La gamme de Stagg semble infinie: accessiores et câbles pour toutes sortes d’instruments, batteries, percussion, guitares, basses, instruments à vent, matériel d’enregistrement, il existe même des violons au nom de Stagg. Le siège social est situé à Bruxelles, mais la plupart des instruments sont construits en Chine. Principalement les batteries et la percussion ont déjà été examinées dans des éditions précédentes de Meet Music Magazine (MMM 162, MMM 179). Pour ce test-ci, nous avons reçu cinq basses différentes de la serié BC, à savoir: BC302-BL, BC300/5-BK, BC300-RD, BC300-FL-N et XB300-GBK. La première partie du nom désigne le modèle, et la seconde, la couleur. Le choix est à ce point étendu qu’il se pourrait qu’on discute d’autres basses Stagg dans une prochaine édition.
GÉNÉRALITÉS Il est clair que ces basses proviennent d’une même famille, mais elles possèdent toutes leurs propres caractéristiques. Ainsi, la BC302 possède un seul humbucker, et la BC300 a un pickup precision et un jazz bass. La BC300/5 possède cinq cordes et la BC300-FL est une version fretless de cette dernière. La XB300 fait bande à part, vu que la forme de son body est nettement différente. Destinée à un travail plus rude.
Concept Le but de Stagg est de fournir des instruments de qualité pour un prix abordable. Ceci ne compte pas seulement pour les basses, vu que la gamme entière répond à ce critère. Le montant sur la carte des prix devrait être abordable à tout un chacun. Etant donné le grand nombre de modèles différents, tout le monde trouvera le modèle qui lui convient.
Accessoires et Options Tous les instruments sont livrés avec un câble d’environ 3 mètres. Ils livrent aussi une clé inbus pour régler l’action. Ceci est franchement nécessaire, car le réglage n’est pas parfait. Un petit point négatif: on aurait aimé recevoir un mot d’explication, vu qu’on a affaire à des instruments destinés aux débutants.
Image de marque Une chose est certaine: le musicien qui n’a encore jamais entendu parler de Stagg n’est pas vraiment à sa place! Du fait qu’autant de produits différents sont lancés sur le marché sous cette dénomination, il sera fort probable que vous aurez un jour où l’autre tenu dans vos mains un instrument de cette marque. Personne n’attend qu’ils se forgent une grande image de marque avec cette manière de faire, mais chacun sait qu’il reçoit beaucoup pour peu d’argent.
Offre des coloris Pour la BC300 standard, on trouve pas moins de neuf coloris différents. Pour les bassistes heavy parmi nous, on trouve même une version “Gothic Black”, avec un montage particulier des touches. On trouve principalement ce look sur la XB300, avec son aspect plus rude et bizarre.
Finition Il est évident que la finition n’est pas du plus haut niveau, mais elle est quand même comme il faut, surtout par rapport au prix. Quelques lacunes.
CONSTRUCTION Headstock et Manche Le manche se compose de deux parties collées l’une à l’autre. Le manche et la tête sont donc faits dans deux blocs d’érable différents. Cette manière de construire n’est certainement pas idéale et elle se fera sentir à long terme au point de vue de la justesse de l’intonation.
Fingerboard La Touche est réalisée en palisandre (rosewood) et possède 24 frettes, ce qui produit deux octaves par corde. Le placement des frettes a été excuté de manière convaincante, mais ici aussi on constate quelques petites fautes de finition. Il est très clair que la touche de la fretless a été trempée dans une espèce de colorant, car quand on y joue au début, les doigts deviennent bien vite noirs.
Body La qualité du bois d’aune du body est étonnament bonne. Le body se compose de trois à quatre blocs collés les uns aux autres. Selon le nombre de blocs et la direction des nervures, le dessin dans le bois sera plus ou moins réussi.
Hardware & Electronique Les clés d’accordage sont de leur propre fabrication, mais elles sont clairement inspirées des Gotoh. Le réglage de tonalité et le chevalet sont simples, mais bien construits. Un seul bouton de volume par pickup et un seul réglage de tonalité: il ne faut rien de plus. Seule la XB300 possède un switch à trois positions pour choisir le pickup et, de ce fait, un seul bouton de volume pour régler l’ensemble. Les pickups font des pointes dans le domaine du medium, de sorte que le grave sonne un rien trop peu en puissance. C’est surtout flagrant sur la 5-strings: en-dessous du E grave, elle sonne vraiment très faiblement.
CONFORT DE JEU Ergonomie Le contour de ces instruments BC fait qu’il en résulte un modèle bien balancé: aussi bien assis que debout avec une bandoulière, l’instrument reste bien en équilibre. Avec son poids de 3,4 kilo, on ne peut pas parler d’un poids lourd et on n’aura donc aucun problème de devoir jouer longuement. Seule la XB300, avec ses coins acérés, se joue moins facilement en position assise. Mais c’est ce genre d’instrument qu’on joue “en posant”, avec le pied sur le moniteur, par exemple. Au point de vue cutaway, elle s’avoue meilleure: les deux dernières frettes sont bien accessibles.
Action Ceci est le point faible de ces instruments: on ne parvient jamais à la régler parfaitement à 100%, quoi qu’on fasse. Si malgré tout on veut le faire selon les règles de l’art, les cordes se placent d’une manière incorfortable haut au-dessus des touches. Toutefois, je dois être ici prudent: un instrument était nettement meilleur qu’un autre. Le mieux à faire est de tester plusieurs instruments et de choisir la basse qui vous semble personnellement la plus pratique à jouer, plutôt que celle qui est la plus jolie. A mon sentiment, l’espace entre les cordes de la basse 5-string est un peu trop restreint. Le manche est à peine un rien plus large que celui des basses à quatre cordes, ce qui fait que l’espace entre les cordes s’avère trop petit pour permettre un jeu souple.
SONORITE Coloration Le son est plaisant, quoiqu’il ne faille pas attendre de miracle. La BC302 avec humbucker a fait une très bonne impression, parce qu’elle possède plus de punch. La fretless peut se comparer à d’autres basses et elle me semble idéale pour celui qui veut de temps à autre jouer un morceau fretless, mais qui n’en est pas encore vraiment certain. Ma grande préférence va vers la XB300 (quoique son aspect m’attire le moins). Aussi bien acoustiquement que par l’intermédiaire d’un ampli, cet instrument possède un rien plus d’”attitude” que les autres.
Possibilités de réglage Le réglage de volume ne fonctionne pas comme il faut: de 0 à 9, on obtient peu de sortie, mais celle-ci fait tout à coup un bond entre 9 et 10. On ne dispose donc que d’une toute petite marge pour régler le volume. Les instruments, ou tout au moins leurs pickups, repoduisent un minimum d’aigus, ce qui rend le réglage de tonalité au fond surperflu. On ne peut pas filtrer ce qui ne se trouve pas dans le son.
Applications Les basses possèdent plutôt un son allround. On peut ainsi les utiliser dans prsque tous les styles. En choisissant la fretless ou la XB300, vous serez bien sûr restreint dans vos applications, la première pour sa sonorité typique et la seconde, pour son aspect bien prononcé.
BUDGET Des prix bruts conseillés de 211,40 €uro pour la BC300 jusqu’à 230 €uro pour la BC300/5, devraient rester accessibles pour tous les budgets.
CONCLUSION Il est clair qu’on ne peut en attendre une qualité au top pour un tel prix, mais comme premier instrument, on ne peut pas sousestimer ces Stagg. Malgré les limitations inévitables, ces basses livrent quand même une qualité honnête et utilisable. Le débutant peut acheter, avec son budget restreint, un instrument qui dépasse de loin la qualité “would be” dont il avait dû se satisfaire jusqu’à présent. Celui qui veut vite un deuxième instrument, ou un guitariste, batteur, pianiste, ... qui veut s’essayer sur la basse, trouvera son compte parmi ces instruments...