[ Auteur: Paul Van Caudenberg ] [ Edition: Nr.182 - Février 2004 ]
Imaginez qu’en tant que musicien, vous avez un job dont vous pensez d’avance: bof, ce ne sera rien de spécial, jouer un peu de musique de fond jazzy au cours d’une réception, faire attention que les gens ne viennent pas rouspéter que la musique est trop forte (ce qui fait qu’ils ne peuvent plus converser). Mais par miracle, il semble régner ce soir-là une certaine ambiance dans la salle: contre toute attente, quelques personnes se mettent à danser. Les musiciens s’inspirent les uns les autres, la piste de danse s’amplit progressivement, et l’ensemble va groover et swinger de plus en plus. Bref, une soirée endiablée s’organise spontanément, où musiciens et public s’enthousiasment follement. Dommage que la petite sono semble n’être plus suffisante. Bien sûr, on joue de plus en plus fort. Au début, cela se signale par un son affreux et déformé, par la suite par des tweeters brûlés... Ce scénario aurait pu être la source d’inspiration de HK Audio: le nouveau Lucas 2000 est un système PA compact mais avec beaucoup de puissance. Autrement dit: ce n’est pas parce que les dimensions sont compactes que la pression sonore produite ne peut pas être grande.
CONCEPT
Le Lucas 2000 est le top-modèle de la série Lucas, dont chaque modèle est basé sur le même principe: un caisson de basses avec trois amplis incorporés, plus deux tops (satellites). C’est donc un système filtré semi-actif: les tops sont filtrés passivement, le caisson de basses, activement. Sur ce Lucas 2000, ils n’ont pas épargné dans la puissance des amplis: 1200W RMS pour le grave et 2 x 400W RMS pour les tops, 2000W au total. Parmi les applications, HK Audio pense à un set DJ ou une PA compacte pour un combo, pour une salle de 300 personnes maximum. A côté des amplis numériques incorporés (plus de rendement, moins de poids et de chaleur), un processeur numérique prend pour son compte différentes tâches: crossover, multiband limiter, subsonic filter. Le rendu du grave se fait par un HP de basses 18”, les tops abritent 1 HP de 12” et un driver d’aigus de 1”. Le crossover passif travaille à 2kHz (12dB/oct) et le tweeter est protégé par un “dynamic protection circuit” passif. Raccordements et réglages: tout est bien clair. Deux entrées (qui combinent XLR et jack) avec possibilité de link out (XLR), deux raccords speakon pour les satellites, deux boutons de gain pour les entrées et un bouton de réglage pour le niveau des basses. Le courant se raccorde à l’aide d’un plug powercon (il fixe le câbles, contrairement à un euroconnecteur simple) et à côté de l’interrupteur on/off, on trouve aussi un interrupteur ground lift. Comme le concept part d’un caisson de basses mono, il n’est pas possible de monter un top sur le caisson à l’aide d’une buse de raccordement: ce caisson ne possède pas de trou à sa partie supérieure. Il faut donc monter les tops sur des statifs (non compris, tout comme les câbles de haut-parleurs). Les tops sont pourvus de l’ingénieux système “Duo Tilt”, qui fait qu’ils sont légèrement dirigés vers le bas pour obtenir une meilleure dispersion/projection (voyez aussi notre test du HK Audio Linear sur www.meetmusic.com). Comme accessoire supplémentaire, HK Audio livre aussi un set de housses jolies et solides pour les trois baffles.
PRATIQUE
Les quatre roulettes facilitent naturellement le transport du lourd caisson de basses (56 kilo). En faisant un effort, on peut monter l’escalier avec deux hommes. Les tops (17 kilo) se laissent aisément monter sur un statif. Construction et finition sont impeccables. Le coating gris foncé, en combinaison avec la plaquette comportant le logo de la firme, procure plutôt un aspect rationnel. Raccorder le tout est vite fait, c’est du plug & play!
A la première écoute de divers fragments musicaux de tout aloi, on constate directement que ce système posssède un autre caractère que les autres systèmes HK Audio que je connaissais jusquà présent. Je pourrais dire moins hifi, plus perçant, un peu plus “américain”. Dans la pratique, on apprend que ceci, dans 90% des cas, aide à conserver la définition de l’image sonore. Dans la courbe de réponse, on remarque deux petites pointes à 3,15 Khz et 6,3 kHz, ce qui provoque le caractère défini de cet ensemble. Je cite quelques mots-clés que j’avais notés durant l’écoute: brillant, équilibré, chaud, charmant. La dispersion est en ordre pour des salles de petites à moyennes (ce système est conçu pour cela). Lorsqu’on compare avec notre système de référence L Acoustics, on remarque moins de définition dans le medium. Sans doute que le processeur fait office d’une sorte de “loudness”: à bas volume, le Lucas 2000 sonne particulièrement chaud et hifi; pour un volume moyen de concert, le caractère claire et plus “poppy” ressort. Si on pousse le volume (trop) fort, les basses deviennent diffuses et étriquées, comme si elles criaient: “je veux un plus grand baffle...”, mais dans ce cas, on est déjà au-delà de la limite de cette mini-PA (300 personnes). De toute façon, vu ses dimensions, ce système respire fort bien et le processeur fait en sorte que l’ensemble ne va jamais déformé.
Quand je baisse le volume du subwoofer à l’aide du bouton rotatif, j’entends à faible volume une sorte de son parasite étrange. A un volume normal ou élevé, cela ne s’entend pas, et avec le bouton du bass level sur 0dB (la position moyenne normale), aucun problème. Peut-être une maladie d’enfant du processeur ou de l’ampli numériques? Pour certaines applications, il est dommage qu’on ne puisse pas utiliser le canal des graves séparément (on pourrait alors régler le niveau des basses à partir de la table de mixage). D’autre part, ceci irait à l’encontre de la simplicité de l’ensemble et de la possibilité plug & play.
BUDGET
prix (brûts, ex. TVA) Lucas 2000 : 3499€ 2 supports / 2 cables haut-parleurs / sac : 110€
CONCLUSION
On pourrait appeler ce Lucas 2000 la GTI des PA compactes, une sorte de loup sous une peau de mouton. L’extérieur discret ne laisse pas supposer qu’on dispose de 2000W RMS. Il est le setup idéal pour le groupe ou le DJ qui ne veut pas être confronté, même dans de petites salles, avec les limites d’une installation compacte. Il n’est pas vraiment bon marché, mais il vaut amplement chaque euro.
PRO & CONTRA
PRO
CONTRA
concept
rapport puissance/dimensions + poids
plug&play
sonorité claire et équilibrée
câbles de haut-parleurs et statifs pas livrés d’origine