[ Auteur: Roger Roland ] [ Edition: Nr.191 - Novembre 2004 ]
Le marché des interfaces audio est certes très encombré. Il y a de quoi se réjouir car jamais l’offre n’a été aussi vaste. En même temps, l’amateur éventuel risque de pas toujours s’y retrouver parmi la pléthore de matériel existant. Les tests servent aussi à cela : débroussailler le terrain et vous donner un aperçu de ce qui existe et des possibilités. J’ai reçu le Firepod de Presonus, qui semble prometteur.
PRESENTATION
La couleur est annoncée: c’est d’ailleurs écrit en grand sur la face du Presonus: interface d’enregistrement 24 bit / 96 K en FireWire. Presonus n’est pas à ses débuts en matière d’interface audio (voir tests MMM 183 pour l’Eureka et MMM 174 pour la Firestation). Le Firepod propose huit préamplis micro/ligne, huit sorties analogiques individuelles, entrée/sortie S/PDIF et Midi. Voyons le détail dans la...
DESCRIPTION
A l’instar des autres produits Presonus que j’ai précédemment testés, le Firepod inspire confiance: face en aluminium brossé, jolis potards bleu électrique, connexions Neutrik. L’ensemble paraît solide et bien construit. On remarque d’abord les huit entrées en connecteurs mixtes jack/XLR. Une alimentation fantôme peut être enclenchée pour les canaux 1 à 4 et 5 à 8. Les deux premières entrées sont notées « Mic / Instrument » alors que les six suivantes sont « Mic / Line ». L’impédance des deux premières étant plus élevée et permettant donc de les utiliser comme des DI boxes. On trouve à droite des entrées huit boutons de gain, associés chaque fois à un témoin de saturation. Trois boutons supplémentaires servent au volume principal, au réglage du niveau casque (accompagné d’une prise casque bien entendu) et au « mixer » qui permet de doser les niveaux entre les entrées et les sorties (ce qui est déjà enregistré sur l’ordinateur). A l’arrière on rencontre de gauche à droite : la prise pour l’alimentation externe (un transfo de plus dans le studio), l’interrupteur de mise sous tension, deux prises FireWire, une entrée et une sortie S/PDIF, une entrée et une sortie Midi, et 16 prises jacks en métal. On a deux sorties « cue mix » pour le monitoring des musiciens, puis deux sorties pour vos enceintes « control room ». Suivent huit sorties « line » en symétrique, puis deux « line input » pour les entrées 1 et 2 (n’oublions pas qu’en face, l’entrée « jack » de ces deux voies est destinée à un instrument à haute impédance), enfin on termine avec deux sorties « preamp » pour faire transiter éventuellement le signal par un compresseur ou un égaliseur ou tout autre processeur. Pas de sorties Adat par contre… dommage !
UTILISATION
L’installation ne pose pas de problème. Le Firepod tourne sous OS X pour Mac ou Windows XP. Cubase LE est fourni d’origine, ce qui permettra à ceux qui n’ont pas encore de logiciel de débuter de suite. En effet, le Presonus n’est qu’une interface à raccorder à votre logiciel favori. Le mode d’emploi est assez clair, mais il fait penser à des photocopies. Peu importe, tant que c’est lisible. Tout se paramètre assez aisément. Les raccordements sont intuitifs et tout est simple d’accès et de compréhension. Tout au plus peut-on trouver les potards de gain un peu trop rapprochés, mais bon, j’ai de gros doigts et il fallait bien caser le tout dans une unité de rack, ce qui n’est jamais évident. Je n’avais pas de suite compris la fonction du bouton « mixer » en façade. En fait c’est tout simple : à l’aide de ce bouton vous pouvez doser la balance entre le playback (ce qui est déjà enregistré) et ce que vous enregistrez (sans latence bien entendu). Dommage que cela affecte toutes les sorties du Firepod, cela auraut été encore mieux si cela n’avait affacté que les sorties « cue » par exemple. Mais bon, c’est génial quand même. Et puis vous me connaissez : il faut toujours que je trouve des défauts. Je n’ai eu à déplorer aucun plantage durant les tests, qui ont duré plusieurs jours. Le FireWire est évidemment une solution idéale pour transporter de grandes quantités d’information. Le panneau de réglage est très simple (fréquence d’échantillonnage, synchronisation, puissance de votre ordinateur…)
QUALITE SONORE
Autant le dire de suite: épatant. Même en montant les gains dans la partie supérieure, on a pas de souffle gênant. Le son est clair et défini. J’ai enregistré des guitares acoustiques et électriques, des percus, de la basse, du chant et tout cela rendait très bien. La basse un peu moins que le reste, mais là je chipote. Et puis, vu le prix de l’engin et ce qui est proposé (huit préamplis !) Presonus ne peut se permettre de placer des préamplis hyper haut de gamme… cela n’aurait aucun sens d’ailleurs, le Firepod est destiné au home studio, et la qualité sonore est absolument étonnante. D’autant que rien n’empêche, si vous avez un super préampli ou un super « channel strip » de le brancher dans une entrée « line » et de se servir alors uniquement des convertisseurs A/N qui sont de qualité très valable. Me servant d’une entrée « instrument », j’ai enregistré une guitare électrique funky, et le son était décoiffant. Pas de distortion ni de souffle. Assez génial, donc. En dernière minute, l’importateur m’apprend qu’il est possible de brancher plusieurs FirePod sur un ordinateur. Deux actuellement, et bientôt trois. Les pilotes existent déjà pour les PC, et sont annoncés pour le Mac.
BUDGET
Le Firepod Presonus coûte 685 euro HTVA. Ceci est absolument justifié, et peut même passer pour une bonne affaire. Pensez donc : pouvoir enregistrer huit pistes à la fois avec une bonne qualité sonore et avec un minimum d’encombrement, c’est le rêve.
CONCLUSION
A nouveau, Presonus tape très fort avec cet appareil qui ravira les Home-Studiostes. L’offre est complète, cohérente, et en tour de main, on est prêt à enregistrer, sans complications, sans branchements fastidieux. Vous brancher votre Fireport sur votre carte FireWire (allez vite en chercher une si vous n’en avez pas encore) et hop, on joue. Maginfique, non?