec le logiciel Cubase. Pour le reste, ces interfaces sont intuitives et intelligemment conçues. Et puis, il faut bien le dire: quand on ouvre le Cubase installé, on obtient de suite la fenêtre de configuration qui permet d’ajuster vos paramètres, et le plug in VST “Lexicon Pantheon” apparaît directement dans la fenêtre par défaut. Je ne vais pas expliquer en détail ce qu’est un plug in VST. Certains le savent déjà. Pour les autres, sachez qu’il est possible d’ajouter à votre logiciel audio favori de petits programmes qui seuls ne savent rien faire, mais intégré à un logiciel qui sait les utiliser, ils élargiront les possibilités de celui-ci. Ceci peut concerner différents effets, comme une réverb par exemple. C’est le cas de cette Lexicon Panthéon qui propose pas moins de trente-cinq programmes de réverbérations rangées dans six catégories: hall, room, plate, chamber, etc. Tout est donc prévu à ce niveau. Il est vrai que venant du spécialiste de la reverb, il eut été frustrant de ne rien se voir proposer à ce niveau. Précisons que les différents paramètres des reverb peuvent êtres modifiés à volonté.
SONORITE
J’entends déjà les esprit chagrin me dire que ces modèles ne travaillent qu’aux fréquences de 44,1 et 48 kHz. Et alors? Votre CD n’est-il pas enregistré en 44,1 kHz? Souvent la conversion finale (car il faut toujours terminer en 44,1 kHz avant de graver un CD) vous fera perdre le bénéfice éventuel du travail en hautes fréquences. J’ai encore dernièrement lu un article où des concepteurs de chez Prism Sound (la marque super haut de gamme en studio qui vend un “simple” convertisseur A/N stéréo à plus de 5000 €, pour vous situer) mettaient clairement en doute le bénéfice de travailler plus haut qu’à la fréquence habituelle des CD, dans la mesure où il faudra reconvertir en plus basse fréquence avant de graver. Donc quelque part les 96 ou 192 kHz sont aussi et surtout un argument de vente. Un avantage objectif par contre est que le temps de latence est réduit. Mais avec les Lexicon qui nous concernent, ce problème est résolu autrement: l’utilisateur dispose d’un “monitor mix” où il peut doser à sa guise le rapport entre le son, direct (sans temps de retard, c’est le son qui entre dans les modules) et le son venant de l’ordinateur (les pistes déjà enregistrées). J’ai travaillé avec un paquet de pistes déjà enregistrées et je n’ai eu aucun problème pour enregistrer en écoutant.
Pour le reste, le modèle le plus avantagé est l’Omega, qui dispose de deux préamplis dbx de la série “Silver”. Ni plus ni moins. Et c’est naturellement ce modèle qui sonne le mieux. Non que les autres sonnent mal, loin de là. Les convertisseurs font du très bon travail (nous sommes en 24 bit), et force est de constater que ce n’est pas sur le plan sonore que ces machines risquent de vous décevoir. Les seules limitations sont le nombre de pistes simultanées qu’il est possible d’enregistrer. Quatre à la fois pour l’Omega et deux pour l’Alpha et le Lambda. Ceci en fait donc clairement des interfaces destinées aux home studios, comme le confirme le chapitre suivant.
BUDGET
A nos calculettes… Le modèle Alpha, soit le “petit modèle” sera à vous pour 199,00 euros. Le moyen modèle, c’est-à-dire le Lambda est vendu à 299,00 euros. Le plus grand, soit l’Omega coûte 399,00 euros (à chaque fois prix brut conseillé hors TVA).
On peut le voir, on reste vraiment dans une gamme de prix extrêmement abordable. Ceux qui veulent débuter en home studio avec ce matériel de qualité ne vont donc pas se ruiner. C’est plutôt une bonne nouvelle, non?
CONCLUSIONS
A prix abordable, Lexicon propose de quoi débuter dans le home studio, ou de poursuivre avec du matériel de qualité. La marque est réputée, le service après vente assuré (l’importateur en Belgique est une référence en ce domaine), l’acheteur sait donc à quoi s’attendre, et ne sera pas déçu. En résumé, on peut donc dire que pour l’argent investi, vous recevrez une interface bien conçue, d’aspect réussi et rendant un son de qualité, sans oublier le plug in de reverb Pantheon. Que demander de plus?