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Meet Music Magazine review: Sontronics Microphones
       Sontronics Microphones
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.205 - Janvier 2006 ]
Le monde des micros évolue. Des marques inconnues hier sont aujourd’hui en concurrence directe avec des firmes qui occupent le marché depuis des décennies. Parfois la nouveauté est vraiment très bon marché et c’est sa seule qualité, tant le reste a été oublié, parfois d’autres marques valent le détour…Qu’en est-il de cette marque Sontronics dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’aujourd’hui? Je reçois en test tous les modèles de la marque Sontronics.

PRESENTATION
La firme Sontronics a été créée par Trevor Coley. Après avoir travaillé dans diverses sociétés audio réputées, ce citoyen britannique a réalisé des produits audio en tant que en sous traitant. Maintenant, il a engendré sa propre compagnie qui se spécialise pour l’instant dans les microphones. Je reçois exactement six modèles. Il y en a pour tous les goûts: pour la scène ou le studio, pour la voix ou pour les instruments.

DESCRIPTION
Je commence par le seul qui soit clairement destiné à la scène: le STC-5. Il s’agit d’un modèle noir avec une grille plate noire également. Cela rappelle une marque allemande connue. Il s’agit d’un modèle à condensateur de directivité cardioïde. Un interrupteur est fixé sur le corps du micro et sert à activer ou non le filtre passe haut. Il s’actionne très (trop) facilement. J’avoue que je préfère un interrupteur difficilement accessible. Les chanteurs ont la sale manie de toucher à tout. J’ai donc testé ce micro sur scène, en collant un bout de gaffa sur l’interrupteur, pour que personne ne tripote l’interrupteur. Le son maintenant: le niveau de sortie est élevé. Vous n’aurez pas besoin de pousser vos gains dans leurs derniers retranchements, ce micro a de la patate. Le son est clair, défini, chaleureux. Que ce soit des voix masculines ou féminines, j’ai aimé. Vraiment bien. On a à la fois du détail et de l’ampleur. Petite réserve pour le larsen, qui apparaissait un peu tôt à mon goût. Rien de catastrophique, mais s’il faut gérer dix micros de ce type en même temps, on peut être ennuyé. Mais quel son! Le STC-5 est livré dans une valisette en plastique dur, qui contient une bonnette en mousse et une pince adaptée.
Changeons de catégorie. Le STC-1 est livré dans un véritable écrin. Un coffret en bois clair empli de velours noir à l’intérieur. Ne montrez pas cela à votre copine, elle va croire que vous lui offrez un bijou. Le micro est de type “crayon” (un très gros crayon), à condensateur et comporte deux interrupteurs. Le premier est un atténuateur à trois positions: 0, -10 ou -20 dB, et le second un filtre passe haut qu’on peut placer à 75 Hz ou à 150 Hz. On peut aussi ne pas le faire agir et laisser le micro en mode linéaire. Le STC-1 est cardioïde, mais la tête est interchangeable et vous pouvez la remplacer par un modèle hyper cardioïde ou omnidirectionnel. Ceci augmente les possibilités sans trop faire monter l’addition, puisque le corps du micro reste identique. Au niveau du son, on apprécie la polyvalence et l’aisance de ce micro à toutes les fréquences, même dans le grave (si on n’enclenche pas le filtre passe haut). Une bosse de présence entre 5 et 10 kHz donne le brillant nécessaire pour que l’instrument enregistré sorte bien du mixage si besoin en est. Sur un charleston, c’est un micro idéal grâce à l’atténuateur et la capsule hypercardio fait merveille pour cet usage. Pour des sons plus naturels en enregistrement, l’omni est bien entendu conseillé. Je ne disposais que d’un seul exemplaire et je n’ai pas pu l’essayer en overhead ou sur un piano, mais à mon sens ce micro doit être parfait pour ces instruments. Sur une guitare acoustique, le son était clair, défini et exempt de souffle. Des défauts? Pas vraiment. J’ai eu du mal à enfoncer la fiche XLR mais c’est sans doute parce que je suis frêle et chétif. Si l’on fait un peu de musculation, tout se passera bien. Le micro n’est pas aussi fini que sa jolie boîte en bois: l’aspect est un peu brut, mais cela ne m’a pas gêné. Et cette boîte, que dis-je ce coffret à bijoux vaut à elle seule le déplacement. Comme pour le modèle précédent, une pince et une bonnette sont fournies avec le micro. Il est possible d’obtenir ce modèle en couple (un mâle et une femelle, vous les laissez dans le studio avec un fond de musique douce, et ils feront des petits, yerk). Blague à part, il est possible d’obtenir des micros appairés, ce qui témoigne de la volonté du constructeur de jouer dans la cour des grands.
Place aux choses sérieuses. L’Orpheus est un micro de studio à la forme complètement inhabituelle. On aime ou on déteste, mais on ne reste pas indifférent. Personnellement, j’apprécie plutôt. Le corps du micro est un parallélépipède rectangle surmonté d’une grosse boule grillagée où est logée la capsule. Le câble se fixe à l’arrière. Deux interrupteurs sont placés sur le corps du micro: un pour régler la sensibilité (0, +10 ou -10) et un autre pour la directivité: omni, cardio ou fig. en 8. Il est livré à nouveau dans une splendide boîte en bois clair garnie de velours noir. Nous avons ici affaire à un micro à grande capsule, nécessitant bien entendu une alimentation fantôme. La suspension est d’un modèle particulier (voir photo) et à mon sens, possède une véritable robustesse, mais sans doute n’isole-t-elle pas autant des vibrations qu’une suspension élastique. Côté sonore, on dispose d’une palette de possibilités au vu des différentes directivités et dans tous les cas, on note immédiatement un grave très présent et précis, qui peut donner un son relativement chaud. Il est bien entendu possible de filtrer le grave via votre table de mixage, car ce micro ne dispose pas de filtre passe haut. J’ai testé ce micro en prise de voix et sur une guitare folk. Le son est très naturel, non agressif. J’avoue que le son de guitare en directivité omni m’a beaucoup plu. Je regrette de ne pas avoir eu deux Orpheus pour tester en stéréo. Vu le prix demandé, ce micro est assurément une affaire. Si vous cherchez un micro dont le ramage ressemble au plumage, cet Orpheus vaut le détour.
Je continue avec le STC-2. Il est fourni dans une valisette en bois et aluminium qui contient le micro et sa suspension. C’est moins joli que les deux précédents, mais c’est plus facile à transporter. La suspension “araignée” élastique est très robuste et résistera aux affres du temps. C’est parmi ce que j’ai vu de plus costaud. Le micro quant à lui est de forme assez traditionnelle pour un micro de studio, avec un aspect aluminium brut. Il est de directivité cardioïde uniquement, et possède un filtre passe bas enclenchable. A la lecture de la courbe de réponse en fréquences on s’aperçoit que celle-ci est assez plate, avec une bosse entre 5 et 12 kHz. Le son est très clair, avec une forte présence des fréquences aigues, et il faudra faire attention aux “s”. L’intelligibilité est très bonne, mais sur certaines voix, les “s” étaient tellement accentués qu’il n’y avait guère de solution…à voir au cas par cas. Mais si vous avez un chanteur ou une chanteuse dont la voix possède un peu trop de “s” à l’origine, il vaut mieux éviter ce micro. Pour les autres pas de problème. Sur une guitare, cette forte présence des aigues combinée avec un minimum d’égalisation dans le grave rend des guitares acoustiques rythmiques de façon très plaisante. On peut placer la piste loin dans le mix et bien entendre juste ce qu’il faut sans masquer les autres instruments.
On monte en gamme avec le modèle Helios, qui est le haut de gamme de la marque à mon sens. Ici on a droit à la valise plus la super jolie boîte en bois clair. Sur le plan du look, ce modèle est assez proche de l’Orpheus. Avec une différence de taille: l’Helios est fourni avec une alimentation externe. Et oui, ce modèle est à lampes et doit donc se brancher sur un joli boîtier métallique couleur champagne. On remarque que la directivité peut varier en continu d’omni à figure en 8 en passant par tous les intermédiaires, et ceci se pilote depuis le boîtier d’alimentation. On a bien sûr un interrupteur de mise sous tension, plus un filtre passe haut et un pad à -10 dB. Une led bleue vous signale quand la lampe est à température et que vous pouvez donc travailler. La valisette contient outre le micro et l’alim, un câble spécial pour relier le boîtier au micro. Celui-ci n’est pas très long (trois mètres) et donc il ne sera pas possible de garder la commande en régie. Dommage.
Le son est chaud et clair à la fois. La bosse de présence en haut du spectre (entre 9 et 12 kHz) n’y est sans doute pas étrangère. On obtient un son de qualité sans difficulté. En cardio, il est aisé de jouer avec l’effet de proximité et si on veut plus de grave on l’obtient très aisément, sans jouer de l’égaliseur. Les basses fréquences sont d’ailleurs très présentes et il faudra plutôt l’atténuer via un filtre passe haut ou un brin d’égalisation. Le micro est sensible et capte bien les nuances. En configuration omni le son est très naturel et rend bien l’ambiance du local où vous enregistrez. La seule petite réserve peut venir de la suspension, qui est inhabituelle dans la mesure où ce n’est pas une suspension élastique. Renseignements pris auprès du constructeur, il existe une suspension à l’intérieur des micros. C’est donc pour cela que même en option, il n’est pas possible d’acquérir une suspension. La capsule est isolée des chocs sans recours à des élastiques externes. Je dois avouer que cela ne m’a aucunement gêné sur le plan sonore. Le constructeur ajoute que de plus, c’est plus esthétique de voir le micro sans l’araignée habituelle. Ceci est donc valable également pour l’Orpheus.
Last but not least, le modèle Omega. A nouveau la valise plus l’écrin en... (je sens que tout le monde hurle en choeur) bois clair. Ici nous avons affaire à un modèle “lollypop”… une sucette, quoi. Mais une sucette à lampe (c’est plus chaud, théoriquement). Moi qui adore les sucettes, je me suis mis ce micro de côté pour la fin. Le boîtier externe pour l’alimentation ressemble à celui de l’Helios, avec une exception: ici le micro est cardioïde uniquement. On pourra donc juste enclencher le filtre passe haut et l’atténuateur, si besoin. Cet Omega est clairement destiné aux prises vocales, mais rien ne vous interdit d’enregistrer autre chose si vous le souhaitez. On soulignera la quasi absence de souffle ou de bruit de fond (qui a dit que les lampes soufflaient?) Le grave est également très impressionnant sur ce modèle, et il est restitué avec un naturel assez épatant, compte tenu du prix. Ce micro n’est pas prévu pour encaisser de trop fortes pressions acoustiques (max 125 dB), sinon je l’aurais bien vu sur des grosses caisses. Le look est plaisant et on remarque de suite ce micro. Comme de plus, le son est loin d’être ridicule, pourquoi se priver? Surtout si on aime les sucettes!

BUDGET
(prix bruts conseillés HTVA):

STC-1 : 119 euro
STC-1S (stereo matching pair) : 339 euro
STC-2 : 249 euro
STC-5 : 159 euro
Orpheus : 499 euro
Helios : 699 euro
Omega : 649 euro

CONCLUSIONS
On ne peut dire qu’une chose: les Sontronics offrent un excellent rapport qualité/prix. Vous n’aurez plus d’excuses si vous continuer à enregistrer vos maquettes avec un micro de scène dynamique. Vu la largeur de l’offre, tout le monde pourra trouver le micro le plus adapté à ses besoins et à son portefeuille.

PROCONTRA
  • Prix
  • Qualité globale
  • Les coffrets en bois clair
  • Le look
  • Marque peu connue (mais cela va changer!)