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Meet Music Magazine review: Yamaha N3 AvantGrand
       Yamaha N3 AvantGrand
[ Auteur: Dirk De Paepe ]  [ Edition: Nr.250 - Octobre 2009 ]
Yamaha n’est pas le premier venu, il s’agit du plus important fabricant d’instruments de musique au monde.  Il y a un peu plus de 120 ans (1887), la marque a commencé la fabrication d’harmoniums, en 1900 les pianos buffet et en 1902 les pianos à queue. Progressivement, de nouveaux types d’instruments se sont ajoutés, et aujourd’hui il est difficile de penser à un instrument qui ne serait pas produit par Yamaha. De plus, la marque a souvent surpris le monde entier par des idées révolutionnaires, qui témoignaient de leurs connaissances, de leur vision et de leur savoir-faire. Yamaha n’a donc pas volé sa position de numéro 1.
Aujourd’hui, nous sommes face à l’AvantGrand. Le nom de cet instrument place immédiatement les attentes assez haut: une approche avant-gardiste du concept de piano à queue digital (grand piano)?


GENERAL


Concept
Avec l’AvantGrand, Yamaha entend réaliser une synergie, on pourrait dire “the best of both worlds”, entre un piano à queue acoustique et un piano digital. C’est ce que l’on appelle un Hybrid Piano.
L’AvantGrand vous est proposé en deux versions: le N3 à queue, et le buffet N2. Mais ce test porte sur le N3.

Esthétique
L’AvantGrand N3 est incontestablement un piano à queue. Mais il se caractérise comme un modèle ‘moderne’, surtout parce que les pieds avant sont placés à l’extrémité des coins. En fait, il ne s’agit pas seulement d’un détail esthétique, cette disposition - en raison de la profondeur assez restreinte de l’instrument - contribuera grandement à sa stabilité.
Beaucoup d’éléments du ‘style’ typique du piano classique à queue ont été repris: le couvercle du clavier, le pupitre, le set de pédales et les roulettes.
C’est la position des pieds, la hauteur un peu plus faible de la caisse de résonance, les dimensions très compactes, et surtout, au lieu du cadre et des cordes, le positionnement des haut-parleurs dans une table d’harmonie brillante, qui distingue cet instrument des exemplaires acoustiques.
Cette esthétique, au sein du concept du Grand Piano digital, peut être considérée comme une très belle réussite.
La finition du meuble est disponible exclusivement en noir laqué, noblesse oblige. On ne peut plus classique.

CONSTRUCTION


Meuble
La construction du meuble n’a rien envier, en ce qui concerne la solidité, à un piano acoustique: particulièrement solide pour chaque type de jeu. Le poids s’élève donc à un respectable 199kg, et ce, pour un piano à queue aux dimensions très compactes de 1481 x 1195 x 1014mm (LXPxH). (La hauteur avec le couvercle complètement ouvert atteint 1734mm.)
Le pupitre se trouve, de manière classique, au-dessus de l’instrument. On peut choisir entre trois positions: 70° (normalement droit), 35° (position ‘ensemble’), et couché. Sa largeur atteint 70 cm, ce qui suffit largement à trois pages de partition. Il repose sur un support central qui s’enfonce dans le meuble.
Le couvercle du clavier et le couvercle du piano fonctionnent de manière classique (le dernier a donc une position haute et une position basse - il vaut mieux ne pas jouer l’instrument avec le couvercle fermé). La construction est celle d’un piano à queue classique.

Clavier et pédales
Le clavier est aussi directement dérivé de ce qui se fait dans les modèles acoustiques. Et pour garantir une action identique, les marteaux frappent de bas en haut contre les ‘cordes’. Outre un capteur de marteau, on trouve aussi un capteur de touche sans contact qu n’a pas d’effet sur le mouvement des touches et identifie avec précision la pression du pianiste sur les touches, le timing et d’autres nuances délicates influant sur l’expression musicale.
Les touches blanches sont recouvertes du Yamaha New Ivory II, une matière synthétique, développée pour offrir une texture aussi proche que possible de l’ivoire naturel. Facile à jouer, avec une grande réponse pour les passages lents et ‘chantés’.
Et pour conclure, la construction des pédales est identique à celle que l’on retrouve sur un piano à queue acoustique.

Sampling et amplification
Au terme d’un long processus d’essais et erreurs, une équipe d’ingénieurs et d’accordeurs de pianos est parvenue à élaborer une nouvelle méthode de sampling pour l’AvantGrand. Ils ont échantillonné avec beaucoup de soin un piano à queue acoustique (un modèle CFIIIS full concert) à quatre endroits: à gauche, au milieu, à droite et à l’arrière de la caisse de résonance. Objectif: mieux définir quels chemins empruntent les sons des différentes cordes pour arriver jusqu’au pianiste et mieux enregistrer les véritables vibrations du cadre.
Le panneau de commande qui permet de choisir le son et les effets se situe sous la forme d’un tiroir à gauche sous le clavier. Seul le bouton de volume est directement accessible quand il est rentré.
L’AvantGrand N3 dispose, et de loin, du système ampli/enceintes le plus sophistiqué que l’on a jamais vu dans le monde des pianos numériques: un système à 4 canaux 3 voies multi haut-parleurs. Les haut-parleurs de basse (16cm) sont orientés vers le bas, pour le médium (13cm) et l’aigu (2,5cm), les enceintes sont disposées vers le haut dans la caisse de résonance. Pour limiter au minimum les interférences entre les différentes zones de tonalité, chaque haut-parleur (!) dispose de son propre ampli (22Wx10 + 30Wx4 + 80Wx2). La disposition du système de restitution correspond à l’endroit où a été samplé le piano acoustique. Les sources sonores sont donc séparées, et aussi proches que possible de la réalité acoustique.
A ce système de haut-parleurs, on a encore ajouté un résonateur de table d’harmonie, au niveau de l’emplacement du pupitre. Un oscillateur appelé ‘transducteur’ transmet les vibrations à la surface plane de la table d’harmonie. Objectif: obtenir une réponse encore plus réaliste, surtout dans l’aigu.
Et pour terminer, l’équipe à développé le système TRS (Tactile Response System). Evidemment, le son d’un piano résonne dans le corps entier de l’instrument, et le musicien ressent naturellement et physiquement ces résonances via les touches et les pédales. Il était donc normal d’ajouter quelque chose à l’instrument qui ajouterait au réalisme de l’expérience de jeu. Deux transducteurs sont situés dans la table d’harmonie (sous le clavier) pour que les résonances soient transmises aux mains, aux pédales et à tout le piano.

Mode d’emploi
Le mode d’emploi livré est en de nombreuses langues, dont le français. Il est clair, bien rédigé et très complet. Rien à redire. De plus, vous pouvez également le télécharger sur internet (pour les distraits qui l’auraient perdu).

Finition
Ici, nous pouvons nous montrer brefs: la finition de cet instrument atteint les plus hauts sommets de la perfection, dans tous les domaines.

Image
La réputation de Yamaha au sein du monde des pianos est solide comme un roc. Svjatoslav Richter (pour ne nommer qu’un des plus grands pianistes du siècle dernier) choisissait toujours un Yamaha pour ses récitals.
En ce qui concerne les instruments digitaux et le matériel musical, Yamaha a une réputation de grande qualité et de lancer sur le marché des nouveautés marquantes et révolutionnaires.

Possibilités


Il y a cinq sons disponibles: 2x Grand Piano, 2x E.Piano en 1x Harpsichord.
Au rayon des possibilités digitales, on notera la reverb (20 positions de réglage), le métronome (réglage du tempo, de la mesure et du volume), la sensibilité à la frappe du clavier (trois positions et “off”), le réglage TRS (trois positions et “off”), transposition (maximum +/- 6 demi-tons), accordage (A3 = 414,8-466,8 Hz par saut de 0,2Hz), gammes (7 types: tempérée, naturelle majeure et mineure, Pythagoricienne, médiane, Werkmeister et Kirnberger) et une possibilité d’enregistrement de 1 song avec 1 track de 30 000 notes et possibilité de sauvegarde sur clé USB (ce qui suffit pour l’application la plus importante: étudier votre propre interprétation).
La polyphonie atteint 256 voix, ce qui suffit largement pour chaque application.
Il y a une dizaine de chansons de démo dans la mémoire de l’instrument, choisies parmi les pièces classiques – pas une programmation stérile, mais bien des interprétations de haut niveau.
Au rayon des connexions, on trouve à gauche en dessous de l’instrument, en plus de l’interrupteur général: alimentation, 2 prises casque, MIDI in/out, aux in et out (les deux L/L+R et R) et USB.
Il n’y a pas de crochet pour un casque prévu.

RéPONSE


Clavier
Il s’agit du clavier d’un très bon piano à queue et l’expérience de jeu en arrive donc à ce niveau-là. Je peux même vous affirmer qu’il existe pas mail de pianos à queue qui proposent un (beaucoup) moins bon clavier que celui-là. Enfin un piano digital avec un vrai clavier de piano. Un triple hourra !
Toutes les nuances sont faciles à appliquer, tant dans le registre calme que dans la puissance (et tous les niveaux intermédiaires) et ce, dans toutes les styles de jeu: legato, staccato, martellato, accents, sforzandi, répétition de touche, polyphonie avec quatre voix ou plus,... tous, absolument tout se fait avec une grande facilité, loin au-dessus de la moyenne. Ce clavier est en grande partie responsable du fait que cet AvantGrand fait partie de ces instruments sur lesquels il est difficile d’arrêter de jouer.
De plus, le système TRS contribue largement à un contact réaliste avec l’instrument. Lorsque vous coupez le bouton de volume, vous n’entendez plus que le système TRS qui résonne aux fréquences exactes, parce que vous entendez – d’une manière différente – ce que vous êtes en train de jouer! Cela veut donc dire qu’il ne s’agit pas d’un gadget, qui se contente de faire vibrer un meuble. Une comparaison directe en A/B avec le piano à queue acoustique Yamaha C2 (que nous avons placé à côté de notre AvantGrand de manière à faire une comparaison la plus exacte possible) nous apprend en outre que ces résonnances et vibrations dans le clavier de notre AvantGrand apportent une sensation identique à ce que l’on retrouve sur le C2. Et quand on éteint ce système TRS, l’instrument donne directement une impression de ‘stérilité’.
Les trois positions apportent des petites différences de nuance, mais restent toujours à un niveau réaliste de résonance. Ce système est assez bluffant. Et il s’agit d’une fonction réellement utile.

Pédales
Le pédalier est identique à celui d’un piano à queue conventionnel et apporte les mêmes sensations. Avec une résistance plus grande dans le médium, vous profitez de la réponse exacte dont vous avez besoin pour apporter un travail de pédales très délicat et restituer de subtiles nuances dans votre musique.
La pédale de sustain (à droite) fonctionne parfaitement. Elle est vraiment comparable avec celle d’un piano acoustique. Tant en ce qui concerne le jeu (assourdissement dosé, graduellement de l’aigu au grave) que pour le son (résonances générées).
La pédale una corda (à gauche) dispose d’une fonction on/off, ce que nous pouvons peut-être regretter. La nuance de couleur du son (moins de hautes fréquences quand on appuie sur la pédale) est à ce point subtile qu’on pourrait même l’utiliser intensément sans que cela ne paraisse trop artificiel. Ce défaut est donc pour une bonne part de la pure théorie.
La pédale sostenuto (au centre) fonctionne comme il se doit, avec la seule restriction que la résonance des touches jouées dans les ‘cordes libérées’ est limitée à un cluster avec une portée d’une sixte, et que la résonance est aussi moins marquée que sur un piano à queue acoustique. Bien que ces résonances aient un effet ‘marginal’ pour ce qui concerne la pédale sostenuto, on peut regretter cette petite lacune pour un instrument de ce niveau. En ce qui me concerne, on aurait pu libérer l’espace mémoire de quelques sons pour consacrer la puissance de la machine à la génération de ces résonances (bien qu’il s’agisse en fait plus d’un problème de processeur que de mémoire). Comme je l’ai dit, il s’agit d’un élément très marginal et un peu pointilleux… mais comme Yamaha a vraiment pensé à tout pour le reste, pourquoi pas ici aussi?

Réponse sonore
Grâce à la disposition particulièrement bien étudiée des enceintes, l’échantillonnage de pointe et le système de résonance de la table d’harmonie, le son des notes jouées sur le clavier équivaut virtuellement à celui produit par un piano acoustique haut de gamme. Il existe une différence, c’est évident, mais même si elle pourrait être mesurable, elle ne se ressent pas le moins du monde pendant le jeu. En ce qui me concerne, je dirais que Yamaha est parvenu à élaborer une réponse sonore au niveau de celle d’un piano à queue acoustique.

Qualité de son


L’AvantGrand offre cinq sons: deux pianos à queue (un piano à queue de concert et un avec le caractère que l’on entend dans d’autres genres du classique, avec un son plus prononcé et assertif), deux pianos électriques (un chaud et un brillant) et un clavecin. Tous les sons sont extrêmement réalistes, avec une attention particulière aux sons ambiants, qui contribuent à restituer tout le caractère de l’instrument (c’est particulièrement remarquable dans le cas du clavecin). Et comme le son 1 est le son principal, je me suis concentré sur cet élément pour cette évaluation.
La qualité de l’échantillonnage est le top absolu. Cela ne fait aucun doute. Evidemment, l’original (le piano à queue Yamaha CFIIIS full concert) détermine le caractère des échantillons. L’AvantGrand est donc un piano à queue Yamaha, comme vous l’aviez imaginé. En comparaison directe avec le C2, je dirais que le son est plus clair, avec des harmoniques plus prononcées dans l’aigu.
L’échantillonnage est toujours un compromis, aussi brillant soit-il. Dans l’échantillonnage d’un piano acoustique, cela va surtout se remarquer dans le decay du son (la manière dont il “meurt”), et donc surtout dans le bas registre (dans le haut registre, la différence n’est quasi plus notable). J’ai mesuré pour la touche la plus grave 30 sec sans et 35 sec avec pédale, dans lequel le decay est très graduel, avec une petite accélération après environ 20 secondes. Le decay du C2 est sensiblement plus long, mais il faut dire que cela se passe surtout à un volume que vous ne pouvez entendre que si vous décidez de plonger votre tête dans la caisse. Il semble bien qu’une vraie corde n’arrête jamais de vibrer, alors qu’à ce volume sur l’AvantGrand on aurait déjà éteint le son. La pertinence de cette limite est donc minime. Plus important est que, quand on appuie sur la pédale de sustain, les résonances disparaissent après un bon cinq secondes. Cela signifie bien une différence dans la couleur de son. Je le sais, cela demande pas mal de mémoire (ou plutôt de la puissance de processeur) pour un apport très limité avec une pertinence marginale, mais je pense qu’un pianiste professionnel sacrifierait volontiers un des cinq sons pour élargir encore son domaine, jusqu’aux limites de l’instrument.
La restitution sonore des haut-parleurs est tout simplement splendide. Pour la première fois, cela dépasse la qualité que l’on retrouve dans un casque d’écoute, même par rapport à notre Sennheiser HD-650. Ces enceintes sont réellement capable de tout. En toutes circonstances, cela reste très clair et bien défini. Même avec un volume de jeu “con tutta forza”, lors de trémolos d’octave dans la section basse, les enceintes suivent sans sourciller. On pense involontairement que l’on peut casser une corde à tout moment. (Ne serait-ce pas là le sample ultime?...) Non, ces enceintes restituent tout sans la moindre faille et en toute subtilité, en fff comme en ppp, en consonance ou en dissonance. Aucune limite. Eclatant.
D’ailleurs, la position normale du potentiomètre de volume est: complètement ouvert. C’est seulement dans cette position que vous obtenez toute la plage dynamique de cet instrument. Et pour cet engin, pas question de distorsion. Jamais.
Le son de l’AvantGrand est-il aussi riche que celui du C2, qui était juste à côté pendant le test? Non, quand même pas. Lors d’une comparaison directe, on expérimente plus de ‘coffre’ ou de ‘souffle’ avec le C2. Est-ce lié à une limitation des enceintes et de la caisse de résonance? Ou au decay plus court? Difficile à dire exactement. Le C2 sonne tout simplement de manière plus riche. Mais finalement, n’est-ce pas normal? Le C2 se trouve aussi dans une catégorie de prix encore plus haute que l’AvantGrand, et donc on peut en attendre une différence de qualité. Dans tous les cas: l’AvantGrand se joue et sonne comme un piano à queue. Quand la musique en sort, on ne pense plus à un piano digital. On pense à un piano à queue. Très clairement.

APPLICATIONS


Cet AvantGrand peut-il être utilisé pour des récitals? Peut-être bien, mais ce n’est pas souhaitable. De plus, ce n’est pas du tout l’intention de Yamaha de bousculer les pianos de concert acoustique sur les scènes du monde entier.
A quoi donc peut bien servir cet instrument?
En raison de ses dimensions compactes et du fait qu’il ne doive pas être accordé, il se prêtera peut-être à la location pour des concerts abordables dans des petites salles.
Mais l’AvantGrand sera d’une grande aide dans la fine fleure des salles du secteur horeca, ce qui permettra au pianiste de ne plus devoir jouer faiblement d’une manière non naturelle: il lui suffira de baisser le bouton de volume et de jouer normalement.
Les petits studios seront aussi très contents de l’arrivée de cette révolution, parce que l’AvantGrand est un instrument qui se joue parfaitement pour un prix assez raisonnable (en comparaison avec d’autres pianos à queue), et le son peut en être très facilement enregistré.
Et pour conclure, nous pouvons évoquer la plus importante application de l’AvantGrand. Toutes les pianistes professionnels et les étudiants de conservatoire, qui habitent une demeure aux dimensions reduites, ou qui représentent régulièrement une gêne sonore pour les autres habitants et/ou les voisins, trouveront dans cet AvantGrand un excellent piano d’étude. Cela leur permettra de s’entraîner dans des conditions “acoustiques” (et même dans de petits ensembles acoustiques), et dans les moments les plus “difficiles”, ils pourront s’écouter avec un casque. Le système d’enregistrement très pratique est encore un avantage supplémentaire, qui permet de travailler son interprétation ou de travailler à quatre mains ou à deux pianos sans partenaire.
Les limitations du son par rapport à un piano acoustique ne poseront aucun problème pour ce genre d’applications, même pas pour un pianiste professionnel.
On peut donc jouer tous les types de musique sur un AvantGrand? Pour ainsi dire oui, et ceci réellement de la même manière que sur un piano à queue acoustique. Seules limitations: seules les oeuvres pour “Prepared Piano” (par exemple de John Cage) et quelques oeuvres qui font usage d’effets de résonance générés par la pédale de sostenuto ne pourront pas être jouées comme elles le doivent. Mais il existe très peu de pianistes qui mettent ces oeuvres à leur répertoire.

BUDGET


Que cet instrument ne soit pas un instrument bon marché, cela paraît clair. Yamaha n’a fait absolument aucune concession en matière de construction, restitution sonore et contrôleurs de jeu (clavier et pédales). Il s’agit d’éléments chers, mais ils figurent au cœur de l’interface entre le musicien et l’instrument. Ils sont donc directement impliqués dans le niveau que le pianiste peut retirer de l’instrument… et donc dans la satisfaction qu’il trouvera dans son jeu.
Le prix est donc – et c’est tout à fait normal - au niveau d’un piano à queue acoustique: €14.875,-.
Il s’agit, et de loin, du piano digital le plus cher du marché, ce qui ne le met pas à portée de toutes les bourses. Mais il justifie pleinement chaque euro investi.

CONCLUSION


L’AvantGrand n’est pas un piano digital qui, par le plus grand des hasards, ressemble à un piano à queue. Il s’agit bien d’un piano à queue, dans lequel le son est généré de manière digitale. Et pas n’importe quel piano à queue. Il sonne bien (même en termes de mesures acoustiques), et surtout: il est fantastique à jouer – pas comme un piano digital mais bien comme un (bon) piano à queue. Mis à part la génération du son, tout est au niveau des excellents pianos à queue Yamaha.
Cet AvantGrand N3 rencontre parfaitement les exigences des pianistes professionnels en ce qui concerne la qualité de jeu, ce qui représente un véritable saut en avant dans le domaine des pianos digitaux. Et le système d’amplification atteint également un niveau de qualité inconnu à ce jour. Il offre donc vraiment une solution pour ceux qui ont (parfois) de la difficulté à répéter à la maison avec un instrument acoustique. Les remarques à faire ne concernent certainement pas le confort de jeu, et on peut même parler du plaisir de jouer.
Son plus grand concurrent est à trouver dans la même maison, à savoir le Silent Piano, mais celui-ci n’est pas seulement bien plus cher, il n’offre pas la possibilité de mettre le bouton de volume à la moitié de sa course et de continuer à jouer. Ce qui veut dire que l’AvantGrand offre un champ d’application beaucoup plus vaste que le Silent Piano (par exemple dans les meilleures salles de restaurant ou bars). Mais ce dernier peut être joué en ‘full accoustic’, ce qui reste toujours un argument pour les puristes.

(remerciements à MC Middelburg, qui a mis l’AvantGrand à notre disposition pour ce test)


PROCONTRA
  • enfin les avantages d’un piano digital dans un instrument que l’on peut vraiment appeler un piano
  • excellent clavier
  • un système d’amplification éclatant
  • le TRS assure une interface très réaliste entre l’instrument et le musicien
  • l’expérience de jeu est équivalente à celle d’un piano à queue acoustique
  • trop cher pour être acheté en grandes quantités
  • les résonances de la pédale de sustain disparaissent après environ cinq secondes
  • résonances limitées quand on appuie sur la pédale sostenuto