Meet Music Magazine Homepage
Reviews
Souscrivez
Petites Annonces
Distributeurs
Contact
Pro Sound and Light
Meet Music Magazine review: M-Audio Octane
       M-Audio Octane
[ Auteur: R. Roland ]  [ Edition: Nr.186 - Juin 2004 ]

Les enregistreurs à bandes ont fait leur temps. Aujourd’hui, la plus grande majorité des enregistrements sont réalisés sur disques durs. L’ancien preneur de son qui passait une grande partie de son temps devant sa console est aujourd’hui de plus en plus souvent occupé devant l’écran de son ordinateur. Les techniques actuelles ont aussi engendrés de nouveaux besoins. Si l’on travaille sur disque dur (celui d’un enregistreur « stand alone » ou celui d’un ordinateur) ou en multipistes numérique, comment idéalement préamplifier le signal et le convertir d’analogique en numérique ? M-Audio, qui possède à son catalogue quelques produits originaux, nous présente aujourd’hui un octuple préampli/convertisseur analogique/numérique.

PRESENTATION

Vous mixez sur votre ordinateur. Que vous mixiez « à la souris » ou avec une télécommande dédiée n’est finalement pas important pour la qualité de votre signal. Une fois que votre signal est numérisé, il est souvent idéal de ne plus revenir en analogique. Vous pourrez cloner, expérimenter, triturer votre son dans tous les sens, et toujours revenir en arrière si cela ne vous plait pas. Vive le numérique ! Mais en amont, que se passe-t-il ? Vous avez enregistré avec un micro de la meilleure qualité possible en fonction de votre budget, vous prenez soin de bien disposer le dit micro pour obtenir le meilleur son possible, vous passez des heures à répéter votre musique ou à faire répéter les interprètes. Tout va bien. Mais il y a des maillons à ne pas négliger, sous peine de voir vos efforts réduits à néant : la préamplification et la conversion A/N. En effet, il y a fort à parier que la petite carte son intégrée à votre ordinateur est susceptible de rendre votre signal quelque peu détérioré. De même si votre préampli est de médiocre qualité. Les gros studios le savent bien : ils disposent en général de consoles très onéreuses, d’enregistreurs de qualité, et pourtant ils achètent en plus différents préamplis et convertisseurs, dont les prix laissent parfois rêveurs. Ce n’est pas sans raison. En effet, ces appareils sont construits avec des éléments de qualité ultra performante pour que le son soit le plus pur possible, sans souffle ni parasite. Parfois un seul préampli stéréo (deux boutons de gain, donc) coûte à lui seul plus cher que la super table de mixage 16 pistes que vous aviez achetée en pensant qu’elle était excellente. Ne vous désespérez pas et n’allez pas jeter votre table à la poubelle pour autant. Mais il est évident que les constructeurs qui proposent des tables complètes ne peuvent rivaliser en qualité avec les appareils dont question ci-dessus. Enfin, si… ils pourraient, mais les prix seraient tels que peu d’acheteurs pourraient s’offrir de pareils joujoux (bijoux ?). Il existe bien entendu des solutions, et cette longue introduction n’est là que pour vous faire mieux comprendre à quoi sert l’Octane de M-Audio.

DESCRIPTION

OctaneL’Octane est un préamplificateur 8 canaux conçu pour optimiser les prestations et de votre système d'enregistrement numérique multipistes. Après préamplification, le M-Audio envoie des signaux numériques purs vers vos appareils compatibles au format Adat, notamment aux 8 pistes Adat, enregistreurs sur disque dur et aux consoles numériques. L’octane est haut de deux unités, de couleur argentée du plus bel effet. L’appareil est relativement peu profond (13 cm environ). La face est bien remplie, en restant cependant lisible. On découvre en haut, sur toute la longueur, huit boutons de gain assortis d’un pad de 20 dB, suivis de trois diodes qui témoignent de la présence d’un signal à -20 dB, -10 dB ou en saturation (clip). A l’extrême droite sont placés deux switches avec témoins lumineux qui enclenchent l’alimentation fantôme des canaux 1 à 4 ou 5 à 8. En bas sont situées deux entrées instruments. Elles ne sont pas exactement identiques. En effet, si elles ont chacune un réglage de gain individuel, mais si la première possède un filtre passe-haut activable (à 80 Hz, -12dB par octave), la seconde possède à la place un inverseur de phase, qui se retrouve d’ailleurs sur toutes les entrées paires. Sous les deux derniers réglages de gain (7 et 8 donc) est placé un bouton « M+S » Matrix, qu’on peut enclencher ou non, suivi d’un potentiomètre marqué « width ». Certains lecteurs auront compris de quoi il s’agit. Pour les autres, un peu de théorie permettra de comprendre. La technique de prise de son M+S (Middle and Sides, soit milieu + côtés) a été inventée par Alan Blumlein, qu’on peut considérer comme l’un des inventeurs de la prise de son stéréophonique, qui a inventé aussi une autre technique de prise de son stéréo qui porte son nom. Il a également contribué à l’invention du radar, mais ceci est une autre histoire. Pour réaliser une prise de son M+S, il faut utiliser deux micros : un de directivité cardioïde ou omni qu’on place au centre, dirigé vers la source sonore et un micro en figure en huit dirigé latéralement (de part et d’autre de la source donc). De plus, il vous faut un encodeur assurant le matriçage M+S. Comment cela fonctionne-t-il ? L’encodeur additionne le signal central (Mid) au signal latéral (Side) et envoie le résultat sur un canal, qu’on positionne à gauche. De même, l’encodeur soustrait le S du M (la phase du « S » est inversée) et envoie le résultat dans le canal de droite. Au total, cela utilise donc deux pistes. Sur l’encodeur, le bouton « Width » (largeur) sert à faire varier la largeur sonore. Comment ? Simplement en donnant plus de centre (M) ou plus de côtés (S). L’autre avantage de cette technique stéréo est que la compatibilité mono est excellente. Il y a donc moyen d’obtenir en stéréo une image sonore très large, avec une stéréophonie prononcée, alors qu’on mono, le son sera bien entendu moins large, mais ne sera pas sujet aux problèmes de phase qu’on rencontre en prise de son XY ou ORTF. Si cela vous semble compliqué, le dessin ci-dessous va de suite vous faire comprendre de quoi il s’agit.
Dessin
Le fait que les concepteurs de chez M-Audio aient pensé à intégrerce matriçage M+S dans l’Octane est vraiment une riche idée. Le mode d’emploi précise que vous devrez placer le micro central sur le canal 7 et le « figure en 8 » sur le canal 8. J’en reviens à la description de l’appareil : outre l’interrupteur de mise sous tension situé à l’extrême droite de l’Octane, on trouve encore un potentiomètre cranté qui propose le choix de la fréquence d’échantillonnage : 44,1 ou 48 kHz , ou « Ext », ce dernier choix étant pour asservir l’Octane à une source numérique externe. L’arrière de l’appareil maintenant : on remarque de suite le gros refroidisseur destiné à garder la machine à température raisonnable. A gauche, une prise pour le transfo externe, une sortie numérique optique au format Adat, suivie d’une entrée et d’une sortie BNC pour la WordClock. Ensuite huit entrées « micro » au format XLR, doublée de huit entrées « jack » pour les signaux au niveau ligne. Il y a également huit sorties directes (en jacks symétriques ou asymétriques).

UTILISATION

OctaneConnecter huit micros en entrée, et sortir vers un enregistreur ou ordinateur au format Adat n’est guère compliqué. Il est peut-être juste dommage que ce soit le seul format proposé, mais il est aussi possible de sortir en analogique, mais dans ce cas les convertisseurs A/ N ne servent plus à rien. A remarquer que les entrées analogiques de niveau ligne (en + 4 dB) sont semi-normalisées avec les sorties des préamplis. Ceci veut dire qu’elles peuvent fonctionner comme huit retours d’insertion pour chaque canal ou comme convertisseurs autonomes. Le branchement en « line input» interrompt le signal d’entrée XLR vers la sortie numérique, ce qui n’est pas le cas si l’on branche un connecteur dans la sortie « line output ». Vous aurez donc la possibilité de vous servir des préamplis micro de l’Octane, de ressortir en analogique vers un compresseur, de revenir via les entrées « line » et enfin de convertir le signal en numérique. L’ entrée/sortie WordClock est aussi une bonne idée. Cela permettra le cas échéant de se servir de deux « Octane » (si huit entrées ne vous suffisent pas), en assignant l’un en horloge interne et en asservissant l’autre, ou encore simplement d’utiliser une WordClock externe en Master qui est souvent plus stable, pour autant que votre studio en soit équipé (on ne saurait trop le recommander, car dans ce cas l’ensemble de vos appareils numériques sont soumis à la même WordClock).

QUALITE SONORE

J’ai fait mes premiers essais d’enregistrement. Dès la première écoute, on est de suite rassuré : le son rendu par cet appareil est plaisant. Les préamplis peuvent monter à 70 dB, ce qui est plus que suffisant pour travailler confortablement. OctaneJ’ai fait mes essais en me servant à la fois des préamplis et des convertisseurs de l’Octane. Le fait d’avoir des diodes sur chaque canal est une aide, même si l’on peut regretter que cela ne soit pas aussi précis qu’un grand ledmètre. Il suffit de laisser à peine s’allumer la diode d’écrêtage (qui intervient 3 dB sous le seuil fatidique) et de revenir un poil en arrière. On peut toujours vérifier plus précisément sur les Vu-mêtres de l’enregistreur ou de l’ordinateur. J’ai déploré quelque peu que seul le premier canal soit doté d’un filtre passe haut. Par contre, l’idée de ne mettre les inverseurs de phase que sur la moitié des entrées est une bonne idée : le constructeur réduit les coûts de production et on a toute la souplesse de travail voulue. J’avoue avoir passé beaucoup de temps sur la partie « Middle and Sides ». C’est une aubaine de disposer de cela sur un appareil de ce prix. Il y a vraiment moyen d’obtenir plus qu’une stéréo XY avec ce système. Je n’aime pas assommer le lecteur sous des chiffres, mais la dynamique de l’Octane atteint 120 dB pour les entrées micros, et la réponse en fréquence va de 20 Hz à 20 kHz à +/- 0, 011 dB, et la conversion A/N se fait en 24 bit. Des caractéristiques absolument professionnelles. On ne peut pas rendre cela par des chiffres, mais le son donne l’impression de « respirer » et on est loin des sons étroits ou agressifs des cartes son que les fabricants d’ordinateur proposent. Certains esprits chagrins pourront regretter que le choix des fréquences d’échantillonnage se limite à 44, 1 et 48 kHz, sans possibilité de travailler en 96 kHz Cela ne m’a absolument pas gêné, dans la mesure où les préamplis sont valables et les convertisseurs de qualité. J’ai apprécié le côté simple et fini de l’Octane M-Audio. Tout en un, sans complications inutiles, avec une qualité sonore qui rendra justice à vos enregistrements. Pour finir en beauté, le prix de l’appareil, fixé à 696,64 euro (brut, HTVA) Cela ne devrait pas provoquer de dispute conjugale ou vous fâcher avec votre banquier. M-Audio reste fidèle à sa réputation de sérieux à prix abordable.

CONCLUSIONS

Un appareil bien pensé, de prix abordable, de qualité honorable. Si vous cherchez à obtenir mieux qu’un son « amateur », et que vous voulez augmenter le nombre d’entrées de votre enregistreur numérique ou votre ordinateur, ce produit est pour vous. Le look très réussi de l’Octane embellira en plus votre (home) studio. Test réussi !

PROCONTRA
  • Concept « tout en un »
  • Rapport qualité-prix
  • Qualité sonore
  • Look
  • Filtre passe haut sur entrée 1 uniquement
  • Sortie numérique au seul format Adat