Ce n’est pas tous les jours que dans DeeJay Gear, nous avons un sampler (ndt: en “bon” français, un “échantillonneur”, mais c’est tellement long!) à nous mettre sous la dent: c’est donc pour moi une sorte de défi, mais sous le signe du plaisir. En tant que DJ, on n’est peut être pas vraiment enclin à envisager l’utilisation de ce type d’appareil, mais on ne sait jamais jusqu’où peuvent nous “emmener” des effets marrants de ce genre.
ARCHITECTURE
Ce SP-404 peut être directement utilisé avec un lecteur CD ou une table de mixage, en tant que processeur d’effets. En outre, c’est également un sampler, et certainement pas l’un des moindres. En fait, c’est même le contraire: le SP-404 est un sampler que l’on peut utiliser en tant que processeur d’effets. Sur l’appareil, on remarque tout de suite les 12 grands ‘pads’ avec lesquels on appelle les samples (ndt: “échantillons”, mais c’est toujours aussi long!). On a droit à un total de dix banques, cela fait donc un total de 120 samples. Il est bon de préciser d’emblée que les banques 3 à 10 ne sont disponibles que quand une carte mémoire se trouve dans l’appareil. Sans l’aide extérieure de cartes de mémoires et en mode stéréo, on dispose d’environ cinq minutes, et ce, en choisissant la meilleure (traduisez “normale”) qualité d’enregistrement. En mode lo-fi (ndt: low fidelity, donc, qualité inférieure), on dispose même de pas moins de onze minutes que l’on peut bourrer à l’envi. Voilà pour ce qui est de la mémoire interne. En faisant appel à des éléments externes, à savoir des cartes CompactFlash, cela permet d’arriver à 386 minutes d’enregistrement en mode “meilleure qualité” si l’on a recours à une carte de grande capacité, soit 1 Gb. Tout ceci juste à titre d’information, car ce n’est pas en termes de minutes que va raisonner l’utilisateur, mais en nombre de samples. Et le grand avantage de travailler avec une carte mémoire, c’est que, au lieu d’être limité à 2 fois 12 samples, ce sont 8 banques de chacune 12 samples qui viennent s’ajouter à la mémoire in! terne.
PANNEAU DES COMMANDES
En dessous des quatre boutons rotatifs se trouve un display joliment éclairé qui donne les informations utiles, indépendamment de la tâche que vous effectuez ; de plus, ce display clignote suivant le rythme que l’on a programmé. Disposés autour de ce display, des touches relatives aux effets, que l’on utilise bien entendu quand on veut les sélectionner. Avais-je déjà dit que l’on avait un total de 29 effets à sa disposition? Font également partie du lot une boucle BMP et un micro intégré dans le panneau de commandes, ce qui permet d’enregistrer très rapidement un sample. On peut évidemment raccorder un micro externe, dont la prise se trouve sur la face avant de l’appareil. Dès que l’on opère ce branchement, le signal du micro intégré est coupé.
EFFETS
Parlons un peu plus des effets. On peut sélectionner directement les 5 premiers parmi le total de 29 en appuyant sur une des touches. Les 24 autres effets, il faut les sélectionner via un potentiomètre rotatif, dès que l’on a enfoncé la sixième touche, dénommée MFX (‘multi effects’). Les boutons rotatifs mentionnés précédemment servent à régler différents paramètres. Grâce à eux, on peut régler les effets, éditer les samples, en régler la vitesse (ndt: BMP = beats per minute), etc ... mais ce serait trop long de citer le tout. Pour chaque manipulation à effectuer, on utilise les mêmes boutons. Très rapidement, je me suis rendu compte que, sans notice d’emploi, je me perdrais dans les nombreux méandres de ce processeur. Heureusement, le SP-404 est livré avec une notice d’emploi fantastique ... même si en général, cela ne me plaît pas trop de recourir à elle. Mais dans ce cas, on est guidé, pas par pas, dans chaque manipulation. Grâce à ces informations claires, on peut déjà, après quelques minutes, “bidouiller” un petit quelque chose. Cet appareil est avant tout conçu en tant que sampler, même si la première chose que j’ai faite est de m’en servir comme processeur d’effets. En suivant la notice d’emploi, j’ai appris que les effets pouvaient être mis hors service. En suivant le cours des pages, j’ai parcouru les différents effets afin d’essayer brièvement toutes les possibilités offertes par le SP-404. Les réglages auxquels on peut arriver avec les trois boutons de contrôle sont phénoménaux.
ECHANTILLONAGE
Voilà pour les effets, mais on n’a pas encore parlé du sampler ... Bon, pour échantillonner, on ... ah oui, mais au fait, que peut-on “sampler”, au juste? Cela dépend naturellement très fort de vos activités. On peut sampler afin de compléter par des “extras” ses outils de base. Des cris, des bruitages, ... pratiquement n’importe quoi. Mais cela devient vraiment intéressant lorsqu’on se met à les remixer avec des morceaux existants. Ah, il me semble que je vous ai vu tresaillir? Remixer? Oui, absolument, mon cher: cet appareil est l’arme fatale pour créer un ‘remix’. En effet, on peut intégrer tous ses samples dans une boucle ou les programmer dans un motif. Bon, je vais essayer d’expliquer cela de manière simple. Imaginons une boucle rythmique de quatre temps que l’on enregistre à 135 BPM. Ensuite, on se met à enregistrer de petits bouts de morceaux. Il n’est même pas nécessaire que tous aient la même vitesse, car on peut régler ce problème via les différentes fonctions de l’appareil. Imaginons toujours que nous avons en présence, disons, 11 extraits différents, en plus de la boucle rythmique. On ajoute à chaque sample un effet lors de son enregistrement, et on peut commencer à faire du ‘free wheeling’.
Ce que je veux dire par là? Eh bien, “armé” de ces différents samples, on peut se mettre à improviser. On met la boucle rythmique en route, et on y introduit, selon son bon plaisir, les samples. Une autre approche consiste à ordonner vos samples et à les inscrire dans un ‘pattern’ (ndt: un motif). A ce moment, on crée un nouveau morceau que l’on peut jouer par la suite ... simplement en poussant sur un bouton! Ainsi, on peut, sans recourir à une carte mémoire, programmer 96 motifs, ou si l’on veut le voir autrement, on peut créer dans la mémoire interne de l’appareil 96 morceaux avec les 96 samples. Et si l’on commence à analyser la musique de danse actuelle, on sera surpris de constater que bon nombre de morceaux sont basés sur seulement deux à trois boucles, complétées par une poignée de samples. Il faut aussi savoir que le SP-404 peut “aligner” un maximum de douze voix en même temps. Il ne s’agit pas ici d’un nombre de chanteurs, mais imaginons qu’un sample stéréo “occupe” deux voix. Ce qui signifie que l’on ne peut jouer en même temps que six samples stéréo. Ce qui revient à un choeur complet. Donc, en fait, c’est de polyphonie dont nous parlons. A noter: les premiers synthétiseurs ne disposaient que d’une voix, et elle ne pouvait être utilisée qu’en monophonie. Ceci dit, une trompette ne peut, elle aussi, émettre qu’un son à la fois. Si vous comprenez ce concept, vous comprendrez également que ce SP-404 est un outil qui ne connaît qu’une seule limite: celle de votre créativité.
CONCLUSION
Voici encore quelques éléments bons à savoir. En se servant de cartes CompactFlash, des fichiers .wav et .aif peuvent être importés et exportés, vers la carte et vers l’appareil. Ce dernier fonctionne aussi bien sur piles que sur secteur et son adaptateur fait partie de la livraison. Son prix est de 434 euros TVA comprise (prix brut conseillé). Bref, vous n’avez plus qu’à piquer un sprint pour faire cette acquisition au plus vite, pouvoir ainsi donner libre cours à votre créativité ... et avoir le monde à vos pieds!
PRO
CONTRA
Notice d’emploi très claire
Appareil “deux-en-un” (sampler et processeur d’effets)