Mon premier synthé était un Juno-106, quelque part dans les années 80. Il s’agissait du premier synthé analogique qui était abordable (techniquement et financièrement) et qui proposait le MIDI. Les précurseurs de l’époque étaient les Juno 6 et 60, qui étaient moins évolués. Et ce n’est pas la première fois que Roland fait renaître le nom ‘Juno’. A côté de la série Fantom, qui offre la nouvelle technologie et ses applications, il y avait avant la série RS (RS7/RS9). Très vite, elle s’est transformée en Juno-D (sans i donc), qui offrait quasiment les mêmes spécifications. Ensuite on a vu arriver le Juno-G, qui était plutôt un Fantom-X transformé, avec un ingrédient Juno, un look rétro et surtout orienté live. Encore plus tard, on a vu arriver le Juno-Stage, qui se rangeait dans la catégorie des live keyboards. Le Juno-Di offre une combinaison de ces deux Juno: un Juno-Stage d’entrée de gamme avec des caractéristiques du Juno-G.
Général
Le Juno-Di agrandit la famille des synthétiseurs Roland avec un modèle d’entrée de gamme. Il fait clairement référence à un modèle vintage des années 80. Le concept est donc ‘nouvelles applications dans un look rétro’. Visuellement, le Juno-Di est clairement basé sur ces illustres prédécesseurs, et notamment parce que la vision de base a été respectée: un instrument très ergonomique et polyvalent qui reste abordable financièrement.
Le mode d’emploi en anglais est livré, mais on trouvera bientôt d’autres versions de langue online. Un adaptateur est livré de série, mais vous pouvez aussi alimenter le Juno-Di avec des piles, ce qui est pratique pour un usage mobile. Mais lisez d’abord les conditions de garantie en termes d’utilisation de l’engin. Dans le carton, on trouve aussi un cd-rom avec des drivers et un logiciel d’édition qui permet de traiter les sons et de gérer les bibliothèques. L’ergonomie et la résolution de cet éditeur font qu’il s’agit certainement de la meilleure manière de manipuler les sons avec précision.
Le Juno-Di est, tout comme tous les Junos par le passé, un véritable couteau suisse dans un modèle d’entrée de gamme. On peut surtout l’utiliser partout: à la maison, sur scène, mais grâce aux batteries, vous pouvez l’emmener dans le bus, et même jouer où vous voulez dans la rue. Petit détail piquant : Roland propose aussi toute une gamme d’amplis qui fonctionnent sur piles.
CONSTRUCTION
Le Juno-Di est entièrement réalisé en plastique. Ce qui correspond bien à l’idée d’un concept mobile. La finition est, comme à l’habitude, irréprochable. Le Juno-Di a un clavier de 61 touches. Elles sont sensibles à la frappe, mais pas lestées et pas non plus dotées d’aftertouch. L’action est moyenne et correspond bien à ce que l’on attend un synthé premier prix. Cela ne veut pas dire que vous devez craindre pour le confort ou la qualité de jeu. On se sent très vite à l’aise et la réponse des sons est rapidement sous contrôle.
POSSIBILITES
Pour les connexions, voici ce que nous avons au menu: 2 output jacks (L/mono, R) de type 1/4”, un jack casque de type 1/4” stéréo, une entrée micro sur jack de type 1/4”, un jack ‘ext input’ de type casque stéréo miniature, une pédale hold sur jack pour le sustain, des connexions MIDI (in, out), une connexion USB ordinateur (qui soutient USB MIDI) et bien sûr l’alimentation: adapteur 9 V ou 8 piles.
Le Juno-Di dispose de 1000 sons, donc bien plus que nécessaire, et que vous pouvez éditer et gérer avec le logiciel fourni. Le seul inconvénient de cette manière de travailler est que l’éditeur peut effrayer les débutants, malgré sa sublime interface graphique et son caractère très complet. Les sons sont stockés dans une mémoire wave de 64Mb, dont je soupçonne qu’elle a été améliorée en fonction d’une nouvelle norme (Fantom?), par rapport aux Juno-D et RS7/9. La polyphonie maximum est de 128 voix, ce qui est incroyablement beaucoup pour un instrument de cette classe. La mémoire des présets atteint 1082+256 (GM2) sons, 20+9 (GM2) Rhythm Sets et 64 performances, qui sont multitimbrales à 16 parts. On trouve encore un arpeggiator avec 128 presets. Let out se gère dynamiquement et rapidement via une fonction ‘Category’, qui présente tout dans des groupes d’instruments et évite que vous ne deviez passer trop d’écrans de menu en revue. Très chouette lors d’une utilisation live. Autre gros avantage: la présence d’une fonction Vocoder, qui donne la possibilité de traiter le son des inputs (mic/line) avec le filtre et les blocs MFX.
En plus de la réverbe, on trouve aussi sur le panneau, et en interne, un Chorus et trois processeurs multi-fx, à utiliser globalement sur tous les sons ou en mode single. Pour les splits et les layers, vous avez deux processeurs multi-fx, un pour chaque part. Il n’y a pas de réglage de tonalité sur le panneau, mais bien des commandes filtre et enveloppe.
Les possibilités MIDI du Juno-Di sont vraiment complètes. L’engin peut être utilisé comme clavier maître, il a une fonction local on/off, est multitimbral et satisfait à la norme GM/GS 2. L’appareil pour aussi envoyer et/ou recevoir toutes les données ‘controller’ via MIDI et USB.
ERGONOMIE
Le Juno-Di est un exemple d’école d’une ergonomie mûrement réfléchie. La conception du panneau de commandes est bien pensée, tous les boutons sont disposés logiquement et très faciles à atteindre, là où on en a besoin. La commande est donc fluide et intuitive, et toutes les fonctions s’appellent facilement et rapidement. Les fonctions du panneau sont plutôt orientées vers une utilisation live. Pour le traitement du son, on doit vite recourir au software editor, ce qui se fait très facilement (connecter au pc, etc..) et les débutants s’en sortiront comme une fleur. Malgré son caractère ‘entrée de gamme’, le Juno-Di dispose d’un écran qui est bien plus grand qu’à l’habitude, sobre mais vraiment efficace. Et il y a même une fonction ‘économie’ pour l’utilisation avec batteries.
SON
Le Juno-Di produit un son impressionnant, malgré son caractère ‘entrée de gamme’. Il y a clairement une évolution en comparaison avec les générations précédentes (RS7/9/Juno-D). La définition sonore clairement meilleure, grâce à la mémoire wave et à la polyphonie. Le résultat est un son plus chaud avec plus de dynamique. Le Juno-Di n’est pas amplifié, mais il est clair qu’il tire son épingle du jeu dans différentes situations d’amplification. La qualité des effets multi-fx y est certainement pour quelque chose.
Budget et conclusion
Le Juno-Di coûte 664,29 euro, prix brut conseillé. Pour ce prix, vous achetez bien plus qu’un simple synthé abordable, avec toute la puissance de feu nécessaire dans son concept. Ceci se voit dans sa construction sérieuse qui pourra affronter bien des scènes. Les points forts se trouvent surtout du côté de la polyphonie et de la mémoire wave memory. Les nombreuses connexions et la fonction Vocoder font de ce Juno-Di le couteau suisse qui vous offrira un max de possibilités. Le panneau est simple et se laisse manipuler très rapidement, mais pour un traitement du son en profondeur, l’utilisation du software editor est presque obligatoire. Mais quand on regarde le budget, on comprend mieux la démarche. Et puis, on voit que l’accent a été clairement mis sur l’ergonomie en utilisation live plutôt que sur la synthèse de sonorités, bien que cet aspect ne soit pas absent. D’une manière générale, le Juno-Di vous offre un très bon rapport prix/qualité de son. Et ceux qui en veulent plus peuvent se tourner vers les grands frères Juno-G ou Fantom-G.