Meet Music Magazine review: ESP/LTD WA-600
       ESP/LTD WA-600
[ Auteur: Stéphane Landtmeters ]  [ Edition: Nr.251 - Novembre 2009 ]
Pendant les six ans où j’ai travaillé pour Meet Music, je n’avais encore jamais eu l’occasion, que dis-je, l’honneur (!) de tester une ESP/LTD. Aujourd’hui, ce manque est comblé. Permettez-moi donc de vous présenter l’ESP/LTD WA-600. LTD est la ramification coréenne du constructeur américain ESP: cette firme produit des modèles pratiquement identiques aux originaux d’ESP, mais évidemment, pour un prix nettement inférieur. Le modèle LTD WA-600 est un modèle signé par Will Adler, une “pointure” bien connue via son groupe de métal, “Lamb of God”, pointure que ses amis appellent ‘Willie’.

CONCEPT


La LTD WA-600 est une version plus “légère” (on parle bien de budget) du modèle ESP Will Adler. Au niveau des spécifications, les deux modèles sont pratiquement identiques. A noter qu’il existe aussi une LTD WA-200 aux caractéristiques plus modestes, et surtout, d’un prix qui l’est encore plus!). Les modèles signés Will Adler partent du modèle Eclipse d’ESP, lui-même inspiré d’une icône planétaire, la Les Paul de Gibson. La forme générale est légèrement adaptée pour être un peu plus ergonomique, les deux humbuckers sont présents, mais la comparaison s’arrête là: le reste n’a plus rien à voir avec la Les Paul des origines. Et bien entendu, les spécifications répondent aux désirs de M. Adler.

IMAGE


Dès que l’on parle “image”, la marque ESP/LTD est pour ainsi dire LA guitare qu’il faut avoir pour évoluer dans un groupe de métal. En effet, cette marque est bien connue pour son confort de jeu exceptionnel, tant par la rapidité de jeu permise que par le très haut degré de finition. En plus, ses instruments sont pourvus de tout ce qui est nécessaire pour “sonner super dur”, ce qui explique pourquoi elles se sentent avant tout à l’aise avec le métal le plus “lourd” qui soit.

CONSTRUCTION ET FINITION


Le corps est en acajou massif et le manche, en érable ; quant à la touche, elle est en ébène. Mais il est malheureux de constater que les yeux ne profitent vraiment pas de ces essences, car le tout est recouvert d’un magnifique vernis brillant, à l’exception de la touche, bien entendu. Le manche est collé et encastré dans le corps en tenant compte de la meilleure ergonomie possible. De cette manière, on dirait que la construction est à manche traversant, ce qui est d’ailleurs le cas du modèle américain ESP signé par Will Adler. Le manche accuse un arrondi relativement doux, en forme de “U”, sans exagération. Sa finition doit son élégance à un filet blanc, sans oublier les repères des positions. La touche est parsemée d’incrustations en nacre, en forme d’étoiles relativement imposantes. De plus, il y a un drapeau américain de la neuvième à la douzième frette. La pose de la couleur est soignée, et elle est particulièrement brillante. Sur le corps de l’instrument, on note un décor de type “camouflage”, de couleur gris et noir.
Quant à l’accastillage, il est de couleur gris titane. Au niveau de la tête, ce sont surtout les mécaniques autobloquantes qui attirent l’attention, ce qui constitue incontestablement un avantage au profit de la tenue de l’accord. Il s’agit de mécaniques issues de la marque, contrairement au modèle ESP plus cher, sur lequel on a posé des mécaniques Sperzel, marque renommée s’il en est. Le chevalet est un simple Tune-O-Matic, également de fabrication propre, mais avec une petite amélioration, une réduction de la taille des vis utilisées.
Il est heureux de voir qu’aucune économie n’a été réalisée au niveau des micros: que ce soit l’ESP ou la LTD, toutes deux sont montées avec des humbuckers Seymour Duncan. Le micro manche est un modèle 59, et le micro chevalet, un JB. C’est d’ailleurs l’une de mes combinaisons favorites en matière de humbuckers.

ERGONOMIE


La liaison entre le manche et le corps est pratiquement parfaite. Celui qui possède une vraie Gibson Les Paul sait combien il est fatigant d’aller jouer dans les dernières cases du manche. Sur cette ESP/LTD, cela ne pose pas le moindre problème. Le corps est, lui aussi, très confortable grâce au fait que la face arrière a été amincie aux endroits où l’ergonomie le réclame, une technique que nous connaissons bien puisqu’elle est “de série” sur les Stratocaster (‘original contour body’). L’encoche est courte et à angle vif, ce qui a aussi le mérite de distinguer immédiatement ce modèle d’une Les Paul originale. Mais l’avantage le plus intéressant, c’est quand même le fait que cette découpe contribue à un confort de jeu “royal” lorsqu’on joue dans les aiguës. Pour terminer le tour de la question, il y a également un “bon coup de râpe” sur la face avant, au niveau de l’arrondi où se pose en général le bras droit de l’instrumentiste. En soi, le corps est aussi un peu plus mince que celui d’une Les Paul, et le poids de la guitare est étonnement faible? Mais personne ne s’en plaindra, surtout quand il s’agit de jouer debout et longtemps! Le sélecteur de micros à trois positions en haut et à l’avant du corps, par-dessus les cordes, tout comme sur une Les Paul originale. Les potards se trouvent en dessous du chevalet, également comme sur la Les Paul. Mais la différence se situe au niveau des contrôles: il n’y a qu’un seul contrôle de tonalité. De plus, il y a un master volume et un volume séparé pour le micro manche. Voilà une combinaison assez inhabituelle, mais néanmoins, très bien “pensée”. En effet, elle donne accès à toutes les combinaisons typiques d’une Les Paul, mais avec un maniement beaucoup plus simple et efficace.
L’action réglée en usine est déjà très bonne. De plus, il reste encore de la latitude pour l’ajuster vers le haut ou vers le bas, selon ce que l’on désire. Le manche est parfaitement droit, mais alors là, droit à un point tel qu’il est impossible de faire mieux! Aussi loin que je puisse me souvenir, jamais je n’ai encore eu l’occasion d’admirer un manche d’une perfection aussi “chirurgicale”. Et bien entendu, un tel degré de qualité ne peut que contribuer positivement au confort de jeu. Conséquence presque “normale”: aucune case à ‘dead spot’ (case où les notes “sortent” moins bien), et pas le moindre endroit où les cordes frisent …

SON


L’acajou, de par son poids spécifique important, contribue en très grande partie à générer un bon ‘sustain’. Et vous savez quoi? C’est aussi le cas d’une construction à manche traversant, ainsi que d’un chevalet ‘Tune-O-Matic’: bref, le sustain n’est donc certainement pas un problème sur cette guitare! Le son est surprenant par sa polyvalence, compte tenu du fait que cet instrument est avant tout prédestiné pour le métal. Le humbucker modèle 59 produit un son plein et chaud en mode ‘clean’, et le JB “sonne” un peu plus clair, avec une pointe de médiums. Mais bien entendu, la question principale, c’est de savoir comment la WA-600 “sonne” sur un canal saturé … et avec le gain à 11 - noblesse oblige! Dans la plupart des cas, c’est le micro chevalet, donc le modèle JB, que l’on choisit pour assurer cette tâche. Le gros avantage que je trouve à ces micros par rapport à des tas d’autres micros prévus pour le métal, c’est que ces Seymour Duncan ont une bien meilleure définition, et ce, avec un rien de médiums en plus. On est donc à même de laisser gronder sa guitare en compagnie d’un bon ampli (à lampes, si possible)! Et la WA-600 ne se gêne pas pour nous gratifier d’un son super gras, sans que sa définition laisse à désirer, ce qui pourtant, est souvent le cas des guitares faites pour le métal.

BUDGET ET CONCLUSION


Bien, et maintenant, que coûte une bonne guitare signée chez LTD? 1486,31,-Euro, un prix de vente conseillé TVA comprise. On ne peut pas dire que c’est bon marché, surtout si l’on pense qu’il s’agit de LTD, la marque dérivée à budget “serré”, et pas d’ESP, la marque mère. Mais quand on se met à examiner les caractéristiques (et à lire ce banc d’essai), on ne peut s’empêcher d’admettre que l’on en a pour son argent. C’est tout simplement le prix qu’il faut débourser pour avoir une bonne guitare … Evidemment, quand on apprécie quelque chose et qu’on le désire vraiment, l’importance du prix a tendance à passer au second plan. Les amateurs du genre se retrouveront certainement sur des charbons ardents rien qu’à la pensée de pouvoir jouer sur une WA-600, et à raison, car c’est tout simplement l’arme absolue qu’il FAUT avoir pour “sévir” dans un groupe de métal.


PROCONTRA
  • Le son
  • La combinaison des micros
  • Le confort de jeu
  • L’ergonomie
  • L’accastillage
  • La finition
  • Le prix