Focusrite est une marque mythique dans le monde audio. C’est une marque qui a fait (et fait toujours) un succès dans le monde analogique, et qui a su évoluer dans l’univers numérique. Il suffit de penser au Liquid Channel ou au Saffire pro 24 DSP qui fait l’objet de ce test.
PRESENTATION
Le Saffire PRO 24 DSP est une interface permettant de connecter des microphones, des signaux de niveau ligne ou des instruments à votre ordinateur via le FireWire. Des connexions en numérique sont également possibles, et le MIDI est également présent. Vous pourrez donc aisément enregistrer et mixer sur votre logiciel favori. Le logiciel Saffire MixControl qui accompagne le boitier apporte encore plus d’options d’enregistrement, routage et écoute de contrôle (monitoring), ainsi que la possibilité de contrôler les réglages globaux de l’interface comme la fréquence d’échantillonnage et la synchronisation.
DESCRIPTION
Le boitier pèse mille cinq cents grammes et mesure 21,5 x 4,5 x 22 cm (L x H x P). Il semble robuste et un peu austère: tout de noir vêtu avec quelques discrètes touches de bleu et de l’argenté pour les boutons et le sigle Focusrite qui brille comme un bijou. On remarque à l’avant deux entrées combinées XLR/jack (connecteur mixte) avec les deux réglages de gains séparés (max 60 dB de gain) et un bouton pour l’alimentation fantôme commune. Quatre colonnes de cinq leds donnent des informations sur le niveau d’entrée. A droite de celles-ci sont placés le réglage de niveau des moniteurs, complété par un interrupteur ‘dim’ et un bouton ‘mute’, et deux prises casques avec réglages de niveau individuels. Passons à l’arrière si vous voulez bien... On y compte deux entrées ‘ligne’ en jack TRS et six sorties au même format. Une entrée numérique est présente, sous forme d’une entrée optique (Adat ou S/Pdif). La prise FireWire également, ainsi qu’une entrée et une sortie MIDI. On termine par une entrée et une sortie numérique en S/Pdif électrique (RCA) et l’interrupteur on/off, au-dessus de la pris du transfo 12 volts (fourni).
UTILISATION
Le cd d’installation comprend outre les pilotes et le logiciel d’installation un logiciel Saffire Mix Control et une suite de plug-ins pour Mac ou Windows (compresseur, égaliseur, gate, reverb) et un logiciel Ableton Live LE7. Et il y a également un peu plus d’un giga-octet d’échantillons libres de droit (‘Loopmasters’ et ‘Mike the Drummer’). La connexion peut utiliser le FW400 ou FW800. Si on travaille en 800, il n’est nul besoin d’utiliser le transformateur. Par contre, en 400 il sera nécessaire. L’installation se fait aisément. Il est loin le temps où on prévoyait la boîte de calmants et dix séances de psychothérapie lorsqu’on installait la moindre interface. Ici tout roule, pour autant que vous utilisez au minimum Windows XP SP2 ou supérieur ou OS X10.4.11 sur mac. Dans les deux cas le constructeur recommande au moins 1 GB de ram, mais à l’heure actuelle, seuls les vrais masochistes et les batteurs travaillent avec moins de cela (et il y en a qui cumulent). Le Saffire PRO 24 DSP est compatible avec toute DAW utilisant des pilotes ASIO sous Windows et Core Audio sur mac. Il est possible de travailler en 24 bit à une fréquence d’échantillonnage de maximum 96 kHz. Le logiciel Saffire MixControl permet un mixage et un routage flexibles de tous les signaux audio vers les sorties audio physiques, ainsi que le contrôle des niveaux de sortie d’écoute. Tous les réglages de sélection de fréquence d’échantillonnage, synchronisation numérique et taille de mémoire tampon (buffer) sont paramétrables depuis le Saffire MixControl. Le choix d’entrer en micro ou en niveau ‘ligne’ ou avec un instrument se fait via le ‘MixControl’, et les entrées supplémentaires seront uniquement en niveau ‘ligne’ via les connexions à l’arrière du boîtier. Il y a moyen d’ajuster le niveau de ces entrées à nouveau de manière logicielle. Le choix est limité à deux possibilités: ‘Lo’ (gain faible) ce qui correspond à 0 dBFS= +16 dBu ou ‘Hi’ (gain élevé) 0 dBFS= -6 dBu (soit -10 dBV). La table de mixage virtuelle sert à créer des mixages de retour (écoute au casque ou monitoring). Ceci est très bien organisé car l’utilisateur dispose de plusieurs onglets (Mix1, Mix2, Mix3, Mix4 …) qui reprennent à chaque fois un ‘mixage’ différent, en fonction de ce qui est demandé au casque ou dans les moniteurs. C’est plus intuitif que les traditionnels boutons d’envoi d’auxiliaires et aussi plus simple à régler. Ce genre de détail permet de constater que le logiciel est bien pensé. Les six sorties analogiques permettront de travailler en stéréo, ou en surround (ou encore en 2+1 si vous mixez avec un caisson de grave). Il est également envisageable de disposer de trois paires d’écoutes avec réglages individuels (les petites, les grosses, les moyennes). Encore une bonne idée dans une petite boîte… Les plug in peuvent être utilisés dès l’enregistrement. Le DSP est intégré au boitier et il st donc possible d’appliquer un traitement numérique aux entrées analogiques de l’appareil. Ceci est limité au compresseur et égaliseur (un par canal). Ils sont modélisés d’après les modèles de la marque. Il est donc permis d’enregistrer avec ou sans traitement. C’est donc une option intéressante. L’utilisation de reverb se fait comme pour les mixages ‘casques’: l’envoi se fait via une table de mixage virtuelle. Un peu comme sur les tables numériques où l’on gère les envois au fader. On s’habitue vite à ce confort et on visualise aisément les réglages. L’utilisateur peut agir sur l’égalisation de l’envoi de manière basique (un filtre passe haut ou passe bas), sur la taille de reverb et sur l’absorption ou l’amortissement de la reverb. Une autre fonction intéressante (mais plus ‘gadget’ selon moi) est la possibilité d’utiliser le VRM, soit Virtual Reference Monitoring. Soit la possibilité d’écouter votre mixage comme s’il passait au travers différentes écoutes, et dans différents environnements. Les noms des écoutes modélisées sont cités, et elles sont nombreuses. Il ne faut pas attendre de miracle: si vous écoutes sont pourries, une simulation d’écoute haut de gamme ne va rien arranger. D’ailleurs Focusrite le précise bien dans le mode d’emploi (qui est clair et détaillé à souhait, même les débutants s’y retrouveront). Cette modélisation est principalement utile pour le casque. Mais tout le monde sait que mixer au casque n’est jamais une bonne idée… rien ne remplace une paire de très bons moniteurs dans une acoustique correcte. Cela dit, c’est sympa à Focusrite d’avoir intégré le VRM, c’est un cadeau bonus qui ne se refuse pas. Mais passons aux choses sérieuses…
QUALITE SONORE
Focusrite possède une solide réputation dans le domaine sonore. Le budget est naturellement en rapport. Ici toutefois le prix est clairement et volontairement tiré vers le bas. Mais qu’en est-il du son? Première constatation: je suis favorablement impressionné. Un son plutôt aéré, bien défini et qui respire. A la lecture des chiffres, on constate que la dynamique en A/N ou en N/A est de 105 dB. Bien sûr, ce n’est qu’une indication, mais on constate rapidement qu’il est possible de réaliser des prises de son très correctes avec ce matériel. Les plug in m’ont plu, je ne le cache pas. Avec le compresseur on arrive à garder un son très naturel ou à colorer quand on va vers des réglages plus extrêmes. Idem pour l’égaliseur, qui peut travailler de manière précise et sans coloration particulière si on le souhaite. Les sorties ‘moniteurs’ rendent un son très correct. Bien entendu, si vous disposez d’écoutes rikiki, il ne faut pas accuser le Saffire, car il rend un son très honorable. Idem pour les sorties casques, qui rendent un son de qualité et disposent d’une grande réserve de puissance. Focusrite n’a donc pas à rougir avec cette petite machine. Pour les loop fournis, il y a à boire et à manger mais certains seront enchantés alors que d’autres resteront sur leur faim… suivant les goûts et des couleurs. Selon moi il y a en tout cas des choses très utilisables.
BUDGET
Nous sommes en présence d’un matériel peu onéreux, malgré tout ce que j’ai évoqué plus haut. Ne tournons pas autour du pot, le prix est de 369 euro (prix brut conseillé, hors TVA). On ne peut pas dire que cela soit cher. Et avec les possibilités offertes, on peut réaliser de très honorables maquettes à domicile, sans se disputer avec Bobonne. Excellent rapport qualité/prix/paix des ménages donc.
CONCLUSIONS
Résumons-nous: une interface robuste, bien pensée, avec de nombreuses connexions (dont deux prises casques), et tout ce qu’il faut pour le home studio, y compris des plug in utilisant le DSP de l’interface. Sans oublier le nom. C’est peut-être une évidence, mais une grande marque assure toujours un meilleur service après vente qu’une marque inconnue. Et vu le prix extrêmement réduit, vous n’aurez plus d’excuse pour passer à côté de ce modèle Focusrite. Cette interface Saffire Pro24 DSP est petite, bien faite et pas chère. Que voulez-vous de plus? Un bon mode d’emploi? Tas de veinard, il est compris dans le prix!