Très souvent, on trouve – par catégorie d’instruments – des marques qui sont très spécialisées et qui s’orientent vers un groupe cible précis. Leurs autres produits passent alors inaperçus ou sont même totalement inconnus. C’est le cas aussi pour la marque anglaise Orange. Cette marque est surtout connue par les guitaristes, mais ils proposent aussi des produits pour les basses. Je teste aujourd’hui le Terror Bass pour vous. J’ai la curiosité de tester quelques notes avec l’engin, et cela confirme que les bassistes ont bien tort de méconnaître cette marque. Mais voyons tout cela en détail!
CONCEPT
Orange est une marque qui, depuis les années 70, porte haut le drapeau anglais dans le monde de l’amplification guitare. Notre Terror Bass est en fait la version basse du désormais célèbre Tiny Terror des guitaristes. L’option d’Orange pour cette gamme était de produire des amplis compacts et légers, mais qui resteraient fidèles au son et à la puissance chers à la marque. La version basse est un ampli hybride avec des lampes pour le préampli et des transistors pour l’étage de puissance.
Construction
Le Terror est assez compact, avec une grosse poignée sur le dessus. Il est d’ailleurs facile à transporter, puisqu’il n’accuse que 5 kg sur la balance. Pour le reste, il se distingue par un boîtier costaud avec des grilles de ventilation sur le dessus, les côtés et la face arrière. Ce qui permet de bien voir les lampes et de pouvoir facilement les contrôler. Sur le côté gauche, on aperçoit la ventilation qui permet de bien rafraîchir la bête, il fait son boulot mais produit évidemment un bruit de fonctionnement. Les boutons de réglage se trouvent à l’avant et se présentent sous la forme de boutons classiques, que l’on retrouve plutôt sur les guitares basses? Les réglages sont tous marqués par des icônes rigolotes. L’entrée instrument se trouve à sa place, sur la gauche. Ben oui, ce sont quand même des Anglais. A la gauche de l’entrée, on trouve le switch on/off et sa lampe ainsi qu’un switch de standby. Les sorties haut-parleurs sont sur la face arrière, tout comme le câble d’alimentation. Sur le côté droit, on trouve une sortie balancée sur XLR avec un interrupteur pour la terre, ainsi qu’un send et return pour la boucle d’effets.
Mode d’emploi/accessoires
Dans l’emballage, on trouve une feuille qui comporte des instructions pour garantir une longue durée de vie au Terror Bass. A part cela, aucun mode d’emploi, mais on ne peut pas dire que ce soit véritablement indispensable, tout va de soi. Le constructeur aurait peut-être se fendre d’une petite explication à propos de l’entretien et du remplacement des lampes. Bien sûr, vous devrez faire un saut chez un entretien en cas de réparation, mais bon, cela aurait pu aider pour de petits dépannages. On trouve aussi un solide sac de transport avec une pochette destinée au câble d’alimentation sur l’avant. Ils ont même prévu une sangle d’épaule pour pouvoir transporter facilement ce Terror Bass.
Possibilités
Possibilités de connexion
A l’avant, on trouve une entrée instrument accompagnée d’un interrupteur actif/passif pour adapter l’entrée en fonction de l’instrument que vous utilisez. Sur la droite, on trouve une sortie balancée sur XLR avec un interrupteur pour la terre, à utiliser dans le cas où l’arrivée de courant électrique n’est pas de bonne qualité. Du même côté, on trouve le circuit de la boucle d’effets avec send et return, ce qui permet de séparer les effets du circuit instrument. Très pratique si une de vos pédales vous lâche, cela vous permet de continuer à jouer malgré tout. A l’arrière, on trouve les deux sorties ‘speaker’ qui permettent de relier l’ampli à deux enceintes. Il est dommage que ces sorties soient uniquement de type speak-on. Bien sûr, le speak-on offre une meilleure qualité, mais malheureusement de nombreuses (vieilles) enceintes sont encore câblées en jack.
Possibilités de réglage
Sur le plan des possibilités de réglage, le Terror se montre assez basique, mais cela ne devrait pas poser de problème à l’usage, parfois l’expression ‘less is more’ vient bien à point! On dispose d’un bouton de gain pour régler le signal entrant, avec un switch actif/passif. Puis on trouve l’égalisation composée des trois boutons bass, mid et treble, pour régler les fréquences. Puis un bouton de volume et un switch on/off et un standby.
Son
A ce niveau, j’ai été franchement et agréablement surpris par le Terror. Dès les premières notes, je me suis senti parfaitement à l’aise dans le jeu. Je pourrais décrire le son comme chaud et rond, mais avec beaucoup de punch et de définition. Un bon son passe-partout: jeu aux doigts, slap et onglet, tout sonne bien, même sans devoir toucher à l’égalisation. Et c’est un excellent indicateur de la qualité d’un ampli. Un ampli qui sonne bien même en position neutre, j’aime beaucoup. L’égalisation est très sobre, mais fait son boulot avec beaucoup d’efficacité.
Application
Très compact, ce Terror est idéal pour les répétitions, surtout si vous avez des doutes sur la sécurité de votre local. Avec le son qu’il produit et sa bonne DI, il est parfait pour le travail en studio. La puissance et la combinaison du préampli à lampes et de l’étage de puissance à transistors lui permettent aussi d’être parfaitement à l’aise sur scène. En résumé: un choix judicieux pour les amateurs sérieux et les pros. Le Terror existe aussi dans une édition 1000 watts, au cas où vous estimeriez que les 500 watts sont trop courts.
BUDGET
Ce petit monstre affiche un prix conseillé de 748,51 euro, hors tva. Pas vraiment donné au premier regard, mais on en a pour son argent!
CONCLUSIE
Compact, léger et facilement transportable grâce au sac de transport et à sa poignée confortable: voilà les principaux points forts de ce Terror Bass. Viennent ensuite un bon son et des possibilités de réglage basiques, mais qui se montrent efficaces et permettent d’affiner à volonté. Le boîtier est très costaud et résistera aux coups durs. Il est aussi très clair en ce qui concerne les réglages et les connexions. Les amplis légers et compacts ne sont peut-être plus un concept original chez la plupart des fabricants, mais celui-ci emporte le morceau par rapport à ses collègues en parvenant à combiner le moderne et l’ancien. On dispose d’un préampli à lampes, et un étage de puissance à transistors, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des marques. Le prix n’est pas des plus bas, mais le savoir-faire britannique se paie. Et sur ce plan, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles: les Anglais sont reconnus pour la qualité et la solidité de leur matériel. Seul petit regret au tableau, l’absence d’une sortie jack, mais à part cela, ce Orange Terror Bass m’a vraiment bien plu. La cavalerie britannique peut être fière de ce nouveau petit cheval de bataille. A tester, sans aucun doute!