Il faut avoir un certain courage pour lancer actuellement sur le marché un système d’amplification qui ne ressemble pas à un line array. Et pourtant, on voit revenir de plus en plus de systèmes de sono conventionnels. Pas seulement parce que l’effet marketing du concept ‘line array’ commence tout doucement à s’essouffler… aussi parce que le gros des applications d’un stack ‘sub + top’ fonctionne mieux qu’un line array. Le système HK Icon est un exemple typique d’un système avec top et sub, avec amplificateurs intégrés.
Le système
Le système que nous avons testé se compose de quatre subs IC 118 BA et deux satellites IC 112 LA. Sur les deux types d’enceinte, on retrouve un chariot de transport, mais qui n’est pas placé, comme à l’habitude, à l’avant, mais bien à l’arrière, sans doute en vue de protéger le module d’amplification. Ce qui a pour conséquence que les faces avant ne sont pas protégées, mais elles ont l’air suffisamment solide pour pouvoir résister aux impacts. De plus, notre set a été fourni avec des housses de protection, mais qui sont en option.
Les subs ont un aspect très costaud, mais leur poids se montre assez raisonnable (54kg). Ils sont pourvus sur deux faces d’un point de fixation pour des pieds filetés, ce qui permet de les utiliser aussi bien en position couchée que debout. Dans le sub, on trouve un seul driver Neodymium 18” de Celestion, qui est utilisé dans une configuration ‘bandpass’. Cela veut dire qu’il y a des espaces de résonances montés dans l’enceinte, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. L’avantage de cette technique est que l’on peut obtenir plus de rendement dans un domaine de fréquence défini par rapport à une configuration bass reflex normale. La hauteur de l’enceinte est fixée à 90cm, pour que l’on puisse atteindre 1m80 si on en empile deux: la hauteur idéale pour le satellite. Idéal sur un plan acoustique, bien évidemment, parce que si l’on considère que le satellite pèse juste en dessous des 50kg, il n’est pas vraiment évident pour deux personnes normalement constituées d’aller en placer un au-dessus des subs.
Le satellite est équipé d’un 12” à pavillon. Et placé de manière concentrique dans ce pavillon, on a un deuxième pavillon de plus petite taille avec un compression de 1,4”. La dispersion est de 60x40 degrés, et on dispose de plusieurs fly tracks pour pouvoir suspendre cette enceinte.
A l’arrière du satellite, on trouve le module d’amplification, qui est équipé d’un processeur digital. Sur le module, on trouve une entrée, une sortie link, et une sortie séparée pour les subs, le tout sur XLR. On trouve aussi un interrupteur trois positions, qui permet de régler la sensibilité d’entrée. Plus loin, on trouve une connexion Powercon pour l’alimentation. Et ensuite trois connexions RJ45. Les satellites peuvent se commander par ordinateur, via un protocole qui s’appelle ‘BV net’. Cela veut dire que, en plus du logiciel, on a besoin d’un ‘POD’, un appareil qui traduit le signal USB ou RS232 avec le protocole BV. Sur le module, deux des trois RJ45 sont dédiés au ‘BV net’ (in et link). La troisième RJ45 sert à envoyer l’information de l’ampli des subs vers le processeur des satellites. Et pour conclure, il y a un interrupteur qui permet de remettre l’enceinte dans un réglage ‘standard’, et qui neutralise les éventuels réglages qui auraient été faits. Très pratique dans le cas où l’utilisateur précédent a programmé des réglages dont vous n’avez pas besoin… et que vous n’avez pas d’ordinateur sous la main pour procéder aux réglages.
Le module d’amplification du sub est assez similaire, sauf que l’on ne trouve pas de connexions pour le ‘BV net’. Ces modules sont donc pourvus d’un ampli, mais pas de processeur.
Dans la pratique
Si on ne tient pas compte du poids du satellite, l’installation de ce système se fait sans aucun problème. On connecte le courant, les XLR pour le signal d’entrée et les RJ45 entre les satellites et les subs…. Et on est parti. Lorsque vous branchez l’alimentation, les enceintes vous le font remarquer de manière acoustique en émettant de petits ‘plops’. Ce n’est pas vraiment top, mais pas grave non plus. Le module s’arrange ensuite pour que le niveau d’entrée monte progressivement pour atteindre le niveau défini.
Avec les réglages de base, ce set garantit un résultat sonore très agréable. Le top aigu est frais, et le haut médium est un peu atténué, ce qui lui évite d’être agressif. Cela rend le tout agréable à l’oreille, mais cela retire peut être un peu de clarté dans le domaine de la voix. Les IC 112 manquent peut-être un peu de chaleur, mais c’est lié à l’utilisation du 12” à pavillon. Le pavillon aurait du être quatre fois plus gros pour faire efficacement son boulot jusqu’à 130 Hz (la fréquence de coupure). L’efficacité de ces tops est telle qu’elles produisent une fantastique pression acoustique pour des caisses relativement petites. En ce qui concerne la dispersion, le système s’en sort très bien aussi. Avec le top placé à 1m80, on peut approcher du stack jusqu’à un mètre, sans que l’aigu ne disparaisse. Dans la dimension horizontale, grâce au pavillon, le son sort du domaine de dispersion de manière très homogène sur un très large spectre de fréquences.
Les subs aussi sont particulièrement efficaces alors qu’ils sont seulement équipés d’un seul 18”. C’est évidemment explicable par la configuration bandpass, mais aussi par l’agencement de l’enceinte. Le réglage est principalement centré sur le rendement dans le secteur entre 60 et 100 Hz, sous les 50Hz on n’a pas grand-chose. Pour le reste du spectre, le IC 118 équipé d’un seul 18’’ atteint sans doute le même rendement que d’autres subs équipés de deux haut-parleurs de 18’’. Pour la musique live et les dj, il s’agit pourtant du domaine le plus intéressant, seuls les puristes regretteront peut-être ce qu’il manque en dessous de 60 Hz.
A côté du réglage de gain, on ne peut rien modifier à la main avec ce système. Par contre, la connexion avec un ordinateur donne accès à toute une série de paramètres, notamment un égaliseur paramétrique 8 bandes, des filtres passe-haut et passe-bas, delay, etc. En plus, il y a une sorte de ‘log book’ qui permet de visualiser tout ce qui s’est passé dans le système au fil du temps. Très intéressant si vous louez ce système à des tiers, vous pourrez voir comment le système a été traité. Si vous voyez, par exemple, que le set a été poussé dans ses derniers retranchements du début à la fin, vous savez que votre client n’a pas vraiment été respectueux de votre matériel…
Budget
Ce modèle convient particulièrement bien aux sonos et dj, et il permettra d’arroser généreusement en décibels un public de 500 personnes. Avec un prix fixé autour des 16.000 euro (hors tva), on n’est pas vraiment dans la catégorie amateur, mais les entreprises de location, les groupes live professionnels et les dj qui jouent souvent pourront récupérer rapidement leur investissement.
Conclusion
Cet Icon est un système de sono puissant et qui sonne vraiment bien. Il est réellement efficace, vous n’avez pas besoin d’amplificateurs externes, et le fabricant a pensé à l’aspect pratique de leur disposition. Grâce aux orifices et aux pieds, les caisses s’empilent parfaitement. Seul l’empilage du satellite exige du courage et de l’audace. Et on peut donc discuter du bien-fondé d’un système de sono de cette taille avec des amplis intégrés… D’un côté, ces modules permettent de profiter d’une solution réellement ‘plug‘n play’. Mais d’un autre côté, c’est du boulot que devoir connecter l’alimentation, le signal et les câbles RJ45 pour chaque enceinte (remarquez que cette dernière connexion n’est pas nécessaire), alors que quand on utilise un rack d’amplis, il suffit de connecter un speakon par caisse. La commande par ordinateur est très pratique, mais je suspecte qu’elle ne sera pas utilisée dans la plupart des cas. Et le fait que pour pouvoir l’utiliser, on a besoin d’un appareil supplémentaire (le POD), qui n’est pas en vente dans le premier magasin d’informatique venu, peut aussi poser un problème. Le groupe cible de ce système sera donc sensible à un set qu’il suffit de brancher pour se mettre au boulot, qui sonne bien et qui ne demande pas trop de chipotage. Dans ce domaine, l’Icon vaut réellement le détour.