Par les temps qui courent, il n’y a plus un seul bassiste qui puisse ignorer l’existence de Markbass. Voici quelques années, cette firme italienne avait créé la sensation en lançant sur le marché des amplis et enceintes pour basses particulièrement légers. Et bien qu’entretemps, Markbass ait incontestablement gagné ses galons, ce n’est pas pour cela que la firme se repose sur ses lauriers. Le rythme effréné selon lequel elle sort de nouvelles séries, des adaptations, ou de nouveaux concepts est vraiment difficile à suivre … Après avoir construit du matériel “physique” pour les basses, Markbass s’est entretemps lancé dans le marché virtuel avec le MarkStudio (MMM 224), et à présent, voilà que la firme débarque sur le marché avec un tout nouveau concept: le Momark.
CONCEPT
Le concept du Momark est simple: il s’agit de se créer son propre ampli pour basse idéal, et ce, en sélectionnant des éléments modulables séparés, selon son choix. Comment cela se passe-t-il en pratique? Eh bien, pour commencer, on choisit parmi différents châssis. Dans ces châssis se trouvent d’origine un amplificateur de puissance, mais aussi trois emplacements vides destinés respectivement à un module master, un module préamplificateur et un module d’égalisation. Il existe différents modèles pour chaque type de module, il suffit de faire son choix.
MODE D''EMPLOI
Quand on parle de professionnalisme … Le concepteur de sites de Markbass a développé un tout nouveau site spécialement pour le Momark: grâce à ce processus, il vous est loisible d’assembler virtuellement votre propre composition. Le site vous guide dans votre choix via les caractéristiques qu’il fournit pour chaque module. C’est très amusant à faire, mais c’est aussi très pratique, car on peut simplement imprimer le résultat de ses choix et prendre sa “copie” quand on va au magasin …
Construction
La base est un châssis en ABS, un rien plus grand que le Little Mark, disons, la taille d’une bonne grosse boîte à chaussures. Donc, dès le départ, ce châssis renferme un amplificateur de puissance. On a le choix entre deux variantes analogiques de 250 et 500 watts, et deux variantes digitales de 600 et 800 watts. Pour notre test, nous disposons de l’ampli de 500 watts.
En face arrière, on trouve un jack de sortie pour haut-parleur, une sortie pour accordeur (pour pouvoir brancher votre accordeur sur un circuit séparé), une boucle d’effets avec ses deux connexions (send et return), une sortie XLR avec débrayage de la prise de terre, et une sortie pour se brancher sur une sono, avec au choix, un signal pris avant ou après l’égalisation.
POSSIBILITES
Si je me mets à vous parler des modules interchangeables, vous devinez que la liste risque d’être assez longue … Je vais donc faire un rapide survol des combinaisons possibles. Tout d’abord, il existe six modules de préamplification différents. Ensuite, on a le choix entre cinq modules d’égalisation et quatre modules master. Tout ceci autorise évidement une multitude de combinaisons à l’arrivée! Il nous faut donc rester synthétique quant à la description de ces trois types de modules.
Commençons par les préamplis. Le S1 est un préampli à transistors doté d’une seule entrée, d’un bouton pour régler le gain et d’une LED signalant le ‘clipping’, autrement dit, quand le signal entrant est trop puissant et produit de la distorsion. Le S1M possède les mêmes caractéristiques, mais propose en plus un switch de ‘muting’. Vient ensuite le T1M, un préampli à tube avec un switch de ‘muting’ et un bouton de réglage pour obtenir un son chaud ou un son clair. Le S2 est un préampli à transistors auquel on peut brancher deux basses en même temps ; il possède donc deux entrées, chacune étant dotée d’un bouton de gain. Le cinquième préampli, le S1MHE, est un préampli construit avec des composants choisis (en traduction, des composants d’une qualité un peu supérieure). Pour le reste, il ne se distingue pas particulièrement du S1M. La même approche vaut pour le T1MHE, mais avec cette fois, la technologie des lampes.
Passons maintenant à la section égalisation. Dans ce domaine, nous commençons avec l’EQ0, sans possibilité de réglage: l’objectif est de garder la sonorité “pure” de votre basse. Vient ensuite l’EQ4, une égalisation à quatre bandes, avec les réglages low, low mid, high mid et high, bref, une égalisation très “standard” pour une basse. L’EQ42S est également une égalisation à quatre bandes, mais dotée de deux réglages d’égalisation semi-paramétrique. Il est donc possible, pour les low mid et les high mid, de régler à la fois la fréquence centrale et le volume de la fréquence choisie. Quant au EQ7G, il s’agit d’une égalisation graphique à 7 bandes, on est donc encore un stade plus loin! Avec cette option, on peut donc régler avec de petits curseurs les fréquences suivantes: 40 Hz, 80 Hz, 250 Hz, 400 Hz, 1 kHz, 2 kHz et 4 kHz. Et pour terminer, nous avons aussi l’EQS4, qui est à utiliser avec le préampli S2 à deux canaux: ainsi, chaque canal peut être réglé individuellement via sa propre égalisation. En fait, il s’agit d’un double EQ4.
Enfin, nous arrivons aux modules master, qui sont au nombre de quatre. Le M0 possède un bouton de réglage de niveau master et un limiteur à deux bandes intégré. Le MVV possède les mêmes caractéristiques, mais aussi les filtres Markbass bien connus, le filtre VLE et le filtre VPF. Quant au MVVL, il possède un bouton de plus destiné à régler le niveau de la sortie ligne. Et nous fermerons la marche avec le M2VLFM. Ce dernier possède un niveau master, un filtre VLE, un niveau de sortie ligne, plus une connexion pour un interrupteur à pied qui permet de sélectionner deux canaux et d’activer la fonction de muting. Comme vous l’aurez déjà deviné, ce dernier est à utiliser avec la configuration à deux basses, donc avec le préampli S2 et l’égalisation S4.
QUALITE DE SON
Il faut savoir que le son est avant tout formé par les modules de préamplification et d’égalisation. En effet, les modules master ont peut d’influence sur le son, sauf ceux qui sont dotés des filtres VLE et VPF.
Si votre but est d’arriver au son bien connu de Markbass, et en particulier, du Little Mark, je vous conseille alors la combinaison suivante: les préamplis à transistors S1, S1M, S2 ou le S1MHE, avec l’EQ4, l’égalisation Markbass bien connue, et comme master, le module MVV, qui est doté des deux filtres, VLE et VPF. Le filtre VLE rehausse les fréquences basses pour obtenir un son avec plus de “pêche”, et le VPF “creuse” les fréquences médiums. Dans ce cas, on obtient un son clair et bien défini, avec ce qu’il faut de basses, un son qui est déjà familier à nos oreilles. Cependant, si vous désirez un son plus “sale”, je vous conseille alors le T1M, le préampli à lampes, qui donnera plus de chaleur à votre signal. Quant au T1MHE, je le trouve plus indiqué pour les bassistes qui aiment un son plus rock, qui “ronronne” plus et possède beaucoup de basses. Avec les modules EQ42S et EQ7G, on peut encore renforcer le son dans les médiums, ce qui enrichir encore le son et lui donne plus de “pêche”. Par contre, si vous voulez rester “basique” et laisser votre basse faire le boulot “toute seule comme une grande”, il est plus indiqué de combiner un préampli S1 avec une EQ0 et un module master M0. Bref, tout le monde peut trouver son bonheur! Il est très important que vous puissiez essayer plusieurs combinaisons, car bien entendu, les goûts et les couleurs ne se discutent pas … Par exemple, ma combinaison Momark favorite est le T1M, avec l’égalisation EQ42S et le MVVL. Mais pour vous, cela peut évidement être quelque chose de tout à fait différent. Allez, hop, on fonce vers le magasin le plus proche! Mais, euh … cela ne vous ferait rien de lire quand même la fin de mon article?
Champ d’application
C’est vraiment un concept sympa, ces modules! Je les vois bien dans les mains de bassistes sérieux et très préoccupés par leur sonorité. En d’autres mots, je pense aux bassistes (semi)professionnels qui flirtent avec différents genres musicaux. Pour le travail en studio, le Momark est aussi tout indiqué, car il peut être facilement adapté à divers types de productions. L’ensemble des choix à faire est sans doute trop important pour les bassistes qui jouent pour leur plaisir, mais dans ce cas, ils peuvent se tourner plutôt vers le reste de la gamme Markbass.
BUDGET
Tenez-vous prêts, car je me lance dans la liste des prix (tous sont des prix bruts conseillés et hors TVA). Le châssis de 500 watts que j’ai eu en test coûte 589 euros. Les autres châssis coûtent 479 euros pour la version de 250 watts, 679 euros pour la 600 watts et 779 euros pour la 800 watts. On passe aux préamplis: le S1 coûte 69 euros, le S1M, 85 euros, le S2, 135 euros, et le S1MHE, 169 euros. Les préamplis à lampes coûtent 109 euros pour le T1M et 229 euros pour le T1MHE. Pour suivre, les égaliseurs: l’EQ0 coûte 49 euros, l’EQ4, 89 euros, l’EQ42S, 95 euros, l’EQ7G, 129 euros, et l’EQS4, 135 euros. Et pour terminer, voici les prix des modules master: le M0 coûte 79 euros, le MVV, 89 euros, le MVVL, 99 euros, et le M2VLFM, 119 euros.
A première vue, vous pensez peut être que tout ceci n’est pas très bon marché, mais il faut bien comprendre qu’il s’agit de modules. Tenez aussi compte du fait de ce que cela vous coûterait d’avoir accès à toutes ces combinaisons, et chaque fois via un ampli différent, on voit tout de suite ce que cela donnerait!
CONCLUSION
C’était une vraie prouesse pour moi d’expliquer ce concept des plus “touffus” en un seul article et sans pour autant “squatter” l’entièreté de ce numéro de MMM! Il est très pratique de pouvoir adapter son son à différentes situations. Et ce Momark est certainement un atout pour y arriver. Les différents modules et les combinaisons qui en résultent donnent des tas de possibilités! Cela paraît cher à première vue, mais tout bien réfléchi, cela revient moins cher que si l’on devait acheter plusieurs amplis. “Comment n’a-t-on pas pensé à cela plus tôt?”, ai-je entendu dire pendant ce banc d’essai. Cela démontre bien, une fois de plus, que Markbass ne s’est pas mis en “veilleuse” et qu’il n’a pas peur de se lancer dans des solutions innovantes.