Dans ce magazine, nous avons publié, voici un certain temps, un test du Hughes & Kettner Triamp MKII. Les critiques étaient particulièrement positives, et le responsable du test fut exceptionnellement dépressif lorsqu’il a dû rendre l’ampli à l’importateur. Un des points négatifs pour de Triamp était le prix que beaucoup ne pouvaient pas se permettre. Actuellement, on trouve le Hughes & Kettner Trilogy, un head semblable avec une foule d’éléments modernes, et last but not least, un prix plus réaliste. Notre rédacteur laissa tomber aussitôt tout ce qui ressemblait à du Prosac et s’assit devant son ordinateur.
GENERAL
Concept
Le Trilogy est un ampli qui se situe entièrement dans la ligne de pensées de Hughes & Kettner: polyvalent, moderne et joliment stylé. La polyvalence doit venir des 4 canaux, dont 2 se partagent le même EQ commun (Lead et Ultra Lead). La réalisation moderne se retrouve dans le système loop intelligent et dans les possibilités midi incorporées, tandis que le styling s’adresse franchement aux rockers, avec un caisson entièrement noir, de même que les boutons. Si on peut proposer tout cela pour un prix attrayant, on doit constater qu’ils sont bien occupés chez Hughes & Kettner.
Esthétique
Dans ce domaine, Hughes & Kettner ne fait pratiquement jamais de fautes, quoique leur choix par rapport à la Custom Tube Serie, à laquelle appartiennent le Triamp et le Trilogy, soit quand même discutable. On veut parler du néon bleu qui est monté dans la face avant en plexiglas. Pour certaines personnes, ce serait le statement ultime dans le domaine des amplis. C’est ainsi que le propriétaire de notre magazine trouve que le Triamp possède le rayonnement d’une Harley Davidson (pour ceux qui n’aiment pas l’Harley: il s’agissait d’un compliment!). D’autres, des guitaristes un peu plus puritains, le décrivait comme étant un “ampli-bordel”. Il faut l’avouer, c’est une caractéristique qui ne passe pas inaperçue, et on en parle. Pour Hughes & Kettner, ceci sera sans doute le principal.
Mode d’emploi
Le mode d’emploi est rédigé de façon très claire, en se concentrant notamment sur les fonctions midi et loop du Trilogy. On peut le lire en anglais, en français, en allemand, en espagnol et en italien, et pour les lecteurs intéressés, il se retrouve sur le site de Hughes & Kettner.
CONSTRUCTION
Caisson
La “Deutsche Gründlichkeit” de Hughes & Kettner est une norme de qualité au sein du monde de l’ampli, et il n’est donc pas étonnant que le caisson soit d’une qualité au top. Les parois épaisses résistent à tout ce que l’on pourrait rencontrer durant le travail sur scène, et de même, la plaque en plexiglas qui sert de face avant, est suffisamment épaisse pour offrir une bonne protection. Les coins possèdent une protection supplémentaire qui fait que l’ampli restera intact en toutes circonstances. Les seuls éléments qui ne proviennent pas d’un tank Pantzer allemand, ce sont les boutons de commande. Sur le Triamp, on recevait encore des boutons en métal solides. Le Trilogy doit se satisfaire avec des boutons-poussoirs et des rotaifs en plastic dur.
Finition
Comme on l’a dit, la finition de l’ampli est dominée par le néon bleu. Quoi qu’on puisse en penser, le reste de la finition est irréprochable. Tout est solidement en place et le design fait en sorte que les points “plus fragiles” sont bien protégés. Chaque canal possède son propre code de couleur qui s’illumine lorsqu’on enfonce un des boutons poussoirs. De même, la face arrière est impeccable.
POSSIBILITES
Raccordements
Pour la face avant, nous pouvons être brefs en ce qui concerne les raccordements: tout ce qu’on reçoit est un jack 1/4 standard qui sert d’entrée. La face arrière propose plus de possibilités: les raccordements pour les baffles de haut-parleurs (diverses configurations), les entrées et sorties du fx-loop, une entrée midi, un raccordement pour le floorboard livré d’origine et encore une autre entrée pour embrancher le fx-loop. Sans oublier le raccordement au courant.
Panneau de commande
Sur le Trilogy, le panneau de commande est fort rempli, quoiqu’il ne propose pas plus que les contrôles standard. Pour 3 canaux, nous avons un EQ et un volume séparés, tandis que le quatrième canal partage ses contrôles avec le canal 3. Pour le canal 2 (Crunch), nous trouvons un réglage du gain, et pour le canal 3 (Lead) nous avons deux réglages de gain séparés (et débranchables), ce qui nous amène vers le canal 4. Sous les boutons rotatifs, nous trouvons ici et là quelques fonctions supplémentaires, comme Sparkle et Boost. Sous la section Master, nous voyons encore quelques boutons-poussoirs qui permettent de programmer le fx-loop et la partie midi.
MIDI
Un petit module midi est incorporé au Trilogy. Il s’agit simplement d’un midi-in qui permet de commander aussi bien les canaux que les fonctions supplémentaires, comme les boutons Boost et Sparkle ou encore le fx-loop. Simple mais très efficace.
ERGONOMIE
Architecture
Malgré les 4 canaux et le grand nombre de fonctions modernes du Trilogy, ils ont réussi à tout mettre en place de façon bien claire. Le panneau de commande offre une vue d’ensemble immédiate. De la droite vers la gauche, on trouve les sous-groupes suivants: Clean, Crunch, Lead et Master. Par sous-groupe, les contrôles sont plus étendus. Le canal Clean possède 4 boutons rotatifs (volume, treble, mid et bass), plus la fonction Sparkle. Le canal Crunch reçoit 5 boutons à cause du réglage de gain supplémentaire, avec aussi la fonction Boost. Le canal Lead possède 2 réglages de gain, donc il possède 6 boutons, plus un bouton de commutation entre Lead et Ultra Lead. Enfin, sous la partie Master, nous trouvons les contrôles habituels comme le volume master, un réglage général de présence et le bouton “fx mix”. Sur la plaque en plexi, chaque section est bien marquée. Et en outre, chaque canal possède sa propre couleur (Clean est bleu, Crunch est jaune et Lead est rouge), ce qui fait en sorte que vous puissiez voir, même de l’autre côté de la scène, comment votre ampli est réglé.
Commandes
Je suppose que pour la plupart d’entre nous, le réglage de la partie sonorité est suffisamment claire, vu que le Trilogy fonctionne dans ce domaine comme tout autre ampli. Si vous n’avez pas assez d’aigus, vous tournez le bouton d’aigu du canal sur lequel vous travaillez en ce moment. Cela me semble logique. Mais qu’en est-il des fonctions loop? Ici aussi, bonnes nouvelles, car elles sont également très faciles. On choisit son canal, on choisit éventuellement des fonctions extra (Boost, Sparkle) et on choisit les settings du fx-loop (on/off et en série ou parallèle). Tous ces choix s’effectuent à l’aide des boutons-poussoirs situés sous la rangée des boutons rotatifs. Le Trilogy met aussitôt le tout en mémoire, et dès qu’on active à nouveau ce canal, tous les réglages sont réactivés en même temps. Vous n’êtes pas content et vous voulez modifier vite quelque chose? Pas de problème, il suffit de modifier ces réglages et le setting précédent s’adapte dès que vous y travaillez. Extrêmement simple! Les fonctions midi exigent un peu plus de planning, mais leur commande n’est pas difficile (pour celui qui possède des notions du midi).
SONORITE
Bien entendu, toutes possibilités techniques ne servent à rien si le son n’est pas oké! Nous commençons le test sur le canal Clean, avec comme guitare une Fender Standard USA Stratocaster équipée de pickups Fralin. A l’attention des lecteurs assidus de Meet Music: le Trilogy a été testé avec le même baffle que celui qu’on avait utilisé pour le test du Triamp MKII, à savoir un Hughes & Kettner de 4 x 12 possédant des haut-parleurs Celestion Vintage 30. Ces baffles ont reçu dans le passé de nombreuses critiques très positives, donc ces boxes ne peuvent certainement pas porter ombrage à notre ampli. Leur son clean est très clair, avec un headroom énorme. Les contrôles possèdent un effet très direct, et la seule chose qui me manquait un peu, c’était un petit manque de “sprankle” dans l’extrême aigu, quoique je croie que tous les caissons 4 x 12 reproduisent ces fréquences de façon assez “timide” (mais restons positifs!). Sur le canal Clean, on ne trouve pas de réglage de gain, donc pour des sonorités légèrement saturées, je passerais automatiquement vers le canal 2. Ce canal, dénommé aussi canal Crunch, peut reproduire nettement plus de sonorités avec son réglage de gain. Dès qu’on a rabaissé les aigus, qu’on a poussé plus de medium et qu’on a embranché la fonction Boost, les single coils de la Strat produisent un son extrêmement solide. Bonne surprise! Comme nous étions curieux comment ce son pourrait encore évoluer, on est passé à une Superstrat (avec des humbuckers près du chevalet et près du manche). Aussitôt, le son obtint un rien plus de caractère qu’avec les single coils. Nous sommes alors passé au canal 3, et immédiatement le Trilogy produit une réserve en gain presqu’infinie. Ce surplus en saturation est encore plus étendu sur le canal 4, l’Ultra Lead. Ici, on va si loin que le son est difficilement contrôlable au niveau maximum, certainement pour des volumes élevés. Bien sûr, il ne faut pas aller jusqu’à cet extrême, mais les amateurs (lisez: les wackos) reçoivent quand même cette possibilité.
Faisons un petit résumé: les sons du Trilogy sont tous d’une haute qualité, même si sa prestation en général est un peu moindre que celle du Triamp MKII (ben oui, il existe encore certaines raisons d’acheter celui-ci! Pas vrai?). La polyvalence du Trilogy est impressionnante, quoique je pense que ce seront surtout les rockers qui se retrouveront dans le design. Quoique les sonorités Clean soient bonnes, ce sera surtout la prestation des sons saturés qui sera dominante en premier lieu, et cette impression grandit encore au plus on s’approche du 10 (ou était-ce le 11?). Et pour les fanas du volume: un ampli à lampes de 100 Watt est amplement suffisant pour se faire entendre.
BUDGET
Le Trilogy peut éclairer votre living en bleu avec son néon, et ceci, pour 1.399 euro, TVA non comprise. Les derniers temps, la concurrence est solide parmi les heads au prix abordable, mais le Trilogy se défend mieux que bien pour faire surface parmi cette masse. La polyvalence et la qualité sonore all-round, combinées avec la qualité de fabrication, sont des atouts tranchants. La flexibilité moderne et la facilité d’emploi réellement intuitive représentent un deuxième point fort. Le “vibe” et la force d’attraction sont clairement moins élevés que sur le Triamp, mais le prix cette super-bête est aussi le double.
CONCLUSIE
Pour certains guitaristes, le Trilogy serait certainement la bonne solution. L’ampli procure 4 canaux de grande qualité, en combinaison avec tout un éventail de fonctions et d’options, qui font penser, au point de vue facilité d’emploi, à quelques-uns des meilleurs amplis numériques proposés actuellement sur le marché. Si vous voulez un grand contrôle sur le son et les accessoires sans passer au numérique, le Trilogy vaut certainement la peine d’être essayé.
Réaction de l’importateur:
Le baffle 4 x 12 utilisé pour ce test est un VC 412 V30A (prix indicatif: 725 euro, TVA non comprise). Pour le test du Triamp, nous avions livré un CC 412 V30A (prix conseillé: 1.095 euro, TVA non comprise).
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