Les appareils servant d’interface ‘tout-en-un’ opèrent clairement une montée en puissance. Ces derniers temps, nous avons vu ‘fleurir’ différents nouveaux modèles, dont un modèle de marque Zoom que nous avons testé récemment. Cette fois-ci, nous allons examiner le JamVOX. Il est assez difficile de résumer ce que cet appareil fait exactement. La liste des caractéristiques compte déjà à elle seule pas moins de quatre pages! Il me reste donc à espérer que dans cet article, je parviendrai à en donner un aperçu assez complet! Allons-y!
GENERAL
Concept
Pour ce chapitre, le mieux est de le ‘saucissonner’ en plusieurs parties, plus petites. Commençons donc par dire que le JamVOX est une interface audio USB dotée d’un moniteur audio incorporé. On utilisera donc le JamVOX pour se raccorder à un ordinateur, mais le JamVOX servira aussi en tant que haut-parleur actif, de sorte que des satellites externes tels que des moniteurs, des casques ou des amplis en deviennent superflus. Vient ensuite le software du JamVOX, qui est particulièrement développé. On dispose d’une section réservée à la modélisation d’amplis et d’effets, une boucle pour s’exercer, la possibilité d’accélérer ou de ralentir les morceaux, etc... Mais la section la plus importante est incontestablement le software GXT grâce auquel on peut, par exemple, ‘enlever’ un solo de guitare de l’enregistrement... En fait, il y a bien trop de choses à énumérer ici, nous perdrions notre temps!
Esthétique
L’esthétique du hardware JamVOX est des plus sobres. L’appareil est totalement noir et il est doté du strict minimum en matière de fioritures. Mais qu’entendons-nous par ce mot, minimum? Il n’y a, tout simplement... aucune fioriture! Le nombre de boutons rotatifs du panneau des commandes est, lui aussi, le minimum en dessous duquel il ne fallait pas descendre. Cet appareil est clairement conçu pour être posé sans le moindre problème sur n’importe quelle table ou bureau, à côté d’un ordinateur, et sans se faire trop remarquer. Le software est structuré de manière très logique, et son aspect visuel est suffisamment avenant pour que l’on puisse s’en servir de longues heure!
Notice d’emploi
Pour un appareil dont les possibilités sont à ce point nombreuses, la notice d’emploi semble étonnamment succincte. Et encore, la plus grande partie est dévolue à l’installation du hardware et du software. Le fonctionnement du software lui-même est, selon le constructeur, tellement simple, qu’il suffirait de se laisser conduire par son instinct. Je suis curieux de voir ça...
CONSTRUCTION
Boîtier
Malgré le fait que le JamVOX soit conçu essentiellement pour un usage domestique, la construction de l’appareil est incroyablement solide. Normalement, cet appareil ne va jamais, ou alors rarement, quitter votre bureau ou l’endroit où est installé votre ordinateur, et pourtant, on dirait que l’on a conçu le JamVOX avec l’arrière-pensée qu’il pourrait se ‘taper’ une tournée avec Spinal Tap! Cela paraît pratiquement impossible d’amocher ce truc! Les potentiomètres et les connecteurs sont, eux aussi, bien solidement en place, et ils sont d’une excellente qualité. Les haut-parleurs full range de 3” se trouvent juste au dessus, protégés par une grille en métal perforé. Que cela soit donc clair : si vous utilisez cet engin comme il le faut (et même comme il ne faut pas, d’ailleurs!), il fonctionnera pendant pas mal de temps!
Finition
Dans ce domaine, Vox a opté pour une approche ultra-sobre: pas la moindre fantaisie, pas de logo criard, rrrien... Pas grave, c’est sans doute ainsi que Vox a pu prendre le temps nécessaire pour s’occuper des détails vraiment importants! Et manifestement, cela valait la peine! Pas de vis ‘foireuse’, pas de côté mal foutu,... Il n’y a vraiment rien à relever qui soit digne d’une critique. Mais zélé comme je le suis, je continuerai à chercher...
POSSIBILITES
Connexions
Le JamVOX propose deux entrées sur la face avant, à savoir, un jack et une prise XLR. A l’arrière, il y a encore un double jack d’entrée qui sert d’entrée ligne. Cela veut donc dire que vous pouvez vous servir du JamVOX en tant qu’interface audio afin d’enregistrer via d’autres programmes que le software du JamVOX (par exemple, via des softwares compatibles Asio/CoreAudio) ! Si l’on veut absolument les considérer comme des entrées, il y a aussi une connexion pour un interrupteur à pied et une autre pour une pédale d’expression. Au niveau des sorties, c’est un peu plus limité : des sorties lignes stéréo à l’arrière de l’appareil, et en face avant, une prise pour un casque. Et évidemment, n’oublions pas de mentionner les haut-parleurs internes!
Panneau des commandes
Ici, il nous va falloir séparer le hardware du software. Chose relativement facile, car la partie hardware est très limitée. En effet, on a, en tout et pour tout, trois potentiomètres de niveau: un pour l’entrée, un pour la sortie, et enfin, le dernier pour le niveau du volume du moniteur. Voilà, c’est déjà fini pour le hardware, à partir de maintenant, on passe déjà au software! Le panneau des commandes du software est fonction des simulations d’amplis et/ou d’effets que vous aurez sélectionnées. La disposition du programme se modifie, tout comme le look, en fonction de l’appareil (virtuel!) choisi. Par contre, l’utilisation et la disposition de l’enregistreur/lecteur audio restent toujours le mêmes, ce qui vaut aussi pour le métronome, le mixer et le sélecteur de micros. Pour qui a un peu d’expérience, l’utilisation de ces composants virtuels sur ordinateur ne devrait pas poser de problème.
Effets
Il y en a de quoi faire une liste interminable, donc nous allons juste opérer un survol, en soulignant les points importants. Pour commencer, on dispose de 19 modèles d’amplis basés sur les modèles britanniques et américains les plus connus. Ce ne sera évidemment une surprise pour personne de constater que quelques modèles Vox fassent partie de la liste! Pour que tous ces amplis fonctionnent bien, ils sont associés à une douzaine de simulations d’enceintes qui vont d’un seul haut-parleur de 10” à une enceinte de 4x12”. Comme si l’on n’avait pas encore assez de possibilités de variations, voici venir les effets... au nombre de 54, s’il vous plait: 18 pédales, 12 effets de modulation, 11 retards, 12 réverbes et un réducteur de bruit. Que reste-t-il à mentionner? Peut être la modélisation des micros, ce qui permet de transformer des simples bobinages en doubles et vice-versa. Il faut aussi savoir que l’on peut faire fonctionner un maximum de six effets en même temps, et que la modélisation de micros, tout comme l’accordeur, sont considérés comme tels. C’est bien assez comme ça, non?
Et tout le reste!
Pour pallier la structure ‘fixe’ de nos bancs d’essai habituels, nous voici obligés d’ajouter un chapitre, et ce, tout simplement pour pouvoir rendre compte d’une flopée de possibilités inhabituelles dont le JamVOX est doté. Et pour cette occasion, au diable les cris hystériques de notre rédacteur en chef: vous verrez, c’était vraiment une nécessité! Une des parties les plus importantes du JamVOX, c’est le lecteur audio. On peut importer pratiquement tous les formats de fichiers musicaux courants, dont les mp3, aac, wma, wav et aiff. Mais c’est ici que l’on commence à ‘prendre son pied’: on peut adapter le tempo du morceau sans changer la hauteur du son, ce qui est un ‘plan’ idéal pour déchiffrer les passages rapides sur un rythme plus lent. A l’inverse, on peut modifier la hauteur du son sans en changer le tempo, ce qui est pratique avant tout pour les chanteurs quand leurs cordes vocales atteignent leurs limites. On peut également définir une “boucle” où la même partie d’un morceau est répétée sans arrêt. Ce lecteur a donc une foule de caractéristiques intéressantes. Mais que dire de la suite, le système GXT?
Cette abréviation signifie ‘Guitar XTraction’, et c’est également le nom du programme qui, grâce à des réglages d’égalisation particulièrement pointus, permet par exemple de “faire disparaître” un solo de guitare dans le champ stéréo comme s’il n’avait jamais existé. Cela conduit à deux possibilités: on peut donc ‘gommer’ le solo du morceau pour jouer le solo soi-même; mais à l’inverse, on peut aussi ‘gommer’ tout ce qui se trouve ‘autour’ du solo afin de l’entendre plus clairement si on veut le transcrire, par exemple. Si l’on ‘supprime’ le solo du morceau, vous pouvez ainsi par la suite enregistrer votre propre version et la mémoriser sur le disque dur de votre ordinateur. Tout cela fait du JamVOX un fantastique outil d’apprentissage pour les guitaristes! Y a-t-il des inconvénients à signaler? Quand même, oui... Le degré d’efficacité du système GXT dépend avant tout de l’enregistrement original. Si le solo de guitare à isoler se trouve à un endroit bien déterminé dans l’image stéréo, cela va assez vite. Mais dès que la guitare occupe une certaine “largeur” dans le champ stéréo, cela devient nettement plus difficile. Plus le son de la guitare est ‘large’, plus on ‘gommera’ une partie importante du morceau. C’est, hélas, un effet collatéral inévitable de la technique employée.
ERGONOMIE
Architecture
Sur le moniteur du JamVOX, tous les contrôles et les connexions sont bien groupés afin d’obtenir une convivialité maximale. Les connexions que, très probablement, on n’utilisera qu’une fois (lors de l’installation), comme la connexion USB et les sorties ligne, sont à l’arrière. Par contre, les entrées jack et XLR sont en face avant, ce qui est pratique, puisqu’on branche et débranche régulièrement les appareils qui y sont raccordés. Les potards sont aussi bien groupés et toujours à portée de main. En ce qui concerne la partie software, les différentes sections sont systématiquement bien séparées les unes des autres. Les sections amplis et effets au dessus de l’écran, le lecteur audio avec le GXT en dessous, et toutes les autres fonctions sur le côté de l’écran. De cette manière, les différents secteurs ressortent toujours clairement, de sorte que l’on trouve toujours très facilement les fonctions dont on a besoin.
Utilisation
Pour décrire le fonctionnement, nous avons, ici aussi, une flopée de sections à passer en revue. Et nous sommes heureux de tirer une conclusion similaire à celle du précédent chapitre: les différentes parties du JamVOX sont très faciles à utiliser, en tout cas en ce qui concerne les fonctions de base: la plupart du temps, on utilise le principe du cliquer-déposer. Les bases de chaque partie du programme sont donc très faciles d’emploi, mais pour en tirer vraiment le maximum, il faut quand même un certain temps pour ‘apprivoiser’ le programme. Franchement, il y a presque trop de possibilités et de fonctions! Il convient de se donner le temps et le calme nécessaires pour apprendre les finesses du programme et ainsi, d’être en mesure d’utiliser pleinement l’ensemble des fonctions disponibles. Mais cela doit valoir la peine, sans aucun doute!
SON
Son
Au niveau du son, nous pouvons, pour changer un peu, être relativement brefs: nous sommes face à ce que nous attendions plus ou moins de la part d’une interface digitale. Les sons clairs sont bons, ils ont une sonorité nerveuse et bien définie. Mais une fois que l’on veut ‘balancer’ de bonnes grosses distos dans le ‘champ de bataille’, on remarque un certain manque de définition. On arrive à corriger le son via l’égalisation et les autres moyens que le programme propose, mais le problème reste audible. Hélas, il s’agit d’un problème dont souffrent pratiquement tous les programmes de ce genre, du meilleur marché au plus cher! A mon sens, on est tout simplement ‘en manque’... d’un bon gros haut-parleur d’ampli de guitare! Car bien entendu, nos pauvres petits haut-parleurs de 3” n’arriveront jamais à simuler le... potin produit par un haut-parleur de 10” ou de 12”! Nous pouvons donc conclure en disant que le JamVOX n’est pas meilleur, mais certainement pas non plus moins bon que les autres softwares de simulations. Ceci dit, une de mes simulations favorites était celle du... Vox AC30! Tiens, tiens,...
Effets
Les effets correspondent eux aussi à ce que l’on attend d’un ensemble digital: clair, bien définis, transparents, mais parfois, un brin dénués de caractère et de chaleur. Ici aussi, il serait vain de remettre sur le tapis la discussion opposant l’analogique au digital. Nous connaissons depuis belle lurette les avantages et les inconvénients de chacune des deux approches. Il faut envisager ce programme comme un apprentissage de plus: l’ensemble des effets rassemblés ici sous forme digitale coûterait une petite fortune si l’on devait acheter séparément chaque effet dans sa version analogique d’origine. Tandis qu’ici, nous avons pour ainsi dire sous les doigts toute une salle remplie de jouets! Les dimensions réduites et la puissance modeste du JamVOX font que l’on peut aussi l’utiliser sans réveiller les voisins, le chat, le chien, les soeurs et les frères, les parents... Bref, toute la rue, quoi! Et pour qui sait s’y prendre, c’est aussi un argument de taille pour que s’ouvre comme par enchantement... la bourse de papa et maman!
BUDGET
Si vous vous imaginez que toutes ces possibilités vont vous coûter les yeux de la tête... eh bien, vous êtes à côté de la plaque! Le prix brut conseillé - TVA comprise s’il vous plait! - du JamVOX est seulement de 249 euros! Face à pareil prix, il n’y a vraiment presque aucune excuse pour ne pas en avoir un chez soi. Les possibilités, la qualité de la construction et l’étendue du champ d’application sont à des années lumières du prix proposé. Les quelques points de critique évoqués précédemment ne tiennent plus la route devant un tel prix. Pensez aussi qu’une fois en possession de votre JamVOX, vous n’avez plus besoin de rien, à part d’un câble (de guitare et/ou de micro)... Pour tout le reste, il s’agit d’un appareil qui fonctionnera en totale autonomie. Qui dit mieux?
CONCLUSION
Le JamVOX est, sans le moindre doute, un appareil qui doit forcément intéresser n’importe quel guitariste qui a encore des choses à apprendre. Ralentir des morceaux, faire disparaître des solos, improviser et enregistrer soi-même,... Les possibilités sont pratiquement illimitées. Pensez une fois encore à cette ‘bibliothèque’ d’amplis, d’effets et de haut-parleurs, et comparez ensuite tout cela au prix... Pour tout guitariste débutant, cela représente une vraie mine d’informations dont il y a lieu de tirer profit. Le fait que certains composants ne soient pas vraiment de toute grande qualité n’est pas étonnant en regard du prix affiché. C’est par exemple le cas des sons digitaux. Mais cela constitue-t-il vraiment un problème? Pour être franc, dans le cadre de ce que l’on attend du JamVOX, certainement pas. Car le but de cet appareil, c’est de proposer une solution compacte afin de pouvoir s’entraîner ou étudier chez soi. Armé de ce seul appareil, en deux coups de cuillère à pot, un métronome, un lecteur de CD et/ou de mp3, un ampli, etc... tout cela devient superflu. En effet, tout ce dont vous avez besoin pour étudier, vous exercer, enregistrer et ‘faire le bœuf’ se retrouve dans cet appareil. Et déjà rien que cela est, en soi, un atout imbattable!