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Meet Music Magazine review: PreSonus Faderport
       PreSonus Faderport
[ Auteur: Roger Roland ]  [ Edition: Nr.241 - Janvier 2009 ]
Chacun de nous traite l’information, l’apprentissage, le travail et toutes les choses de la vie selon trois vecteurs principaux: l’ouïe, la vue et le toucher. Et il parait que la majorité d’entre nous sont avant tout visuels. Bien entendu, suivant les moments, l’individu fera plutôt appel à l’un ou à l’autre vecteur. Inutile d’écouter de la musique avec les yeux, pas vrai? Il faut avouer que pour l’enregistrement et le mixage, la vue était peu sollicitée jusqu’à l’apparition des écrans d’ordinateurs. Actuellement par contre, on a l’impression que c’est devenu essentiel de voir. A tel point que certains mixent à vue bien plus qu’à l’oreille. Et le toucher dans tout cela? Personnellement, mixer à la souris ne m’a jamais fait excité. Mais je ne suis pas là pour vous parler de ma vie sexuelle. Cela dit, le Faderport de Presonus me semble au moins aussi intéressant. Du moins dans le cadre de ce magazine.

PRESENTATION

Comme le nom l’indique, le Faderport servira à régler les faders virtuels de votre logiciel audio favori avec un vrai fader, et non avec une souris. Quand on passe des heures sur une station de travail, on finit par oublier que mixer à la souris est une hérésie. J’en ai entendu certains me déclarer que c’était génial de mixer à la souris. Il faut être vachement abruti pour dire une chose pareille. C’est comme de dire qu’on peut boire la soupe avec une fourchette. Bien sûr, c’est possible… si l’on n’a pas de cuillère. Pour la souris, c’est la même chose: c’est possible aussi pour ceux qui ont oublié que les faders existent. Et limiter le Faderport à la seule fonction de l’atténuateur de voie (c’est la traduction française de fader) serait injuste, nous allons le voir ensemble. On le sait: le grand intérêt du mixage sur ordinateur, c’est d’une part la programmation et la mémorisation des tous les réglages, mais aussi et surtout le faible coût. Disposer d’un bouton par fonction est beaucoup plus ergonomique, mais hélas aussi beaucoup plus cher. C’est pour obtenir le meilleur des deux mondes: l’ergonomie sans l’explosion de la banque que Presonus a créé ce joli appareil. De toute manière, les banques s’explosent bien toutes seules, on l’a compris dernièrement (alors comme cela, il paraît que ‘la main invisible’ qui va réguler les marchés, c’était de la couille? Whou, je suis bien content: je n’y avais jamais cru).
Revenons dans le monde réel, svp! La musique et l’enregistrement, avec Presonus.

DESCRIPTION


Pas très grand: treize centimètres sur dix-sept et quatre d’épaisseur. Un poids assez conséquent malgré tout: cinq cents grammes. On remarque d’abord le grand fader, qui occupe toute la partie gauche de la surface de travail. Il s’agit d’un modèle ALPS, la marque qui fournit les consoles haut de gamme, excusez du peu. La course fait dix centimètres et le fader dispose d’une résolution de 10 bit, ce qui permet 1024 pas, soit bien plus qu’il n’en faut pour une grande précision. Le reste se compose d’un encodeur rotatif bleu (couleur appréciée chez Presonus) et de vingt-quatre boutons poussoirs. Le look est très sobre et réussi. Commençons par le haut: l’encodeur rotatif est nommé ‘pan’. Tout le monde, ou presque, aura compris que c’est ici que va se régler la panoramique. Sur la même ligne on trouve trois fonctions importantes: mute (silence), solo et rec (enregistrement). La ligne en dessous comprend quatre boutons, globalement surmontés de l’inscription ‘channel select’. Nous avons une flèche orientée à gauche, la même orientée à droite, un bouton ‘bank’ et un bouton ‘touch’. Et le bouton ‘bank’ ne sert pas à retirer de l’argent à la banque, vous vous en doutez. Les quatre boutons suivant se regroupent sous le terme ‘window view’ et se nomment ‘mix, proj, trsn et undo’. On descend encore d’un étage pour les quatre boutons nommés ‘transport’ où on trouvera ‘shift, punch, user et loop’. Enfin on termine par les boutons habituels d’un enregistreur: rewind, ff, stop, play et record’, ce dernier étant rouge bien entendu. A l’arrière on trouve une prise pour l’alimentation (un transfo de neuf volts est fourni), une prise USB (un câble trop court à mon goût est fourni) et une prise pour un interrupteur au pied, qui n’est pas fourni. Mais c’est bien d’y avoir pensé pour ceux qui enregistrent et jouent en même temps: il pourront exécuter certaines fonctions au pied.

UTILISATION


Deux possibilités pour l’installation du Faderport: soit le logiciel le reconnaît en mode natif. C’est le cas pour Cubase à partir de SX3, Digital Performer 4 ou plus, Logic Pro ou Express 7 ou plus haut, à partir de Nuendo 3 ou Sonar 6, ou encore Samplitude ou Sequoia 10. Dans ce cas il n’y a rien à installer, c’est du vrai ‘plug and play’. Pour les autres il s’agit d’une émulation de la HUI de Mackie, et il faudra installer les pilotes, via le cd présent dans la boîte. Ce sera le cas pour les Cubase LE, SE et SL 3, Nuendo 3 ou antérieurs (ceci avec des limitations), ou encore Protools à partir de la version 6 ou encore Protools M-Powered, également à partir de la V6. Comme je suis un gros veinard, je dispose de deux logiciels qui reconnaissent le Faderport immédiatement. Et cela marche de suite. Le mode d’emploi est assez basique mais explique tout ce qu’il faut savoir. Pour ceux qui doivent installer les pilotes, pas de panique: cela se fait très aisément. Je suis vraiment épaté de la rapidité de l’installation: on branche le Faderport en USB et hop, il est reconnu en moins de temps qu’il ne me faut pour l’écrire. Qu’il est loin le temps où l’on s’arrachait les cheveux à toute nouvelle installation matérielle. La première chose à faire est bien entendu de choisir la piste sur laquelle vous allez travailler. Très intuitif: avec les flèches du ‘channel select’ vous pouvez choisir la piste qui vous intéresse. Et là, tout devient simple: rapidement vous pouvez ajuster volume, panoramique, placer la piste en ‘record ready’ (prête à enregistrer), ou placer une sourdine (‘mute’) ou encore écouter la piste en solo. Les fonctions courantes telles que ‘rew, ff, stop, play et record’ sont bien entendu présentes et de plus il est possible moyennant certaines combinaisons de touches, d’élargir les possibilités. Exemple: stop + rew = rtz (retour à zéro), ou encore ‘shift + rew ou + ff’ permet de placer la tête de lecture en début ou en fin de morceau. Il est également très simple de programmer des punch in ou out. Ou encore, aisément, de passer de la fenêtre de base à la table de mixage, ou de faire apparaître ou disparaître le tableau de transport. De plus, en fonction de votre logiciel, certaines astuces supplémentaires sont prévues. Par exemple, sur le logiciel que j’utilise le plus régulièrement, appuyer sur ‘output’ déclenche la fonction métronome. Génial! Créer des boucles est également possible, mais la fonction maîtresse reste le réglage du fader. Il est motorisé, et très précis et agréable. Sur un projet d’une vingtaine de pistes, j’ai réalisé la comparaison: on va non seulement plus vite qu’avec une souris, mais en plus on obtient un résultat plus précis, et on s’amuse bien mieux: tout le plaisir d’une table de mixage dans une petite boîte. On se sert moins des yeux, plus des doigts et beaucoup de ses oreilles, c’est quand même l’essentiel, non? Ce Faderport apporte vraiment un surcroit de performance et donc de rentabilité. Quel dommage que rien n’ait été prévu pour l’égalisation. Trois boutons en plus genre: fréquence, ‘Q’ et atténuer/amplifier, cela aurait été parfait. Un jour peut-être? Un Faderport + Eq? M. Presonus, si vous me lisez?

BUDGET


219 euro (prix brut conseillé, tva incluse), et ce n’est vraiment pas cher. En une seule utilisation, vous aurez multiplié votre créativité par deux, donc c’est pas cher mais en plus c’est génial.

CONCLUSIONS


Si je vous dis que le Fader est fantastique à un point tel que l’essayer, c’est l’adopter… Est-il possible de donner une plus belle conclusion? Posez votre magazine et courrez au magasin le plus proche. Vous aurez le plaisir kinesthésique de manipuler de vrais boutons, de tripoter un vrai fader précis et agréable, et d’oublier de regarder l’écran pour vous concentrer sur l’audition. Alors, Ducon, tu es toujours content de mixer à la souris? Fais gaffe, le dernier modèle Presonus est plus dangereux qu’un chat. Miaou!


PROCONTRA
  • concept
  • rapport prix/utilité
  • intuitif
  • doit être alimenté par transfo en plus de l’USB
  • commandes un peu dures