Pas à dire, c’est toujours aussi chouette de recevoir un piano digital en vue d’un test. C’est un peu comme si nous pouvions de commander un nouveau meuble. Quel est donc le principal atout de cet instrument? Va-t-il ouvrir une voie ou se contenter de suivre sagement la tendance? Va-t-il se montrer parfaitement exécuté ou trouverons-nous une vis en trop ou trop peu? Quoi qu’il en soit, après avoir constaté le poids de la boîte de ce DP-970, nous sommes allés directement chercher notre set de tournevis Bob le Bricoleur.
CONCEPT
Le DP-970 se présente comme un piano extrêmement élégant et très attractif. L’instrument est superbe, racé, et offre tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un piano Roland. Et même plus … le monde des leçons musicales interactives est bien servi avec les fonctions offertes par ce bel engin. Je pense par exemple au mode Twin Piano, qui divise le clavier en deux parties égales: ces deux moitiés rendent les sons dans les mêmes octaves à gauche ou à droite. Ce qui est aussi pratique pour un meilleur jeu en duo. En plus de cela, on profite d’une amplification intégrée, de 20 sons (avec notamment un piano samplé en stéréo), reverb/chorus et quelques ‘dynamics’ préprogrammées, un clavier 88 touches “Progressive Hammer Action” avec des marteaux et un enregistreur 2 pistes. Le DP-970 est disponible en cerisier clair (DP-970LC), cerisier moyen (DP-970MC) et noir mat (DP-970BK).
CONNEXIONS ET CONTROLEURS
Comme je viens de le signaler, le DP-970 est équipé d’un clavier 88 touches “Progressive Hammer Action” qui est, sans nul doute, l’ingrédient le plus important de ce meuble. Il n’y a pas d’autres contrôleurs disponibles pour le “jeu”, mais on trouve des commandes pour l’édition des sons ainsi que pour l’enregistrement et la lecture des chansons.
Les connexions se limitent au nécessaire, mais il y a déjà bien plus qu’assez pour un piano numérique: sorties (L/Mono, R), entrées (L/Mono, R), deux prises casque (stéréo) et des connexions MIDI (IN, OUT). Le set de pédales (damper, douce, sostenuto) est connecté avec une prise jack à l’arrière du clavier. L’alimentation électrique passe malheureusement par un adaptateur 9V DC. Mais ce n’est pourtant pas une catastrophe, en fonction de la nature du produit: vous n’allez certainement pas partir en tournée européenne avec un meuble design comme celui-là. Une fois installé, il y a de fortes chances pour qu’il reste un bon moment en place. Dans la boîte, en plus des 47 kg du DP-970, vous trouverez encore un mode d’emploi, un adaptateur, une fiche secteur (pour l’adaptateur) et un crochet pour votre casque audio.
PRATIQUE
On sentait déjà un peu la “sensation Ikea” dans notre introduction et oui, il faut le dire, le montage et l’installation ont exigé toute notre habileté. Ceci dit, le mode d’emploi est très bien fait et très utile. L’enceinte qui contient les haut-parleurs peut être installée de deux manières et donne le meilleur son possible dans toutes les circonstances. Le son peut être envoyé vers le pianiste (pour une utilisation à la maison quand le piano est installé contre un mur) ou dans la direction inverse (quand il est utilisé dans une classe ou dans une situation “concert”).
Quand tout a été installé au bon endroit (avouons-le, nous avons dû tout démonter une fois parce que la connexion de l’enceinte semblait être dans la mauvaise direction), nous n’avons plus pu nous retenir. Le couvercle se tient bien ouvert et il est impossible qu’il retombe sur les doigts du pianiste grâce à un ingénieux système de serrure. Le support partition laisse aussi une superbe impression: tant les matières, la taille et la mécanique montrent que beaucoup de temps ont été consacrés à sa conception et à sa bonne exécution. Les pédales sont faites en plastique et semblent un peu fragiles. Leur réponse est aussi très artificielle.
Venons-en au clavier lui-même. Au premier contact, on perçoit que le clavier n’est pas vraiment “adapté” dans les octaves les plus basses. Dans beaucoup de pianos numériques, on donne un peu plus de résistance aux octaves les plus basses qu’au reste du clavier, pour approcher autant que faire se peut ce qui se passe dans un vrai piano. Ici, ce n’est pas vraiment perceptible, ce qui est peut-être un avantage pour le public des débutants (quoi que?). A moins que l’on ait pensé au jeu dans le mode Twin, ce qui permet aux deux pianistes de bénéficier du même toucher.
Toute une rangée de petits boutons poussoirs permet d’opérer une série de commandes, de sélections et de modifications. Nous allons passer ces commandes en revue, de gauche à droite.
Tout à fait à gauche, on trouve le bouton de volume. De très doux à (très très) fort, le son reste clair et pur. L’amplification et les haut-parleurs vont bien ensemble et la réponse du bouton de volume est rapide et efficace.
A côté, on trouve un bouton ‘demo’ (toujours sympa de pouvoir entendre tout ce qu’un instrument a dans le ventre) et le mode ‘Twin Piano’. Dans cette fonction, il est possible qu’un élève et un professeur, ou tout simplement deux pianistes, s’installent côte à côte et entendent le même son sortir dans les deux parties de clavier, tout en disposant d’une pédale de sustain (la pédale “étouffoir” de gauche reçoit à ce moment la fonction de sustain de la moitié gauche du clavier). Un sérieux atout pour le piano … signalons juste qu’il n’est pas possible dans le mode Twin d’enregistrer les prestations avec l’enregistreur interne. Si nous continuons notre passage en revue, nous tombons sur une led qui s’allume quand un casque est branché. ‘3D’ et ‘Dynamics’ sont deux presets qui veillent au traitement du son. Les deux ne peuvent qu’être mis ‘on’ ou ‘off’ (nous verrons plus loin les possibilités d’édition de ces fonctions) et donnent au son une sensation d’espace supplémentaire (3D) ou une effet assez brutal de compression (dynamics). La ‘brillance’ est le premier bouton qui peut être mis en trois positions. Et on peut visualiser facilement ces positions avec une petite lampe sur le bouton (éteinte, rouge ou verte).
Les trois fonctions suivantes peuvent être rapidement adaptées en gardant le bouton enfoncé. Dans le cas de “Transpose”, on peut régler le nombre de demi-tons (de –6 à +5) en appuyant sur une note. Avec “Split”, on choisit de la même manière l’endroit de coupure du clavier et avec “Reverb”, on règle la profondeur de l’effet via les boutons + et – qui se situent juste au-dessus. Quelle est la différence entre la fonction Split et le mode Twin piano me demandez-vous? Split sert à diviser le clavier en deux parties, mais de manière à attribuer des sons différents à la partie gauche. Vous avez le choix entre basse, basse+cymbale ou strings. La reverb ne trouve pas vraiment toute son expression, en tout cas pas sur ces haut-parleurs. Elle ne se distinguait pas vraiment lors de ce test, mais il s’agit évidemment d’une appréciation personnelle. D’après moi, le fabricant aurait pu mieux faire dans ce domaine.
Avec le bouton Tones vous pouvez choisir entre 5 sons, et chacun d’entre eux peut connaître 3 combinaisons. Parmi les possibilités: Piano (2 sons de pianos classiques, 1 layer+choeur et 1 layer+strings), EP (un son ‘suitcase’, un son FM, un son vibes et un layer+choeur), Harpsi (un classique, un avec une octave au-dessus, un layer+strings et un layer+choeur), Organ (un son doux de flûte avec une octave supérieure, le même son sans cet octave, un son avec une octave vers le bas et un ‘tutti’) et strings (un son de cordes lentes, une voix scat, des cordes plus rapides et un choeur). Vous pouvez trouver facilement les variations en appuyant plusieurs fois sur le bouton du son concerné. Celui reçoit aussi à chaque fois une autre couleur (voir brillance). Les sons de piano sont (de préférence sans reverb) joliment égaux, chauds et bien tranchants. La première variation sur le piano donne en plus un son plus doux (plus buffet) et tout le monde y trouvera donc son compte. Les pianos électriques, strings et clavecins sont un plaisir à jouer et offrent une belle diversité (ce qui est tout de même bien le but dans ce genre d’instrument, non?). Les orgues sont très classiques et sonnent comme un orgue d’église (encore une chouette application qui risque bien d’élargir le groupe-cible). Vous pouvez vous-même combiner les sons en appuyant simultanément sur les deux sons souhaités. La balance entre les deux peut facilement s’adapter en appuyant simultanément sur transpose et split. Pour ce faire, vous n’avez même pas à consulter le (très clair et complet) mode d’emploi: sous les deux boutons, on remarque une indication ‘dual balance’.
Mais poursuivons notre exploration du panneau de commandes. Au centre, on trouve le display qui peut afficher 3 chiffres et 2 points (3 x 7 segments). Ce qui est certainement assez étant donné que chaque bouton profite d’un témoin lumineux et que l’on peut visualiser la situation générale d’un seul coup d’oeil. Les boutons Value (+ et -) ne pouvaient évidemment pas manquer à l’appel et ils servent à modifier la valeur de certains paramètres, comme le tempo ou le type de mesure. Autant d’éléments qui apparaîtront évidemment sur le display. La led rouge ou verte du bouton Song/Tempo indique laquelle des deux fonctions est concernée. La sélection d’une des 66 chansons de la mémoire interne s’opère ici. Et ce bouton permet aussi d’enregistrer des chansons grâce aux touches play/rec/left/right dont l’intitulé indique clairement à quoi elles servent.
Il est possible d’enregistrer et de lire séparément la main gauche et la main droite (c’est aussi le cas pour les chansons de la mémoire interne, ce qui est très pratique pour l’étude). En maintenant le bouton Metronome enfoncé, vous pouvez régler le volume du clic. Et vous choisissez le type de mesure en gardant le bouton song appuyé.
Enfin, avec la touche Key, vous pouvez régler en quatre positions la réponse du clavier
Nous n’avons pas trouvé que l’édition des différents paramètres était vraiment nécessaire. Mais après avoir jeté un œil rapide au mode d’emploi, nous avons appris que grâce à une combinaison des boutons Split et Reverb avec un troisième bouton de variable, on avait accès à une liste complète de possibilités de modification: master tuning, canal midi send, …
BUDGET ET CONCLUSION
Le DP-970 flatte le regard, sans aucun doute. De plus, il est très compact et réellement moderne. La qualité du clavier et du son est toujours une question de goût, mais nous pouvons affirmer qu’il se distingue par ses possibilités d’étude, par son enregistreur et son design. Ce meuble joli, élégant, pratique pour l’étude et qui sonne bien est à vous pour 1724,90 prix de vente hors TVA.
Réaction du fabriquant: Les effets peuvent aussi être édité, ce qui devrait solutioner le problème de reverb à condition d’y prêter attention.
PRO
CONTRA
Design
Mode d’emploi
Effets
Clavier assez léger, aussi bien dans l’aigu que dans le grave