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Meet Music Magazine review: Roland V-Combo VR-700
       Roland V-Combo VR-700
[ Auteur: Hans Ijzerman ]  [ Edition: Nr.259 - Juillet 2010 ]

(L''article se retrouve dans Meet Music Magazine édition 259, que vous pouvez obtenir gratuitement dans plus de 500 points de distribution au Benelux. Cliquez ici pour les connaître.)

En tant que pianiste, je me pose souvent la question de savoir s’il est bien raisonnable d’embarquer deux (et même parfois 5!) claviers pour se rendre à l’autre bout du pays. Il suffit de penser au poids que l’on soulève et du nombre de câbles qu’il faut emporter, brancher et débrancher. Alors quand une marque sort une solution ‘tout-en-un’, je ne peux pas laisser passer l’occasion de l’inspecter sous toutes les coutures.

Général


Il y a quelques années, Roland a lancé le VR-760 et revient donc aujourd’hui avec un upgrade sur le marché, le V-Combo VR-700. D’après Roland, cet instrument est le live-stage keyboard ultime qui satisfait tous les désirs des claviéristes pendant, avant et après chaque concert. Citons quelques caractéristiques qui, selon le fabricant, rendent tout cela possible: la technologie Virtual Tonewheel qui produit un son d’orgue authentique avec tirettes, toute une série de sons d’ensemble dont on a besoin en situations live, un clavier waterfall 76 touches, une commande en temps réel simple et le fait que le tout est facilement transportable et qu’il se connecte rapidement. Sur l’emballage, je découvre avec stupeur qu’il est inscrit ‘V-Combo VR-700 Digital Organ’, ce qui me fait supposer que Roland a plutôt mis l’accent sur l’aspect orgue que sur un caractère ‘tout-en-un’.

Construction et ergonomie


Le boîtier en métal profite d’une jolie finition avec des panneaux en bois brun foncé brillant. Il donne une belle impression de solidité et est assez compact avec 16kg pour des dimensions de 1260x395x128mm. Il faut juste faire attention aux panneaux latéraux, le fabricant a d’ailleurs précisé un joli avertissement dans le mode d’emploi: ‘Comme tous les produits qui sont fabriqués en bois, les panneaux latéraux peuvent être facilement griffés. Manipulez-les avec le soin qu’ils méritent.’
J’apprécie que l’on trouve une solide fixation à l’arrière, où l’on peut monter le pupitre fourni avec l’engin. Mais il faut faire attention pendant le montage à ne pas griffer le châssis en métal. Dans cette catégorie de live-stage keyboards, on ne rencontre pas souvent la possibilité de monter un pupitre. Nous accueillons cette initiative de Roland avec grand plaisir!
La répartition des boutons de commande est bien pensée et exige peu d’explications. Roland reste toujours à la tête du peloton en termes de facilité d’utilisation. Tout va de soi et pour les informations plus détaillées, on peut toujours se retourner vers le mode d’emploi complet et très clair. On a prévu un seul écran, ce qui ne pose pas de problème, puisque tout peut être adapté ou sélectionné en temps réel avec les boutons de commande. Le clavier 76 touches waterfall, fabriqué en plastique, offre un bon contact avec les doigts et se prête particulièrement bien au jeu des sons d’orgue. Les touches ont exactement la bonne résistance pour permettre les effets d’orgue typique tels que les glissandos. Le terme ‘Waterfall’ n’est pas choisi par hasard, puisqu’il donne vraiment l’impression que vos doigts se changent en une chute d’eau. Mais cette médaille a un revers, à savoir quand on se tourne vers les sons qui ne sont pas des sons d’orgue. Jouer du piano avec ce type de clavier s’avère assez loin de la réalité idéale. Il est très difficile d’apporter les bonnes nuances (legato, staccato, sforzando,...) qu’un pianiste veut exprimer et entendre. Comme le clavier se joue avec beaucoup de légèreté, vous n’avez jamais l’impression d’être devant un piano. Est-ce un inconvénient? Bien sûr que non. Il faut toujours faire des choix. Il s’agit d’un excellent clavier pour les techniques d’orgue, et donc ce n’est pas un piano. Il suffit de le savoir. Et on arrive aux mêmes conclusions quand on fait le raisonnement inverse.

Connexions


Le grand avantage de cette nouvelle génération de claviers à laquelle appartient le VR-700, est qu’ils proposent de plus en plus, de série, deux sorties stéréo sur XLR (L, R) pour envoyer un signal balancé et sans interférences. Plus loin, on trouve encore à l’arrière 2 sorties jack (L/MONO, R) et 3 connexions MIDI (IN, PEDAL IN, OUT/V-LINK). Une connexion USB MEMORY permet de sauvegarder les presets ou d’autres informations système sur une clé USB externe et une connexion USB MIDI permet de connecter le clavier à un ordinateur grâce à un câble USB. Une connexion casque à l’extrême gauche et encore 3 connexions pour pédale, à savoir DAMPER PEDAL pour la pédale de sustain, EXP PEDAL pour votre pédale de volume et CONTROL PEDAL pour connecter une pédale à laquelle vous pouvez attribuer différentes fonctions. Il n’y a aucune pédale livrée avec le clavier, mais vous pouvez les acquérir en tant qu’options. Vous pouvez aussi connecter un deuxième clavier (n’importe quel clavier MIDI) au VR-700, ainsi qu’un clavier au pied grâce à la connexion PEDAL IN MIDI, de manière à profiter de la sensation de jouer d’un authentique orgue de la grande époque. Malheureusement, en passant du VR-760 au VR-700, on a perdu la possibilité de profiter des célèbres cartes d’expansion SRX ou ARX pour développer l’arsenal de sons internes avec de nouveaux sons. Dommage!

Commande


Le clavier se compose de deux groupes principaux, la partie Organ et la partie Ensemble. La partie Ensemble se commande facilement parce que les commandes se trouvent au centre du clavier. Les tirettes sont placées à gauche de la partie Organ, ce qui est parfaitement naturel pour la plupart d’entre nous. Cette section offre aussi de nombreuses possibilités d’adapter le son. Vous pouvez, par exemple, choisir rapidement d’ajouter Percussion, Vibrato ou Chorus à un son. Pour ceux qui ne comprennent pas de ce que ‘Percussion’ veut dire pour un son d’orgue: cet effet apporte un composant brillant au son, ce qui permet d’avoir un caractère ‘croquant’. Attention, en jeu en legato, on entendra cet effet uniquement sur la première note. Avec la percussion, on peut aussi apporter une articulation supplémentaire aux notes, en les jouant en staccato ou non-legato.
Pour arriver à un vrai son d’orgue, l’ajout du Rotary sound est essentiel: à l’origine il était produit par une amplification de type cabine Leslie. Ce type d’ampli contenait des haut-parleurs rotatifs pour les basses et les hautes fréquences (tweeter et woofer) qui pouvaient tourner à des vitesses différentes. Ils ont permis le son ‘modulé’ typique de, par exemple, le légendaire Hammond B3. Sur le VR-700, on peut opter pour jouer avec un son avec ou sans Rotary sound, de faire tourner les haut-parleurs lentement ou rapidement, et de ‘laisser aller’ le moteur jusqu’à l’arrêt complet en utilisant le bouton de freinage ‘brake’ de la vitesse de rotation. Le bouton Gain permet d’ajouter un boost.
Il s’agit d’adaptations en temps réel qui sont largement suffisantes lors d’un jeu sur scène, mais il est évidemment d’affiner les réglages des différents sons en naviguant dans le menu du VR-700.
La partie Ensemble contient 65 sons différents, 5 rhythm sets, 256 sons GM2, 9 GM2 rhythm sets (incl. SFX-set), qui vont du piano (celui qui est aussi utilisé dans les stage pianos Roland) jusqu’à toute une série de sons de synthé. Chaque son peut être adapté à l’aide du bouton Effect Control qui attribue un type d’effet pour chaque son. On regrettera le fait qu’il n’est pas possible de choisir soi-même le type d’effet que l’on peut affecter à ce bouton rotatif. Plus loin, on trouve un bouton Octave Shift qui permet de monter la sonorité d’une octave et d’un bouton ‘To Lower Pedal’ qui permet d’attribuer certains sons à un deuxième clavier optionnel. Il y a encore différentes manières de mieux adapter les sons du VR-700. Avec les boutons Reverb et Reverb Type on peut sélectionner 4 types de réverbération. A gauche du clavier, on trouve un ‘bender’ qui ouvre la possibilité de toute une série d’effets bien connus. Et juste au-dessus du bender, on trouve le D Beam-controller, qui génère aussi toute une série d’effets, en bougeant simplement la main au-dessus du rayon invisible qu’il projette.
A côté de la partie Ensemble, on trouve les boutons Split et Layer. Il est bien de signaler que l’on a ajouté une tirette supplémentaire pour adapter le volume de la partie Ensemble dans le mix final qui est envoyé à la sortie casque ou aux sorties destinées à être amplifiées. Il s’agit certainement d’un must quand on utilise la fonction Layer ou Split, puisque tous les sons ne délivrent pas toujours le même niveau. La partie Favorite sur le clavier donne la possibilité de sélectionner différents settings préprogrammés (64 au total), ainsi que vos propres settings. Il est aussi possible de jouer sur un total de 51 backing tracks et avec les tracks que vous pouvez charger vous-même au départ d’une clé USB. L’activation des tracks se fait au départ de la partie Player qui se trouve à l’extrême droit du clavier.

Son


Il n’y a rien à redire à propos de tous les effets qui peuvent être appliqués aux sons d’orgue. La percussion sonne bien et de manière très réaliste, et produit vraiment ce que l’on veut obtenir. En plus, le vibrato, chorus et rotary sound conduisent les sonorités vers une restitution très réaliste. On signalera aussi la polyphonie complète qui contribue à rendre toute l’ampleur des sons d’orgue. Le son d’orgue de base, basé sur le moteur sonore Virtual Tonewheel, qui est proposé au démarrage de l’engin sonne bien au premier abord, mais pas comme nous y sommes habitués sur le VK-7. Ce VK-7 est pour beaucoup une référence dans l’histoire de l’orgue digital, donc j’étais impatient de découvrir son évolution dans les samples et leur implémentation dans le VR-700. Comme tout le monde connaît l’incroyable savoir-faire dont Roland dispose en matière de développement de sons d’orgue, il est pour le moins dommage que le son de base ne réponde pas à mes attentes. Ce sont surtout les tonalités aigües et les hautes fréquences qui auraient pu être un peu plus soignées. Heureusement, il est possible de créer un son plus agréable avec les différents réglages, même si on est en droit d’attendre un son efficace dès le premier contact.
Le son de piano standard que nous retrouvons dans la partie Ensemble est de bonne qualité. Tous les sons dans cette section disposent en plus de 128 voix de polyphonie. Il est toutefois dommage que l’on ne puisse pas exprimer toute la finesse de ces sons de piano, puisque le clavier est plutôt pensé pour le monde des orgues. Le decay du son se situe autour de 30 secondes dans les graves, et le son baisse à partir de la dixième seconde. Dans le domaine de la résonance, ce son s’en tire très bien, puisqu’il franchit aisément le test le plus important à ce sujet: vous appuyez très lentement quelques touches dans le registre des graves, pour qu’aucun son ne soit produit, puis vous frappez fort et très brièvement une note dans les médiums, et vous entendez très clairement les bonnes harmoniques. Il s’agit d’une manière extrême de teste la résonance, mais cela révèle ce qui se passe lorsque l’on joue normalement. Joli travail! La qualité reste constante, que l’on joue avec un bon casque ou avec une amplification externe. Il faut juste bien veiller, quand on joue au casque, à ne pas pousser le volume à fond. Le mieux est de mettre le bouton vers 60 à 75 pour cent, ce qui épargne vos petites oreilles et évite la distorsion.

Budget


Le Roland V-Combo VR-700 coûte 1699 euro (prix brut conseillé, sans tva). Ce qui est loin d’être exagéré. Roland mise clairement à la fois le marché des professionnels et des amateurs.

Conclusion


Le Roland V-Combo VR-700 est un agréable clavier qui donne une belle impression de solidité et qui ne laissera pas le marché des professionnels indifférent. Et chacun de nous espère trouve un clavier qui offre un confort aussi bon que possible pour tous les styles de jeu. Cet instrument dispose d’un exceptionnel clavier d’orgue de type waterfall, ce qui en fait un clavier tout-terrain pour le joueur d’orgue qui souhaite utiliser des sons de piano et d’autres instruments. Les sons de la partie Ensemble sont largement suffisants pour quelqu’un qui joue dans un groupe de reprise des années 70, mais devraient être un peu plus fournis pour jouer un répertoire plus contemporain. Dans tous les cas, le caractère ‘tout-en-un’ n’est clairement pas évident à mettre en oeuvre dans un clavier, mais au vu du prix, on ne pouvait pas attendre beaucoup plus, bien évidemment. Pensez bien à la manière dont vous allez utiliser ce clavier, parce que c’est le critère prépondérant pour savoir si vous allez en retirer de la satisfaction. Je vais devoir encore un peu reporter mon rêve ultime de pouvoir me balader partout avec un seul clavier...


PROCONTRA
  • boîter solide
  • pupitre montable
  • clavier waterfall parfait pour le jeu d’orgue
  • clavier waterfall moins indiqué pour le piano
  • le caractère ‘tout-en-un’ du clavier pas tout à fait au point