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Meet Music Magazine review: RME Fireface 800
       RME Fireface 800
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.195 - Mars 2005 ]
L’interface audio FireWire la plus puissante jamais réalisée. J’ignore si la société allemande RME vient d’engager un commercial américain, mais cette phrase est imprimée en grand sur le mode d’emploi de la machine que je viens de recevoir. Vantardise ou confiance en soi?En tout cas, une telle affirmation mérite vérification. Qu’en pensez-vous?

PRESENTATION
Le Fireface 800 est un amalgame de plusieurs éléments existants chez RME dans d’autres produits. L’autre nouveauté de cette interface réside dans la technologie FireWire 800 assurant des transferts plus rapides. La Fireface 800 contient quatre préamplis micros, huit entrées/sorties lignes symétriques, deux entrées/sorties Adat, une entrée/sortie S/PDIF, trois prises fireWire et une entrée/sortie MIDI. Cet appareil travail en 24 Bit et peut monter jusqu’à une fréquence de 192 kHz. De plus, il est possible de travailler en “stand alone” sans le raccorder obligatoirement à un ordinateur.

DESCRIPTION
Une unité rack de haut, de couleur bleue bordée d’aluminium, le RME possède un look austère voire discret. Par contre, cela rend une impression de sérieux et de robustesse. La face avant comprend quatre entrées micros en XLR Neutrik, doublées d’une entrée ligne et accompagnées à chaque fois d’un réglage de gain gradué jusqu’à 60 dB. Pas de filtre passe haut ni d’inversion de phase: A l’extrême gauche, on trouve une entrée jack en haute impédance destinée à brancher une basse ou une guitare. Cette entrée est également accompagnée d’un gain. A droite de la machine, on trouve l’interrupteur “Power” ; à sa gauche, une prise casque accompagnée d’un réglage de volume. Un peu plus à gauche encore, se trouve placée une série de leds de contrôle. A l’arrière, c’est Byzance! Outre la prise IEC, on trouve une entrée/sortie MIDI, un port FireWire 400 et deux 800, deux entrées/sorties Adat, une entrée/sortie S/PDIF qui peut aussi travailler en AES/EBU, huit entrées/sorties de niveau ligne en jacks symétriques. Pour terminer, il y a deux connecteurs BNC pour la Wordclock in/out. Une option “Time-code” est proposée mais elle n’était pas présente sur la machine reçue en test. Le Fireface 800 est accompagnée d’un CD d’installation.

UTILISATION
Ce modèle est compatible Mac et PC. L’installation se fait en cinq minutes et le manuel de plus de quatre-vingt pages est très complet mais hélas rédigé uniquement en anglais et en allemand. Il vous faudra configurer l’interface via votre ordinateur. Petite astuce, vos configurations pourront être sauvegardées sur une carte flash interne (non accessible). L’entrée haute impédance dispose d’un soft-limiter ainsi que d’une simulation de haut-parleur. Si vous avez besoin d’alimentation fantôme 48 Volts sur les entrées micros, il vous faudra l’activer sur votre écran via la boîte de dialogue. L’utilisateur dispose en même temps de cinquante-six entrées/sorties simultanées pour autant qu’il travaille à une fréquence d’échantillonnage de 48 kHz maximum. En effet, si on veut passer en 88 ou 96 kHz, chaque entrée ou sortie Adat ne transporte plus que quatre pistes (S-MUX). Il est possible de connecter trois appareils en même temps sur un seul ordinateur. Dans ce cas, il est indispensable d’utiliser le FireWire 800 vu l’augmentation de débit occasionnée. Si un seul RME est utilisé, le FireWire 400 suffira. Du côté de la Wordclock, le Fireface 800 est équipé de la SteadyClock RME qui peut servir de référence synchro pour tout le studio, sauf si vopus préférez utiliser une wordclock externe. La carte Time Code optionnelle permet de gérer le LTC et la synchro vidéo. Le temps de latence, toujours critique en MAO, est ici ramené à sa plus simple expression au moyen du direct monitoring. En effet, vous pouvez entendre directement ce que vous enregistrez, via la sortie moniteur, avant que votre signal ne soit envoyé dans l’ordinateur. Huit presets d’origine sont stockés dans le TotalMix et restent accessibles en permanence, en plus de ceux que vous pourrez configurer. Si vous souhaitez utiliser le Fireface sans le raccorder à un ordinateur, vous pourrez l’utiliser pour ses préamplis et convertisseurs de haute qualité. Attention, dans ce cas, la configuration devra être faite préalablement via votre ordinateur. On peut dire que l’appareil possède les défauts de ses qualités: il permet beaucoup de choses, mais peut sembler relativement complexe à ceux qui ne sont guère habitués à utiliser leur ordinateur pour enregistrer de l’audio. Le mode d’emploi est heureusement très détaillé et la carte flash intégrée permet de sauver aisément vos configurations, je le répète. L’accompagnement logiciel se divise en quatre parties. La première que nous avons évoquée se nomme “settings”, soit un panneau de configuration qui se divise en trois pages, la troisième donnant principalement des infos sur la version firmware utilisée. La première page est dédiée à la connectique de l’interface. L’utilisateur pourra ici configurer l’assignation des différents signaux analogiques et numériques, l’alim fantôme, les niveaux d’entrée et de sortie, la synchronisation de l’horloge etc. La page suivante intéressera sans doute les gens travaillant dans l’image: l’utilisateur pourra ici changer la fréquence d’échantillonnage librement, en continu sans devoir se limiter aux fréquences habituellement proposées. Très utile lorsqu’on doit changer de format d’image. La seconde partie logicielle se nomme “Matrix”. Encore du cinéma? Non, ici il s’agit simplement d’assigner sous forme d’une matrice les entrées et sorties. C’est un simple tableau avec en abscisse et en ordonnée les entrées et sorties. On clique et en un clin d’œil les opérations de routing les plus complexes sont réalisées. Pour ceux qui connaissent, cela ressemble à s’y méprendre à ce qui est fourni avec le modèle Hammerfall du même constructeur. Troisième partie: la table de mixage virtuelle nommée “total mix”. Celle-ci gère entrées/sorties et monitoring. Avec pour chaque atténuateur de voie (fader) un Mute, un Solo et un réglage panoramique. Pour vous donner une idée de la puissance de cette console virtuelle, il est possible d’utiliser jusqu’à quatorze sous-groupes en stéréo. Le dernier programme se nomme Digicheck et se compose d’outils intéressants comme un Vu-mètre virtuel, un analyseur de spectre et de phase. Une aide supplémentaire concerne l’analyse des signaux numériques, de la clock etc. Le genre d’aide dont on ne peut se passer une fois qu’on l’a utilisée.

SONORITE
Les préamplis sont identiques à ceux que l’on trouve sur les RME QuadMic et Octamic que nous avons déjà testés (voir MMM n°190). Inutile donc d’y revenir en détail. Nous ne pouvons que répéter ce que nous avions dit à l’époque: le son est limpide, sans parasite ou bruit de fond d’aucune sorte, et les nuances sont rendues avec fidélité. Qu’il s’agisse de voix, de basse, de guitare ou de batterie, l’utilisateur sera enchanté de la sonorité de cette machine. J’ajoute qu’ici, l’entrée instrument avec simulation de HP est un “plus”, même si la qualité de simulation n’est pas la plus parfaite que j’aie entendue, cela dépannera dans bien des cas. Les convertisseurs sont de qualité pro, et d’ailleurs il suffit de faire un seul enregistrement pour se rendre immédiatement compte qu’on joue ici dans une division supérieure. C’est peut-être secondaire, mais j’ai trouvé le son de la sortie casque de très bonne qualité: du volume à souhait, et une clarté sonore bien agréable quand on doit s’entendre lorsqu’on enregistre. Sur ce chapitre, je ne peux que donner de bons points.

BUDGET
Ce merveilleux joujou sera vôtre pour la somme de 1174,79 euro (prix conseillé net). Je l’avais dit: on est ici dans une catégorie supérieure et il faut donc considérer ce prix comme absolument raisonnable, compte tenu de ce qui est proposé. N’oubliez pas que vous avez préampli, convertisseurs, Midi et Wordclock dans la même boîte et qu’en option, vous pouvez aussi obtenir le Time Code.

CONCLUSIONS
Une interface audio qui peut travailler avec un ordinateur ou en solitaire, une qualité sonore sans reproche, une qualité de construction réelle. La firme est sérieuse, établie, et propose régulièrement des updates. Un appareil aussi bien conçu ne pourra que vous donner satisfaction: ne passez pas à côté: c’est l’interface audio le plus puissant jamais conçu par RME.

PROCONTRA
  • Qualité de conception et de construction
  • Qualité sonore
  • Configurations sauvées sur carte flash
  • Possibilités infinies
  • Mode d’emploi complexe en anglais
  • Pas d’interrupteurs mécaniques pour l’alim fantôme
  • Appareil puissant: peut dérouter le débutant