Meet Music Magazine Homepage
Reviews
Souscrivez
Petites Annonces
Distributeurs
Contact
Pro Sound and Light
Meet Music Magazine review: Yamaha DXR10 & DXS12
       Yamaha DXR10 & DXS12
[ Auteur: Hans Lauwens ]  [ Edition: Nr.283 - Juillet 2012 ]

aActive speakers & subwoofer




(L'article se retrouve dans Pro Sound & Light édition 283, que vous pouvez obtenir gratuitement dans plus de 650 points de distribution au Benelux. Cliquez ici pour les connaître.)


Un set actif composé d’un sub et d’un top (haut-parleur satellite) : voilà bien une combinaison dont on ne peut pas dire qu’elle soit ... unique ! Chaque marque possède cet article dans son assortiment, et dans pratiquement chaque catégorie de prix. Ce qui veut dire qu’il s’agit avant tout de se distinguer, et donc d’avoir dans ses atouts, précisément ce que n’a pas la concurrence. Yamaha est un leader du marché : il est l’un des plus gros producteurs d’instruments de musique, et l’un des plus gros constructeurs de matériel audio professionnel en général. Et ses produits sont parmi les “tout meilleurs”, dans des secteurs très différents, tant par leur qualité que par leur prix. Une position pareille, il faut la mériter!
/

/

/

Concept


La série DXR de Yamaha se compose de quatre modèles, tous actifs et fullrange à deux voies. En allant du plus petit au plus grand, ils contiennent respectivement un woofer de 8”, 10”, 12” et 15”. Cette série s’appuie sur le succès de la série DSR ; elle est conçue, d’une part, pour bénéficier d’un son de qualité supérieure, que l’on pourrait appeler au minimum de “haute définition” ; d’autre part, pour bénéficier en plus d’un rapport jamais atteint jusqu’ici entre la taille et la pression sonore. L’importateur nous a envoyé deux enceintes DXR10 pour ce test. Pour compléter la série DXR, la firme a également conçu deux nouveaux subwoofers actifs : il s’agit de la série DXS. A côté d’une enceinte équipée d’un haut-parleur de 15”, il existe aussi la DXS 12, un modèle avec un woofer de 12”. C’est un exemplaire de ce type qui nous a été envoyé pour le test. La série DXS ne doit pas être obligatoirement associée à la série DXR, mais évidemment, cette combinaison semble être l’option idéale, puisque les composants ont été conçus pour cela. Nous avons donc à notre disposition un sub de 12” et deux tops de 10” (pouvant néanmoins fonctionner en fullrange). Ne vous y trompez pas : sur papier, cela semble des plus modestes, mais dans la pratique, il en va tout autrement ! Et si les caractéristiques détaillées vous intéressent, rien de tel que d’aller jeter un coup d’œil sur le site de Yamaha.


Accessoires


Les voici : une notice d’emploi concise mais très claire, un cordon secteur et une solide boîte. Il ne m’en faut pas plus pour en retirer une impression positive ! Pour ceux qui en voudraient plus, je vois sur un formulaire de commande de bien intéressantes options, comme du matériel de suspension et d’assemblage.


Public cible et champ d’application


Selon moi, n’importe quel type d’utilisateur peut s’amuser avec le matériel livré pour notre banc d’essai. Tout d’abord, on pense à la “petite” sonorisation. Pour un DJ, ces enceintes sont tout aussi indiquées, mais quelque chose me dit que nous sommes en présence de haut-parleurs idéaux pour une scène ‘live’. A noter que, de par leur conception, les DXR peuvent aussi servir de “vrais” moniteurs au sol. Et grâce aux différents points d’attache, ils peuvent être suspendus ou être intégrés dans une installation fixe.

/

/

/
Construction


La DXS12 a fait l’objet d’une finition très classique : une solide construction en bois, une finition en peinture noire texturée, et une simple grille, qui affiche un côté sympa de par ses côtés arrondis. En face arrière, des angles bien “nets”, et donc, en face avant, des angles arrondis. A noter la présence de deux solides poignées, mais malheureusement, pas de roulettes. Pour la DXR10, le design est un peu plus osé : les enceintes ont un look plus moderne, avec une grille classique, elle aussi aux côtés arrondis, mais l’enceinte elle même possède une finition lisse et matte en matière synthétique. Voilà qui est aussi joli que sobre, mais j’émets quelques doutes quant à la durée de vie d’une telle finition : en effet, je crains que les griffes et autres éraflures ne soient très vite visibles. Ces enceintes risquent donc de perdre très vite leur look neuf. Ce qui, bien entendu, reste une supposition, étant donné que tester la “résistance” aux dommages ne fait pas partie de mes prérogatives ... Les possibilités d’utilisation des DXR ont été mûrement réfléchies : les points d’attache, élégamment recouverts et placés aux endroits stratégiques, ainsi que deux orifices pour statif (l’un droit, l’autre incliné de 7 degrés) en sont des indices révélateurs ! Autre “finesse”, la forme de l’enceinte a été conçue pour qu’elle puisse parfaitement être utilisée en tant que moniteur au sol. L’angle est parfait, mais ici aussi, j’ai un doute sur l’aspect durable de la finition, étant donné qu’il n’y a pas de pieds prévu pour la position “monitor”. On remarque la présence d’une seule poignée sur la face supérieure, et bien entendu, de pieds bien utiles quand on dépose l’enceinte. Et il y a même une cerise sur le gâteau : je m’en voudrais de ne pas mentionner que le sub comme les tops sont munis d’une vive LED blanche derrière la grille, LED que l’on peut mettre hors service si on le désire. Détail important : il n’est pas possible d’empiler les enceintes les unes sur les autres. Peut être est-ce superflu, vu que le système n’est pas prévu pour cela, mais je peux m’imaginer des situations où j’opterais pour cette solution. D’une part, la finition et la stabilité ne s’y prêtent pas, d’autre part, cela provoque certaines résonances. Car si elle reste “isolée”, l’enceinte résonne remarquablement peu - ce qui mérite sans hésitation un “bon point” -, mais dès qu’on hausse quelque peu le volume, les vibrations font que les enceintes “glissent” et donc, ne restent pas en place. La solution est donc de la déposer sur un support en té ou sur une barre de statif.


Connections


Les tops ne sont certes pas en manque de connexions ! En fait, ils ont même un petit mixer à trois canaux, chaque canal ayant son volume propre : on peut donc aisément équilibrer les trois sources. L’entrée 1 accepte des prises XLR (entrée femelle et sortie mâle), la 2 opte pour des jacks, et pour la 3, ce sont des prises RCA. L’entrée 1 possède un inverseur micro / ligne, et quand on passe en position micro, un filtre passe haut est activé automatiquement. Via sa sortie ‘thru’, le signal de l’entrée 1 peut aussi être transmis individuellement, au contraire de la sortie ‘Link out’ (XLR), qui elle, transmet l’ensemble des trois sources vers, par exemple, le DXR ou le DXS qui suit dans la chaîne. Voilà le tour fait pour les connexions, mais naturellement, il ne faut pas oublier de parler aussi de certaines fonctions complémentaires. Car ces enceintes sont équipées de deux fonctions de haute technologie propres à Yamaha et destinées à traiter le son : la fonction ‘D-Contour ‘ et la fonction ‘FIR-X tuning’. Les processeurs ont un inverseur “façade” (FOH) / moniteur, mais ils ont aussi une position pour être hors service. Je n’hésite pas à dire qu’à mon avis, la fonction D-Contour fait partie des meilleurs processeurs intégrés du marché. Son utilisation est très simple, et la qualité du son est sensationnelle ! Cependant, au niveau des tops, j’ai remarqué qu’en position moniteur, les enceintes n’étaient pas mises en valeur à 100 %. Par contre, l’utilisation en “façade” (vers le public) donne lieu à une bonne balance, avec un rapport équitable entre les voix et les instruments. La mise en service de la fonction D-Contour adapte instantanément l’image sonore, qui devient parfaite ! A signaler sans faute aussi, les filtres passe-haut sur les tops, ainsi que l’équivalent en passe-bas pour le sub. Ce filtre peut être désactivé ou activé, et ce, en position 120 Hz ou 100 Hz, suivant le but recherché. La fréquence de coupure du sub peut aussi être de 80 Hz, de sorte que son apport n’affecte que les fréquences les plus graves. En jouant et en combinant avec les positions de ces filtres, chaque utilisateur doit pouvoir arriver à construire sa propre balance sonore idéale. Sur les tops, on trouve, outre les LED habituelles (power, signal, limit et protect), encore deux inverseurs : un pour travailler en mono ou en stéréo, et l’autre, pour mettre la LED de façade en ou hors service. La fonction de cette LED n’est pas d’indiquer le niveau du signal appliqué aux enceintes, comme c’est le cas pour d’autres marques.


Utilisation et ergonomie


Je me souviens que, lors d’un précédent test, j’avais relevé quelques points négatifs en matière de maniabilité des enceintes. J’avais espéré que ces détails auraient été améliorés, mais force m’est de constater qu’à ce niveau, ce set est identique au précédent. Je trouve qu’une seule poignée sur le dessus des tops n’est certainement pas la meilleure solution. Pour la porter, la déballer et la remballer, c’est très pratique. Mais quand on doit la hisser en haut d’un statif, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas très confortable ! Une seule poignée pour les DXR, ce serait impeccable, mais à condition qu’elle soit placée sur un des côtés. Contrairement aux tops, le sub accuse un certain poids. Ici, sur de courtes distances, les deux poignées permettent de déplacer l’enceinte rapidement et sans trop de peine. Quant à l’utilisation de ces Yamaha, personnellement, je la trouve parfaite : intuitive, pratique, facile et “respirant” la qualité. Mais peut être un profane, qui n’a pas de connaissances techniques, aura-t-il tendance à être un peu plus réticent face à un éventail (trop ?) large de possibilités de réglage.


Son Qualité et rendu sonore


Les haut-parleurs se doivent d’être des constructions exemptes de résonnances et capables de diffuser une puissance acoustique raisonnable : et sur ce sujet, Yamaha en connaît un bout ! Ceci dit, il est vrai que les attentes sont relativement élevées. Et en fait, en cent mots comme en un : ce petit set “sonne” comme un signal hifi dans un casque ! Hifi, ou High Fidelity : à une certaine époque, c’était le slogan qu’il fallait utiliser pour assurer qu’une installation sonore était tout à fait fidèle à la réalité. Et c’est précisément là que Yamaha se distingue ! Dès le premier morceau joué, on savait déjà que le son était des plus naturels. J’étais tout simplement fasciné d’entendre les différents détails présents sur les morceaux de références qui font partie de mon important patrimoine discographique. Ces détails, je pouvais les entendre distinctement, détails qui, malgré tous les efforts des constructeurs actuels, se perdent dans une sorte de “bouillie musicale” dans le cas de certaines enceintes. Mais rien de tout cela pour ces Yamaha ! Tous les instruments étaient stables, finement détaillés, et ils restaient bien en position. Et avec un peu plus de volume, ici aussi, pas d’image sonore qui ait tendance à se “brouiller”. Les basses exercent une saine pression, sans pour autant masquer le reste, et sans avoir tendance à faire perdre de la définition au bas du spectre sonore. J’ai eu recours à des genres musicaux très divers, ceux-là même que j’avais déjà utilisé avec pas mal d’autres haut-parleurs, et à aucun moment, je n’ai eu à me dire, lors de ce test : “c’est pas terrible !”. Les prestations vocales brillaient par leur naturel, leur présence, leur beauté et leur pureté, avec un caractère “aéré” évitant aux voix toute tendance à être trop criardes ou trop “dures”. Les suites de notes basses, que ce soit à la guitare basse ou au trombone, étaient diffusées avec tellement d’intégrité que cela en devenait surprenant ! Tout d’un coup, j’ai réalisé que je m’étais juste “immergé” dans la musique, et que je n’avais même pas pris la peine d’aller contrôler, à l’arrière des enceintes, comment les contrôles étaient réglés. J’avais uniquement tourné les boutons de volume jusqu’à leur niveau “nominal”, mais je n’avais même pas jeté un coup d’œil au reste ! Dans le cadre d’un test, il fallait pourtant s’en occuper un peu, non ? La fréquence de coupure était en position 120 Hz. Sur 100 Hz, les petits tops doivent “trimmer” un peu plus, et le sub se contente alors de donner juste les “pêches”, que l’on ressent plus qu’on ne les entend. Ainsi, je m’attends à ce que les tops donnent un peu moins de pression sonore, mais pour être franc, c’est plutôt un préjugé basé sur la position des réglages : lors du test, je n’ai pas remarqué grand-chose de ce genre. Je ne suis pas arrivé non plus à me décider pour définir “les meilleurs réglages sonores”. Les différences restent très subtiles, et cela plaide en faveur des réserves que possède ce set. Sur le sub, j’ai essayé l’option ‘extended LF’ (basses renforcées) : à ce moment, le rendu des notes les plus graves fait vraiment oublier qu’il ne s’agit “QUE” d’un haut-parleur de 12 pouces ! L’autre option, ‘boost’, est très convaincante pour les musiques qui se doivent de posséder des basses bien présentes : cela donne un peu plus de punch, mais pas dans l’extrême grave. En combinant le ‘boost’ du sub et le ‘FOH’ des tops, je suis arrivé au résultat que je trouvais personnellement le plus convaincant. Dans le mouvement, j’ai même branché deux micros : un modèle cher et un bon marché. Et j’ai eu l’occasion de constater que les options des inverseurs donnant plus de basses n’avaient pas précisément comme résultat (handicapant) de desservir les voix en faisant ressortir toutes sortes de bruits indésirables. Cela arrive pourtant dans certains cas pour les systèmes corrigés digitalement ; mais Yamaha n’est donc pas tombé dans le piège dans ce domaine non plus. Le réglage opère comme un contrôle de ‘contour’ ou de ‘loudness’ doit opérer : en présence d’un volume faible, il ajoute un peu d’aiguës, mais surtout des graves (ici, ce sont donc des bas-médiums, car nous parlons des tops), car nos chères petites oreilles sont moins sensibles à ces fréquences quand le volume est faible. Bien entendu, pour les subs, il se produit le même effet, mais heureusement, uniquement dans les graves. Mon sale caractère est même allé jusqu’à déconnecter le sub pour faire fonctionner les tops en tant qu’enceintes fullrange, afin des pousser dans leurs derniers retranchements. Et, évidemment, cela va beaucoup moins fort, mais en tout cas, avec le réglage de contour en position FOH, il n’était absolument pas question de “chute”. Bien au contraire : musicalement, l’ensemble est resté convaincant et naturel. Bien sûr, pas pour diffuser du disco à haut niveau ou pour repiquer une guitare basse, mais restons un tant soit peu logiques ! Le rendu musical au départ d’un petit lecteur CD, à un volume plus que raisonnable, avait un son très agréable. Rappelons que les tops peuvent être placés au sol en position “bain de pieds”, et qu’il y a une position ‘monitor’ correspondante sur le réglage de contour. Naturellement, les graves sont quelque peu diminuées alors que les aiguës sont augmentées, et cela m’a donné un sentiment un peu bizarre. Quant au micro, il semblait à présent plus sensible au feedback. Je dois à l’honnêteté de dire que je n’ai écouté cette possibilité que très rapidement, sans disposer d’un autre système de sonorisation pour monter une “façade”. Donc, mon écoute en position moniteur n’a pas vraiment été appropriée si l’on regarde les conditions dans lesquelles ces tops doivent être utilisés comme moniteurs, sur un podium. Mais globalement, il est clair que le son de ce matériel a vraiment eu l’art de me séduire !

/

/
Puissance


Nous en avons déjà parlé : pour un système de cette taille, ce set Yamaha brille par son niveau nettement au dessus de la moyenne. Il est capable de diffuser de la musique lors de fêtes, d’amplifier de petits groupes dans des salles moyennes - et par la même occasion, juste après minuit, de provoquer la visite de policiers chargés de mesurer les décibels ! De plus, la configuration que j’ai testée était assez basique : un sub et deux petits tops. Mais rien ne nous empêche (sauf peut être notre budget) d’avoir un sub de chaque côté, et de recourir aux statifs de rehausse classiques, voire à un pied en té pouvant supporter deux tops, de manière à éventuellement donner à ces deux tops une direction différente pour toucher un public plus “large”. Il est vrai que dans ce cas, on utilise deux sets au lieu d’un, mais le tout reste aisément transportable, et ainsi, on peut arriver à une puissance maximale des plus respectables. J’ai d’ailleurs essayé de mettre les deux tops l’un à côté de l’autre, sur un statif surmontant le sub ; bien entendu, à ce moment je n’avais qu’un canal sur le côté gauche. La puissance que dégagent les deux tops “acoustiquement couplés” est supérieure à un seul top de taille supérieure ! Vous voulez les chiffres ? Pour le DXR10 comme pour le DXS12, Yamaha donne une pression sonore maximale de 131 dB !


Budget


Le prix officiel d’un DXR10 est de €725, VAT incluse. Le sub est un peu plus cher, soit environ €870. Les prix en magasin sont évidemment un peu en dessous, mais cela reste néanmoins une fameuse somme pour ces appareils compacts. Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient exagérément chers, au contraire : la qualité exige toujours un prix adapté. Et le set que je viens d’examiner à la loupe vaut, à tous les égards, chaque euro que vous donnerez pour l’acquérir!


Conclusion


Je peux dire, sans avoir peur de me tromper, que Yamaha a atteint l’objectif qu’il s’était fixé ! Entretemps, il s’est clairement avéré que notre set de test a brillamment converti une “bonne impression de départ” en prestations exceptionnelles, et c’est précisément ainsi que Yamaha arrive à nous convaincre. J’ai entendu un set aux sonorités très musicales, qui, “sans se forcer”, est au sommet de la qualité musicale. De plus, j’ai été surpris par la puissance, la clarté et le caractère détaillé de ce set, qui est capable de faire entendre des voix et des instruments qu’on ne remarquerait même pas en d’autres circonstances. Et la cerise sur le gâteau, c’est le prix, qui selon nous, ne fait pas particulièrement mal ... Je résume donc : il s’agit d’un investissement qui, sans le moindre doute, vaut la peine!


PROCONTRA
  • La qualité sonore
  • Le rapport qualité / prix
  • Le concept et la réalisation
  • La poignée unique des tops
  • L’absence de roulettes sous le sub
  • La finition (coating) des tops, qui paraît assez vulnérable