Meet Music Magazine review: Dynacord DSP260
       Dynacord DSP260
[ Auteur: René Kuipers ]  [ Edition: Nr.250 - Octobre 2009 ]
Les processeurs digitaux, ou “loudspeaker management systems” pour nos amis anglophones, se retrouvent dans différentes configurations et catégories de prix. On trouve des processeurs ‘stand-alone’ avec 2 ou 4 entrées et 4 à 8 sorties.
En ce qui concerne le hardware, un processeur digital est assez simple. Pour chaque entrée, on dispose d’un convertisseur AD, qui se charge de transformer le signal d’entrée analogique en signal digital. Et pour chaque sortie, on dispose d’un convertisseur DA, qui fait exactement l’inverse. Entre les deux, vous avez un processeur DSP (autrement dit une puce), qui se charge de traiter le signal entrant, conformément aux réglages choisis par l’utilisateur. La qualité de l’unité est donc déterminée en grande partie par la qualité des convertisseurs.
Mon processeur favori coûte entre deux et trois mille euros, et je teste pour vous aujourd’hui le Dynacord DSP260 qui ne coûte que petite fraction de cette somme. Je suis donc curieux de savoir ce qu’il a dans le ventre …


DSP260


Le DSP260 dispose de deux entrées et six sorties. Dans la boîte, en plus du processeur, on trouve aussi un cordon d’alimentation, un câble USB, un logiciel et un manuel qui combine l’allemand et l’anglais. On peut utiliser le DSP260 pour programmer ses propres réglages pour n’importe quel système avec n’importe quel ampli. Et on peut évidemment charger les presets pour les produits Dynacord via les factory presets.
Sur la face avant, on trouve de gauche à droite une connexion USB (enfin quelqu’un d’assez malin pour ne pas la mettre en face arrière), puis deux led bars qui indiquent le volume d’entrée. Ensuite, un écran LCD bien clair qui reprend trois lignes d’informations à propos des réglages. Encore plus à droite, 16 boutons poussoir qui permettent de programmer tous les paramètres d’entrée et de sortie. Et pour terminer, nous avons deux lignes de leds et un bouton ‘mute’ par sortie. Une ligne de leds indique le niveau de sortie, et 0dB est le point auquel le limiteur se met en action. La partie supérieure de l’autre colonne indique le fonctionnement du limiteur (compression 3, 6, 9 ou 12dB), la partie inférieure indique la fonction du canal (sub, low, mid ou high).
A l’arrière, on trouve les entrées et sorties, toutes sur XLR. Les deux entrées ont aussi une sortie link pour le processeur suivant. Il y a encore un interrupteur “PAD”, qui affaiblit l’entrée de 6 dB, et qui vous permet d’envoyer jusqu’à +21 dBu (8,9V). Nous avons encore une entrée AES/EBU, et une sortie RS232 qui permet de relier un deuxième DSP260 en ‘slave’.
A l’intérieur, on voit que l’on a bien travaillé dans le DSP260. On trouve une alimentation universelle de 100 à 240V. Et à côté, on trouve la carte mère, sur laquelle se trouvent les entrées, sorties, convertisseurs et puce DSP. Les convertisseurs sont de Cirrus Logic, la puce d’Analog Devices. Toutes les sorties sont pourvues d’un relais, pour que vous puissiez brancher et débrancher l’unité sans faire de bruit.
Sur le côté du panneau de commande, on trouve encore un troisième circuit imprimé, sur lequel on a monté les interrupteurs, l’écran et les leds.
On remarque que le boîtier aurait pu faire facilement dix centimètres de moins, mais la taille de l’engin est sans doute préférable pour pouvoir le caser entre des amplis, souvent de grande taille.

Dans la pratique


De DSP260 dispose de toutes les possibilités que l’on peut attendre d’un processeur moderne. Sur chaque entrée, on peut programmer un filtre passe-haut (20-200Hz), et il y a une section EQ paramétrique qui compte pas moins de 9 bandes, une EQ graphique à 31 bandes, et un delay jusqu’à 700ms, ce qui correspond à un retard du son de 238 mètres. On remarquera que le delay peut aussi être fixé de manière négative à -200ms. Je ne sais pas bien ce à quoi cela correspond et, malheureusement, le manuel n’a pas pu éclairer ma lanterne. Le son arriverait-il au processeur 200ms plus vite que le moment où on l’envoie? Magie!
Sur chaque sortie, on peut régler un filtre X-over avec de 6 à 24 dB/octave. Les filtres de 6 dB/octave sont par définition Butterworth, mais à partir de 12 dB/octave, on peut aussi choisir entre Bessel ou Linkwitz-Riley. Par sortie, on a une EQ 5 bandes (avec les possibilités d’EQ paramétrique, low & high shelving, low & high pass, et allpass), un delay, un volume de sortie et un limiteur.
L’unité se laisse programmer assez vite avec les interrupteurs en façade. Quand on appuie sur un des boutons input ou output processing, on peut suivre assez vite l’ensemble des paramètres sur le menu. On commence avec tous les paramètres pour l’entrée A, ensuite suit l’entrée B, puis les paramètres pour A+B (la somme des deux entrées), et pour finir les sorties de 1 à 6.
Quand tous les réglages sont entrés, on peut tout sauver et donner un nom au preset. Un processus assez simple, mais il vous manque évidemment une vue d’ensemble.
Et voilà donc le moment où le logiciel d’édition intervient. Vous le trouverez sur le CD livré et il se laisse installer sans le moindre problème. Une fois qu’il est sur votre PC, vous connectez l’engin sur un port USB. Quand on démarre le logiciel, le DSP260 est repéré et on peut se mettre directement au boulot. Le logiciel demande ensuite si les réglages du PC doivent être copiés sur le DSP260, et vice-versa.
L’écran d’accueil affiche une illustration graphique de la face avant du processeur, sur laquelle les boutons de programme ont disparu. Mais on les retrouve sous une autre forme dans la barre de menu. Si l’on clique par exemple sur ‘input EQ’, une autre fenêtre s’ouvre sur laquelle on peut modifier les paramètres de l’EQ et visualiser immédiatement une image de la courbe qui en résulte.
Il en va de même pour tous les paramètres, et je dois dire que le logiciel est très clair et que tout se tient bien.
Autre chose pas inutile, vous pouvez aussi ‘locker’ vos paramètres pour que d’autres ne puissent pas modifier vos réglages. Vous pouvez aussi désactiver le panneau frontal, ou déactiver la connexion USB, et vous pouvez même laisser le logiciel déterminer quels réglages ne seront pas accessibles à l’utilisateur.
Dans la pratique, vous fixerez la plupart des paramètres de sortie (X-over, limiters, delay); alors que vous laisserez ouverts les paramètres d’entrée, par exemple pour permettre à l’utilisateur de modifier l’EQ selon ses préférences.
Ce qui me manque, c’est la possibilité de bloquer mes presets pour que d’autres ne puissent pas les modifier.

Conclusion


En peu de temps, j’ai été charmé par ce processeur. Les principales qualités de ce genre d’engin sont sa qualité de son et sa facilité d’utilisation. Avec les convertisseurs 24-bit sigma-delta qui ont une portée dynamique de 111dB, le premier critère est atteint. Et en ce qui concerne l’utilisation, il n’y a pas grand-chose à redire. Dans la pratique, vous utiliserez le logiciel fourni pour programmer cette unité. Et une fois sur place, vous pourrez faire un ‘fine tuning’, soit avec votre laptop, soit via la face avant de l’appareil.
N’y a-t-il donc vraiment rien à reprocher à ce processeur? D’accord, on entend de petits bruits dans le son quand on modifie les paramètres d’un canal. Et bien évidemment, j’aurai préféré pouvoir commander l’appareil via RS485, et de préférence via WLAN, afin de pouvoir en intégrer plusieurs dans un réseau. Mais tout le monde comprendra que pour la très modique somme de 796,64€ hors TVA, on ne peut pas demander la lune. Pour le travail à grande échelle, l’absence d’un contrôle réseau sera évidemment handicapante, mais Dynacord a d’autres solutions pour ça sous la forme des amplis PowerH avec les modules RCM 26. Et pour toutes les autres applications, ce DSP260 est une belle réussite!


PROCONTRA
  • qualité
  • possibilités
  • software
  • pas de potentialité réseau