Meet Music Magazine review: Apogee ONE
       Apogee ONE
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.253 - Janvier 2010 ]
Lorsqu’il décide de débuter dans le home-studio, l’utilisateur ne sait pas toujours comment choisir les composants dont il a besoin. Apogee a choisi de faire simple. Tellement simple qu’on se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt. En fait, ce test pourrait s’intituler ‘le home studio pour les blondes‘, tant il simple à mettre en œuvre.

PRESENTATION

Faire simple est souvent compliqué. C’est sans doute pour cela qu’il a fallu attendre 2009 pour voir apparaître l’Apogee One. De quoi s’agit-il? D’une interface audio qui pourra se brancher sur un ordinateur Apple. Rien de bien neuf, me direz-vous? Oui et non. Parce qu’ici, le constructeur américain a chois de faire simple, mais efficace et de qualité. Et en plus, c’est joli. Pas de quoi se plaindre, donc. Lisez plutôt la suite…

DESCRIPTION


L’objet en lui-même est design. Les propriétaires de Mac ne seront pas déçus. Il est vrai qu’en matière de look, certains constructeurs font dans le super moche, d’autre dans le moyen, mais l’objet ici présent est beau comme un bijou. Pas très grand (18,5 x 5,5 x 1,8 cm), un poids plume (moins de cent grammes), l’Apogee One est un parallélépipède noir brillant d’où n’émerge qu’un gros potard argenté, sous lequel on peut lire en grand ‘ONE‘, by Apogee (ceci en petit). Juste en dessous on remarque un petit orifice minuscule, et aussi une prise casque en mini jack à l’avant. A l’arrière une prise USB (un câble d’un mètre est fourni), et une autre prise est disponible pour brancher un câble qui se divise en deux prises: une prise ‘micro‘ en XLR et une prise ‘jack‘ en …euh...jack! Il est possible d’acquérir en option un support pour le montage sur un pied micro. Vous allez comprendre pourquoi ci-dessous.

UTILISATION


Il vous faut disposer d’un ordinateur Mac doté d’un processeur Intel ou d’un Power PC G5, avec au minimum 1 GB de RAM. L’OS doit être un 10.5.7 ou plus récent. Tout logiciel Core Audio sera compatible avec cette machine. Cubase et Nuendo, GarageBand, Logic, Ableton, Digital Performer ne sont que quelques exemples.
L’Apogee One est à la fois une interface audio, mais c’est aussi un micro. De fait, le minuscule orifice situé sous l’unique encodeur rotatif est un micro à condensateur. Il est donc possible d’enregistrer avec uniquement ce très joli et minuscule appareil. Un cd est fourni pour l’installation, qui se fait rapidement et sans problème. L’utilisateur dispose d’un logiciel de contrôle qui interviendra en plus du programme d’enregistrement utilisé. Il se nomme ‘Maestro’ et est d’une simplicité enfantine. Un premier écran permet de choisir la source. C’est-à-dire le micro interne, le micro externe (avec ou sans alimentation fantôme) et l’entrée ‘jack’ pour une basse ou une guitare ou tout ce que vous voudrez avec un jack au bout. Une petite icône s’illumine sur l’Apogee One (très classe) en fonction de votre choix: micro interne, externe, instrument ou sortie stéréo pour la lecture uniquement. Au niveau de l’enregistrement, le ‘One’ porte bien son nom: on ne peut enregistrer qu’une seule piste à la fois, et ce en mono. Le convertisseur travaille en 24 bit, à la fréquence de 44, 1 ou 48 kHz. Une seconde fenêtre est accessible via l’interface. Elle permet de choisir le niveau d’entrée et le niveau de sortie global qui vient de votre logiciel audio. Un exemple simple: vous chantez ou jouez sur une piste playback. Vous pouvez très aisément régler le niveau d’écoute du playback et celui de votre chant. Et ceci via la commande, bien sûr. Aucune latence ne se fait entendre. Le gros potard argenté est de type ‘sans fin’ et lorsqu’on appuie dessus, il passe automatiquement d’un volume à l’autre. Idem pour le gain du micro lors de l’enregistrement, c’est ce bouton qui permet de régler précisément et très simplement le niveau d’entrée. Le guide rapide d’utilisation ne comporte d’ailleurs que quelques pages, et on comprend très vite que l’atout de cet appareil, outre son look très réussi, c’est la simplicité d’utilisation. Pour ceux qui n’aiment pas travailler au casque, il est possible de se servir de cette sortie pour y brancher les moniteurs. Il faudra prévoir dans ce cas un adaptateur mini jack vers le format de vos écoutes. Pour reparler du look, trois leds permettent d’ajuster le niveau d’entrée et de sortie. Bien sûr, trois leds, c’est peu (mais mieux que rien) mais elles sont absolument ravissantes. Cet objet est vraiment une réussite totale au niveau de l’aspect et de la convivialité. Mais pour le reste, connaissant la réputation d’Apogee en matière de qualité audio, nous ne devrions pas être déçus… qu’en est-il exactement? Si nous étions à la télé, c’est ici que viendraient les pubs.

QUALITE SONORE


Comme nous sommes dans un magazine et que je n’écris pas de romans policiers, je peux vous le dire de suite: la qualité sonore est au rendez-vous. La sortie audio fournit une conversion de qualité avec une énorme réserve de puissance. Il y a assez de niveau pour se faire plaisir, et même pour se faire mal. La plus grosse surprise vient du micro intégré. Je m’attendais à un machin infâme du genre dictaphone numérique. Que nenni! Le son est clair, détaillé, agréable. Je n’en croyais pas mes oreilles. Si vous voulez encore mieux, il est bien entendu possible de brancher un très bon micro (genre le modèle que vous aviez demandé à St Nicolas qui vous a répondu qu’il fallait croire au père Noël pour passer une commande aussi onéreuse). J’ai fait le test, c’est mon job après tout… et j’ai vite compris que le préampli de ce ‘One’ est de qualité. En général le petit matériel possède de petites performances, mais ici force est de constater que la qualité est supérieure à ce que l’on attend de ce genre d’interface. Très bonne nouvelle donc. Sur le plan sonore, cet appareil est au-dessus de tout reproche. Certains esprits chagrins vont regretter l’absence de plus hautes fréquences d’échantillonnage. Il faut savoir que les plus hautes fréquences ne sont pas nécessairement synonyme de plus grande qualité sonore, mais que c’est souvent un argument de vente. D’autres paramètres plus importants entrent en ligne de compte. Il suffit de comparer le modèle testé avec certains autres qui pourtant travaillent à des fréquences plus élevées pour se rendre compte de la qualité de l’Apogee. Une fois pour toutes: pour vous faire une idée de la qualité sonore d’un produit, il faut écouter et comparer. Que la boîte indique que tel ou tel produit travaille en 384 kHz, que les connecteurs ont été trempés dans l’urine d’un gourou du son et qu’on y a ajouté des épices indiennes et prononcé des formules incantatoires connues de quelques initiés ne vous informe en rien de la qualité. Faites confiance à vos oreilles (ou aux miennes si vous n’avez pas le temps).

BUDGET


Que vaut ce bel objet? 229 euro (prix brut conseillé, hors TVA), ce n’est pas un prix ‘entrée de gamme’, sans être non plus un budget qui fait peur. Selon moi, c’est un coût justifié. Dans la mesure où l’on reçoit une interface audio et un micro, personne ne peut trouver le montant exagéré.

CONCLUSIONS


Un look digne d’un objet d’art, un son sans reproche et une facilité d’emploi réelle. Que demander de plus? Si vous êtes en quête d’une interface de qualité, pour laquelle simplicité rime avec qualité, ne cherchez plus: vous avez trouvé. Vous pourrez trouver sur le site Apogee plusieurs extraits sonores qui méritent d’être entendus.


PROCONTRA
  • qualité sonore
  • look
  • simplicité d’utilisation
  • uniquement pour mac