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Meet Music Magazine review: Paul Reed Smith SE EG
       Paul Reed Smith SE EG
[ Auteur: Tim Van Roy ]  [ Edition: Nr.196 - Avril 2005 ]
Paul Reed Smith (que je désignerai dans le reste de l’article sous l’abréviation de PRS) est une de ces marques qui fait rêver chaque guitariste. Le plus souvent, ces guitares dégagent une impression de classe vraiment incroyable, et notamment grâce à des boiseries magnifiques. Cependant, le niveau de prix affiché par ces guitares de fabrication américaine est souvent dissuasif pour le musicien moyen. Mais il y a du changement! Depuis quelques temps, PRS produit également une série baptisée “SE”, dont l’objectif est avant tout de rencontrer les besoins des budgets plus modestes. En bref: ce sont des guitares PRS, mais de fabrication coréenne.

GENERAL
Concept
Comme cela a déjà été dit, on essaie donc, au départ des modèles d’une marque chère et à caractère exclusif, d’alléger les prix de manière à s’intégrer dans un budget. Venant d’une marque réputée comme PRS, on peut espérer qu’ils ne se contentent pas de verser dans la facilité et donc de réussir uniquement leurs objectifs commerciaux, au prix d’un travail à moitié fait.

Accessoires/Options
La SE EG est livrée avec le lot de petits accessoires que l’on est en droit d’attendre: un câble, quelques ressorts de réserve pour le tremolo, et un peu de matériel pour régler la guitare. Toutes ces petites pièces sont emballées (avec la guitare) dans une housse PRS, solide et d’allure moderne. Que demander de plus?

Image
PRS, c’est le sommet, et sans le moindre doute! Reste toujours la question de savoir comment une entreprise va pouvoir maintenir ses normes de qualité et ses engagements une fois qu’elle se met à produire des instruments meilleur marché. Nous pouvons simplement espérer que la marque se fera un point d’honneur à réussir ces modèles.

Finition
Un coup d’oeil suffit pour se rendre à l’évidence: pas de mauvaise surprise de la part de PRS! La guitare bénéficie d’une finition soignée, et tout semble se trouver à sa place, solidement monté. Bien évidemment, les goûts personnels entrent beaucoup en ligne de compte. Personnellement, je trouve la couche intermédiaire du pickguard un tantinet moins réussie. Pour le reste, la guitare est toute noire, cette petite ligne blanche ressort donc assez fort.

CONSTRUCTION
Tête et manche
La tête et le manche sont en acajou. Cela ne se voit pas vraiment, puisque tout l’instrument est laqué d’un noir opaque. L’ingénieuse disposition de la tête PRS reste inchangée. Pour chaque guitare de cette marque, quand les cordes partent du chevalet, c’est en ligne droite vers la tête, sans l’aide de pontets et sans rencontrer le moindre obstacle. Le fait qu’en plus, PRS applique cette technique de pair avec une élégance consommée mérite des applaudissements. Le manche est aussi typique de PRS. La longueur des cordes est entre une Stratocaster et une Les Paul, tandis que le rayon du manche est du pur PRS. On pourrait nommer cette option ‘fat-wide’. Ce terme trahit déjà la direction prise: le manche est relativement large et c’est aussi une pièce de bois assez substantielle. Il ne faut donc pas s’attendre à une “manche de course” à la Ibanez. Le manche est collé au corps, mais il se termine par un talon relativement important. Cela peut un peu compliquer le jeu dans les cases les plus hautes. La raison pour laquelle on choisit chez PRS un tel talon est un mystère pour moi, mais il faut admettre que c’est le cas également sur les modèles américains. Il doit donc y avoir une bonne raison.

Touche
La touche se compose d’une large pièce de palissandre. Il n’y a pas grand’ chose à dire d’autre. Les frettes ont à peu près la largeur des “jumbo”, mais pas la même hauteur. Ils sont un peu plus fins, de sorte que les doigts sont de temps à autre en contact avec le bois. Les incrustations sont originales: si le choix s’est porté sur un standard, les “dots”, il sont présentés de manière à ce que les parties supérieures soient un peu plus foncées que les parties inférieures, ce qui aboutit à ce que l’on appelles les “moon inlays”, les incrustations “imitation lune”.

Corps
Le corps de la guitare est, lui aussi, typique de PRS. La forme générale, les deux cutaways, les emplacements de l’électronique, ... tout, quoi! Le choix de l’acajou est à l’origine d’un certain poids, mais heureusement, on reste quand même éloigné du poids d’une Les Paul. Le corps, comme presque tout le reste de la guitare, est laqué d’une couleur noir-jais.

ACCASTILLAGE & ELECTRONIQUE
Accord
Les clés suivent la tradition, 3 de chaque côté, suivant la bonne habitude de PRS. Si l’on examine la face arrière de la tête, on constate que chaque clé porte fièrement le sceau de PRS. Il s’agit donc de mécaniques réellement conçues par PRS, et donc, ce ne sont pas celles que l’on trouve sur les modèles américains. En lieu et place, PRS a choisi de définir le concept et le design, et de les faire fabriquer en Asie. Il n’y a rien à reprocher à la qualité de ces clés: l’action est très rapide, et la résistance correspond à une norme “moyenne”. Lors de tests extrêmes comportant un usage particulièrement violent de la barre de vibrato, la guitare se désaccorde un petit peu, ce qui est somme toute prévisible. Seul un système Floyd Rose serait capable de résister à un tel traitement!

Chevalet
Le chevalet suit le même principe: c’est un chevalet conçu par PRS. Le tout donne une impression de robustesse. Un petit point de critique: la base du chevalet est bien finie et douce au contact, mais les pontets sont encore assez acérés. Le pontet du mi grave est un peu plus haut que son réceptacle, de sorte que pour beaucoup de musiciens, il sera pénible d’utiliser la paume de la main pour assourdir les cordes. La position de ma main dans ce style de jeu est telle que je n’en ai pas souffert, mais il se peut que d’autres s’appuient constamment avec le côté de la main sur le côté pointu du pontet. Un petit coup de lime sur ces aspérités, et le design en deviendrait parfait. Ce qui saute aussi directement aux yeux, ce sont les réglages très précis de ce modèle. Le chevalet de la SE EG est réglé en position flottante, ce qui signifie que le tremolo peut être utilisé vers le bas comme vers le haut. Le réglage de cette position flottante n’est pas une sinécure, et la plupart du temps, les modèles de série nécessitent un coup de rabot (dans le meilleur des cas!) Mais rien de tout cela ici! Le chevalet est réglé à la perfection!

CONFORT DE JEU
Ergonomie
La balance de la SE EG est parfaite, que ce soit en position assise ou debout. Naturellement, il fallait s’y attendre, étant donné que cette guitare possède la majeure partie des caractéristiques des modèles américains. Et ce sont ces modèles américains qui sont utilisés par des musiciens professionnels dans le monde entier.

Action
Tout comme le chevalet, l’action est réglée de manière très précise. L’option choisie n’est pas une action super-basse, mais plutôt un réglage “médium”. Selon moi, cela est la solution la mieux adaptée aux dimensions “wide-fat” du manche. Une fois que l’on est fait au manche plus large, jouer sur cette guitare est un régal, mais je dois ajouter que certains musiciens rencontreront des problèmes face à ce manche. Si vous avez le sentiment que ce n’est pas “votre truc”, c’est tout simple: cherchez autre chose!

SON
Couleur
La SE EG que l’on m’a remise est vraisemblablement d’un nouveau type, étant donné que sur le site web de PRS, il n’y a encore aucune trace de guitare avec cette combinaison de micros. En principe, une SE EG devrait avoir 3 micros à simple bobinage, alors que ce modèle a 2 simples et un double. C’est un écart par rapport à la configuration à 2 humbuckers, qui se retrouve sur la plupart des guitares PRS. Globalement, les sonorités sont de qualité (en tenant compte du prix), mais régulièrement, je les ai trouvées quelque peu “mi-chair, mi-poisson”. Les simples bobinages m’ont paru assez clairs, mais il leur manquait un peu de corps. Par contre, le humbucker avait une sonorité bien pleine. Cependant, les médiums ne ressortent pas autant que par rapport à ce que donne d’habitude beaucoup de humbuckers. En l’utilisant avec un gain très élevé, la guitare commence à perdre un peu les pédales. Comme cela a déjà été dit, les guitares PRS sont un croisement entre une Stratocaster et une Les Paul, et c’est d’ailleurs ainsi que les sonorités peuvent être décrites au mieux. A essayer vous-même!

Réponse
Tout va bien à ce niveau: qu’on la caresse délicatement ou qu’on mouline à pleins tubes, on a affaire à une “bonne bête” qui peut absolument tout faire! Le manche large est là pour permettre éventuellement les techniques en “fingerstyle”, et on peut même se délecter en laissant durer les bends sans rencontrer trop d’obstacles.

BUDGET
Une PRS pour peu d’argent ... Cela “sonne” un peu bizarre quand on le dit. La SE EG vaut 650 €. Heureusement, PRS a pu s’arranger pour que la qualité de construction et le confort de jeu soient au dessus de la moyenne dans ce créneau de prix. La qualité des sons est bonne, mais à mon avis, ce sont les micros qui sont le maillon le plus faible de la guitare. Avec un set de nouveaux micros, elle pourrait devenir une très bonne guitare pour une somme modeste.

CONCLUSION
PRS a réussi à créer un instrument à budget étudié (selon leurs normes). Ils sont arrivés à résister à la tentation d’ajouter une foule de petits détails destinés à faire ressembler la SE EG à une “vraie” PRS. De cette manière, il sont arrivés à un instrument très basique, qui “fait son boulot” très correctement.

PROCONTRA
  • Prix (pour une PRS!)
  • Excellente qualité de construction
  • Confort de jeu
  • Réglage du chevalet
  • Les micros, un peu faibles
  • Aspérités aux pontets du chevalet
  • Légère résistance des mécaniques