Au commencement était le verbe, mais il ne portrait pas très haut. C’est en tout cas ce qu’il est écrit dans la bible. Je le sais: elle est posée sur ma table de nuit, entre ma collection de magazines “Playboy” et d’anciens numéros de MMM. Heureusement pour nous, un jour quelqu’un a inventé le micro, puis le micro sans fil, et ce fut la le début d’une longue évolution, comme disait Darwin.
PRESENTATION
C’est sans doute à cause de cela que Sennheiser a baptisé une gamme de micros du nom d’Evolution. Je le tiens de la bouche de Madame Sennheiser elle-même, avec qui je converse souvent sur Facebook. L’ensemble que je reçois est un système complet nommé ew 135 G3. Il comprend un micro sans fil e835 et un récepteur ew100 G3. Le système travaille en UHF. Le constructeur présente ce nouveau kit “evolution” comme un système qui se distingue par sa fiabilité et sa simplicité. On peut traduire par: “simple, à prix relativement abordable et de qualité”. L’acquéreur reçoit donc un micro, un récepteur “True diversity” et deux antennes, ainsi qu’une alimentation externe sous forme d’un petit transfo. Il y a également un mode d’emploi multilingue, comprenant le néerlandais et le français, mais aussi l’anglais l’italien, l’espagnol, l’allemand, le portugais, le grec et le japonais (à moins que cela ne soit le chinois)? Il y a également moyen de charger des notices spécifiques (concernant le micro ou le récepteur uniquement) sur le site du constructeur. Signalons encore des pattes en plastique qui permettront d’empiler plusieurs récepteurs. Et même si Sennheiser semble affirmer qu’il s’agit d’un modèle simple, nous allons voir qu’il y a pas mal de chose à découvrir sous le capot.
DESCRIPTION
Le micro e835 est un modèle dynamique à directivité cardioïde. Le modèle est en métal, plutôt lourd (450 grammes), d’aspect robuste et très bien fini. Il est noir et gris très foncé, de couleur mate, ce qui lui permettra de rester discret sur scène, sans accrocher la lumière. Un écran LCD permettra de lire différentes informations utiles, tandis que les deux interrupteurs sont situés à la base du micro. Un embout de forme trapézoïdale sert d’antenne émettrice à l’extrémité inférieure. Le récepteur est en métal noir (mais de manière étrange rend un aspect un peu plastique). Il comprend un écran LCD de taille moyenne (entendez par là qu’il n’est pas petit mais qu’il existe plus grand). La face comporte cinq interrupteurs ronds: quatre petits et un plus grand. L’arrière comporte les prises pour les deux petites antennes (fournies), une sortie XLR (symétrique) et une en jack (asymétrique). Deux connexions “data” sont présentes, mais elles ne seront utiles que pour le service (diagnostic pour réparation par exemple). Ce système UHF peut travailler avec un maximum de douze fréquences différentes, ce qui offre déjà de nombreuses possibilités. Il existe dans la même gamme différents modèles de micros (trois têtes différentes), et des modèles pour les guitaristes, à fixer à la ceinture. Pas de jolie boite pour transporter le micro et son récepteur. Juste une grande boite en carton qui ne vivra pas dix concerts. Sans doute que cela aurait grevé le budget…Mais c’est vrai qu’une petite valise fait toujours plaisir. Mais passons de suite à la partie la plus intéressante du test: l’utilisation pratique de ce modèle.
UTILISATION
Je commence par connecter les antennes. La mise en place est assez simple mais pour les retirer, c’est une autre affaire: il faut de la force. Et cela fait toujours craindre de casser quelque chose. Il n’en est rien, pourtant: j’ai plusieurs fois placé et retiré les antennes, et cela n’a posé aucun problème. Quand on allume le récepteur l’écran s’illumine de jaune. Ce n’est pas agressif et très lisible dans la pénombre. L’interrupteur de mise sous tension servira aussi de bouton “escape” (abandon) lorsque le boitier est allumé. Du côté du micro, il faut appuyer sur le bouton rouge situé sous le socle du micro pour voir l’écran s’illuminer de jaune, puis s’éteindre rapidement pour ne pas inutilement vider les deux piles AA contenues dans le micro. Différentes fonctions sont disponibles, tant sur le micro que sur le récepteur. Et c’est en parcourant les possibilités qu’on découvre que cette série n’est pas du bas de gamme, loin de là. Première chose: synchroniser le micro avec le récepteur. Ici c’est très simple: on approche le micro du récepteur et on appuie sur la touche “Sync” située à gauche de l’écran du récepteur. Les deux machines se synchronisent via infra rouge. C’est simple et génial: une petit “V” apparaît à l’écran pour signaler que l’opération est effectuée. Fini le temps perdu à tripoter le micro et le récepteur pour trouver des fréquences. Le micro possède des “presets” en quantité, qu’on peut sélectionner aisément. La suite est simple comme expliqué ci-dessus. Le choix est vaste: la série “Evolution ew 100 G3” dispose de six plages de fréquences qui comptent chacune 21 banques de fréquences avec chaque fois douze canaux (cela fait beaucoup). Chacun des canaux dans les banques de fréquences est assigné à une fréquence fixe et préréglée chez le fabricant. Ces fréquences ne peuvent pas être modifiées et sont exemptes d’intermodulation. Par contre, la banque « U” permet de choisir des fréquences librement, mais il se peut bien entendu que ces fréquences ne soient pas exemptes d’intermodulation, comme c’est le cas pour les banques préréglées. La banque Fortis n’a pas été retenue, suite à des problèmes de communication entre les émetteurs et la base (ce qui n’est jamais génial, tous les techniciens savent cela). Je l’ai toujours dit: si le monde était dirigé par des ingés son, il sonnerait mieux.
Le récepteur peut afficher plusieurs choses. Prenons l’écran “de base”: On peut lire l’affichage RF et AF. Le premier informe sur la qualité de la réception (le niveau de signal radio), et indique également quelle est l’antenne qui est utilisée (nous sommes en présence d’un système diversity). Le second donne le niveau audio. Si celui-ci est trop élevé, le témoin “peak” reste allumé. La fréquence de réception apparaît en grand sur l’écran, et il est possible de nommer le récepteur (le nom du chanteur par exemple). Enfin, une info très utile est le témoin de charge des piles du micro. Celui-ci apparaît clairement sur le récepteur, sous forme d’une petite pile stylisée (genre GSM). Trois segments sont disponibles: quand ils sont tous allumés, on est à 100% de charge, quand ils ne sont plus que deux, il reste 70%, et 30% si un seul segment s’allume. Si l’état de charge est critique, le symbole clignote. Précisons que l’autonomie est de huit heures environ, soit de quoi voir venir. Il est également possible de choisir des presets simples d’égalisation. Autre possibilité d’affichage du récepteur: la position “soundcheck”. On dispose ici d’informations intéressantes pour l’ingé son. Comme par exemple les niveaux minimum et maximum du signal radio, que le récepteur garde en affichage tant que vous ne sortez pas de ce menu. De même du niveau audio maximum est mémorisé, de manière à pouvoir l’ajuster si besoin. Ceci est très utile si l’on travaille seul, ou avec un ensemble de micros, où il est impossible de les garder tous à l’œil en même temps, surtout si l’on est occuper à régler la sono. A l’usage on sent vraiment que Sennheiser maitrise son sujet et que la qualité est au rendez-vous. Le fait d’éteindre le micro ne provoque aucun bruit parasite: le récepteur se place en mode “Mute” et cela passe inaperçu. Il est loin le temps où ce genre d’opération provoquait un abominable bruit blanc pour peu que le squelch soit mal réglé. Petit gadget utile: avec les émetteurs SK (soit ceux destinés aux guitares et basses), il sera possible d’afficher un accordeur. Madame Sennheiser me disait justement que les musiciens sont souvent distraits. Elle disait exactement: “Ach! Ces artistes…tous les mêmes! ils oublient toujours quelque chose”. Mais retournons à nous moutons, comme disait le Petit Prince. Du côté de chez Zwan, on mange des saucisses (plaisanterie allemande), mais du côté du micro SKM 100, que trouve-t-on? D’abord une minuscule led rouge, qui permet de voir que le micro est allumé. Le bouton rouge qui sert à la mise sous tension doit être enfoncé assez longtemps (genre trois secondes) pour que le micro s’éteigne. Ceci évite toute coupure intempestive. Il est possible d’acquérir une bague de protection qui va dissimuler l’interrupteur et le commutateur multifonctions. Bien entendu ces bagues existent en différentes couleurs, histoire d’identifier les micros. C’est quand même plus joli qu’un bout de gaffa blanc où l’on écrit le nom des vocalistes. Il est donc possible d’écrire le nom sur l’écran via le commutateur multifonctions, ce qui prend un peu de temps. Ce commutateur n’est pas simple d’accès. Ce n’est pas un défaut, loin de là. Les chanteurs (et surtout les chanteuses blondes à forte poitrine) ne peuvent s’empêcher de toucher un bouton. Avec un petit tournevis ou un stylo à bille, l’utilisateur peut accéder à toutes les fonctions du micro. La petite molette peut s’actionner vers la gauche ou la droite, et s’enfoncer. On peut naviguer dans les différents menus et régler les paramètres utiles: fréquence, squelch, contraste de l’écran, sensibilité du micro, charge des piles, possibilité de bloquer les commandes (les chanteurs pourront appuyer partout, il ne se passera rien ). Et ce n’est pas tout: si vous en avez assez d’utiliser des piles, il est possible d’obtenir en option des batteries rechargeables. Il suffit alors de poser le micro sur une baie d’accueil pour le recharger, sans avoir à démonter les batteries. Bien vu! Des reproches? Pas vraiment. Le boîtier semble fragile et un peu léger, mais ce n’est qu’une apparence car il a très bien tenu le coup durant le test. Il faudrait pouvoir partir deux ans en tournée pour vous en dire plus… Mais Sennheiser est une marque réputée et fiable, donc pas d’angoisse à ce niveau.
QUALITE SONORE
Je n’ai reçu qu’un seul modèle: le micro E835. C’est un modèle dynamique cardioïde. Il existe deux autres modèles au niveau de la tête (le corps du micro restant identique). Le 845 qui est dynamique et super cardioïde, tandis que le 865 est de directivité super cardioïde également, mais en condensateur. Quel que soit le modèle choisi, ces micros encaissent: 152 à 154 dB SPL. Soit bien plus que les cris ma copine quand elle est attachée et que je la fouette (dans ce cas précis, le “sans fil” prend du sens: les câbles pourront servir à autre chose). Le son du micro lui-même va dépendre de la capsule choisie, et de la voix à amplifier. Je reçois souvent des demandes des lecteurs (et quelques lectrices aussi) du genre “quel est le meilleur micro”? La réponse est simple: il faut essayer ce que tel ou tel micro rendra avec la voix, et ce n’est pas toujours une question de prix, mais plutôt d’adéquation entre la source et le micro. Par exemple, ma voix rend très bien dans le micro testé ici. La qualité de réception est simplement excellente: pas de parasites, un son clair et défini. Vraiment épatant. Et le meilleur est à venir…
BUDGET
724,79 euro (prix brut conseillé, tva comprise), voilà le prix du système testé. On ne peut pas dire que cela soit cher, surtout au vu de la qualité sonore. D’autant que vu la robustesse de ce qui est proposé, vous ferez de nombreuses prestation avec cette série Sennheiser.
CONCLUSIONS
Voilà, les Petits Princes et les Petites Princesses qui sommeillent en nous peuvent courir le monde du spectacle et courir en tout sens avec un bon son. Et cela sans fil à la patte, sans prise de tête, sans sacrifice financier. Les possibilités de cette série 100 Sennheiser sont étendues, je n’ai fait ici que survoler l’essentiel. Passer à côté de cette gamme serait à mon sens une erreur. Je ne vois pas de plus beau compliment. Un peu comme de dire à une femme: “t’as de beaux yeux, tu sais!”.